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Jeunes volontaires pour Paris 2024

Jeunes volontaires pour Paris 2024

Des lettres pour rapprocher les générations

Publié : Il y a 1 mois
©Mathieu Deshayes
En cette fin d’année scolaire, après avoir établi au cours des derniers mois un échange épistolaire, des seniors et des collégiens se rencontrent grâce au projet Correspondance impulsé par le Département.
 

Au sein d’une même ville, les uns fréquentent le collège, les autres vivent en EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou résidence autonomie. Une grande différence d’âge les sépare mais c’est avec beaucoup d’émotion qu’ils se sont rencontrés physiquement pour la première fois dans la bibliothèque de leur secteur.
 
Cette aventure humaine, ils la doivent au projet Correspondance, mis sur pied par le Département pour promouvoir la lecture, déclarée grande cause nationale. L’écriture a été choisie pour créer du lien entre ces deux publics que tout semble opposer. Le Département a fourni aux volontaires un set comprenant du papier à lettres, des enveloppes et vingt-et-une lettres d’écrivains classiques et contemporains abordant des thèmes variés : identité, amour, guerre… Initiée pour la première année et d’ores et déjà appelée à être reconduite, l’action a été déployée sur six territoires. Dans chacun d’eux, la bibliothèque locale a joué un rôle central, de l’enregistrement des inscriptions jusqu’à l’accueil de la restitution finale propice à la rencontre des intervenants.



Le 3 juin, une première restitution était organisée à l’espace Marc Sangnier de Mont-Saint-Aignan. Tout en se dévoilant au fil de l’exercice, les élèves d’une classe de 4e du collège Jean-de-la-Varende et des personnes âgées de la résidence autonomie Saint-Louis ont produit des textes faisant la part belle à la biodiversité. Le 16 juin, c’est à la bibliothèque de Darnétal qu’un petit groupe de 6e ULIS (unité localisée pour l'inclusion scolaire) a découvert les aînés de la commune avec lesquels ils échangeaient. Ceux-ci ont développé l’idée d’une machine à écrire détraquée, donnant naissance à des lettres drôles, mystérieuses ou poétiques. Chaque auteur a couché sur le papier quelques traits de sa personnalité tout en développant son imaginaire, explorant ainsi diverses formes littéraires. « J’avais hâte de rencontrer Monique », confie le jeune Romain. Un avis partagé par son camarade Mathéo, qui avoue : « l’idée était un peu bizarre au début mais j’ai bien aimé écrire. Parfois, j’avais des choses à dire. D’autres fois, c’était plus compliqué mais on y arrive avec un peu d’aide ».
 
Lorsque l’inspiration venait à manquer, les participants pouvaient toujours compter sur Stéphane Nappez, président de l’association Baraques Walden. Cet intervenant artistique a animé les ateliers de part et d’autre. « J’étais le seul à connaître tous les visages. Je suis très content de la qualité du travail accompli. Il y a de très belles images qui se dessinent derrière les mots. À tout âge, chacun peut véritablement s’emparer de la lecture et de l’écriture, quelles que soient ses craintes ou ses compétences ».



Les collégiens et les personnes âgées sont unanimes et ont véritablement apprécié cette aventure. Le projet Correspondance s’est aussi matérialisé à Elbeuf, Saint-Pierre-lès-Elbeuf, Criquetot-l’Esneval et Saint-Valery-en-Caux, avec l’accompagnement de Musair, start-up de médiation culturelle, et de l’association Le Labo des histoires. Les participants ont pris des chemins différents et de nouvelles pistes seront explorées lors de l’année scolaire 2022/2023.