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Les Archives insolites : La belle et la bête

Publié : Il y a 1 mois
©Archives Départementales de la Seine-Maritime

Les Archives départementales regorgent de trésors, parfois surprenants. Du 22 février au 5 mars, découvrez dans cette rubrique, une sélection d’archives insolites. Aujourd’hui, plongez au coeur de l’un des contes préférés des enfants : la Belle et la Bête.

Aux Archives départementales de la Seine-Maritime, on conserve 3 documents concernant une certaine Marie-Barbe Leprince, plus connue sous le nom de Jeanne Leprince de Beaumont : un acte de baptême datant du 26 avril 1711, une lettre parlant du mentor moderne écrit par madame de Beaumont et qui a obtenu le privilège exclusif pour l'impression et le débit de son livre ainsi qu’un ancien registre de l’hôpital de Rouen indiquant qu’Elisabeth Beaumont, fille de Jean-Baptiste Beaumont et de Marie Leprince, âgée de 7 ans a été admise pour guérison le 21 octobre 1752, payant 120 livres de pension à Miséricorde (bâtiment de placement très certainement). Elle en serait sortie le 28 août 1753.

Qui était donc cette Jeanne Leprince de Beaumont ? Sans doute l’auteur de l’un des contes préféré des enfants : celui de la Belle et la Bête ! Née à Rouen en 1711, Marie-Barbe devient orpheline de mère à 11 ans (n’y voit-on pas un point commun avec le personnage de Belle, élevée par son père). Elle entre en 1725 à la maison d’éducation des dames d’Ernemont, qui forme les enseignants, et, après quelques années à enseigner, elle quitte la Normandie pour s’installer en Lorraine. C’est là qu’elle aurait rencontré son premier mari, Claude-Antoine Malter, une union malheureuse qui se solde par une séparation quelques années plus tard. En 1748, Marie-Barbe Leprince part alors en vivre en Angleterre, où, pour subvenir à ses besoins et ceux de sa fille, elle devient gouvernante et s’occupe des enfants de la haute société anglaise. C’est à cette époque qu’elle commence à se faire appeler Jeanne Leprince de Beaumont, utilisant le titre de son amant, Antoine Grimard, marquis de Beaumont, qu’elle fait passer pour son mari ! Madame Leprince de Beaumont commence alors a écrire des ouvrages dédiés à l’éducation des jeunes filles et garçons, en mettant à profit son expérience de pédagogue. C’est dans « Le magasin des enfants » qu’apparait pour la première fois le conte de la Belle et la Bête. Même s’il est inspiré d’un conte ancien, il apparait ici sous une forme simplifiée, adaptée aux enfants et à visée morale : il faut voir au delà de l’apparence. L’adaptation de Jeanne Leprince de Beaumont a depuis été inlassablement reprise, illustrée et éditée, et figure désormais parmi les classiques Disney.