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Plan hiver : faire face aux intempéries

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Le collier d'esclavage : un gage d'amour ?

Publié : Il y a 6 mois
©Yohann Deslandes
Les valises de la rédaction restent posées au château de Martainville. Notre regard est aujourd’hui attiré par un collier brillant de mille feux, dont la dénomination soulève quelques interrogations.
 
Il est certain que la semaine ne suffira pas pour valoriser toute la collection du musée des traditions et arts normands. Derrière les briques du château situé à Martainville-Épreville, chaque objet mérite une attention toute particulière. Une sélection drastique s’impose donc pour relever ce défi.
 
Après l’assiette locale arborant un ruminant très exotique, place à un bijou en or et en émail, réalisé dans l’Eure à Montfort-sur-Risle au XIXe siècle. Que l’on apprécie ou non la nature de cet ornement, le nom qu’on lui donne ne laisse pas indifférent. Il s’agit en effet d’un collier d’esclavage.
 
Ce type de bijou apparaît au milieu du XVIIIe siècle et devient populaire au cours du XIXe siècle en France et particulièrement en Normandie. Il est généralement composé d’une grande plaque centrale, ovale ou rectangulaire, accompagnée de deux plaques latérales plus petites, reliées entre elles par plusieurs chaînes. Ce collier est en réalité un cadeau de mariage qui était offert par un fiancé à sa promise. C’est un bijou qui évolue tout le long de la vie de la femme qui le porte. Par exemple, à chaque naissance d’un enfant, elle pouvait décider d’ajouter une décoration supplémentaire (chaîne, plaque, médaillon…).
 
Mais alors, qu’a-t-il donc à voir avec l’exploitation d’êtres humains ? L’origine de son nom ne vient pas de l’hypothèse qui soutient qu’il représente la nouvelle condition de la femme lorsqu’elle prend le statut d’épouse, comme certains aiment le penser. Ce nom vient de la caractéristique même du collier, dont les plaques et chaînes rappelleraient celles des esclaves. Une appellation plus romantique aurait certes mieux convenu mais nous ne réécrirons pas ici l’histoire.
 
Pour se cultiver un peu plus, il est intéressant de rappeler que la première abolition de l’esclavage par la France fut proclamée le 4 février 1794… avant d’être révoquée en 1802 ! Il faudra alors attendre le 27 avril 1848 pour qu’elle soit définitive et suivie de l’émancipation des esclaves.



Pour en savoir plus sur le musée départemental abritant ce joyau : www.chateaudemartainville.fr