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Bain de jouvence au Castel Saint-Joseph

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Visiter un établissement pour personnes âgées dépendantes… cela vous tente ? Une invitation a priori pas très attrayante. Si ce n’est que le Castel Saint-Joseph à Hodeng-au-Bosc fait voler en éclats les clichés et les angoisses que provoquent les mots “maison de retraite”. Une rencontre avec un Ehpad, ses résidents, son personnel et sa directrice… qui fait du bien !
Publié : Il y a 24 jours
Tous les matins dès 9h30 précise, Marcelle Routier prend place derrière le bar du village de la maison de retraite du Castel Saint-Joseph. Ancienne charcutière, elle sait tenir un commerce. « On travaillait de 6 heures du matin à 21 h avec mon mari… et j’ai eu trois enfants ! » s’exclame-t-elle fièrement. Coquette et souriante, elle propose gentiment, après un jus d’ananas servi avec encore beaucoup de dextérité, de passer visiter sa chambre. Impeccablement aménagé et organisé, il semblerait que son dressing fasse plus d’une envieuse, tout comme sa collection de poupées dont elle a tapissé les murs.

 
Légué par Victorine Fuinel en 1904 aux filles de la charité pour y accueillir les vieillards et personnes nécessiteuses, le château transformé en hospice puis en maison de retraite par l’association loi 1901 “Monsieur Vincent”, ressemble davantage à un Relais & Châteaux… loin des mouroirs qui font parfois la Une de la presse. Arrivée en 2005 à la direction de l’établissement, Sabine Soyez avait le profil idéal pour appliquer la philosophie de l’association « permettre aux personnes âgées et handicapées de vieillir avec et parmi les autres dans la joie ».

 
Joyeuse, Marcelle l’est assurément. Née le 23 octobre 1923, elle fêtera demain ses 95 ans. Une jeunette comparée à Monsieur Farcy, le doyen de l’Ehpad, qui la toise du haut de ses 103 ans. « Notre résident le plus âgé avait 108 ans », précise Sabine Soyez. Pour l’occasion, Marcelle prendra certainement un rendez-vous au salon de coiffure situé de l’autre côté de la place du village reconstituée au cœur de l’établissement. Une coiffeuse indépendante et une bénévole s’y relaient pour choyer les résidents, tous d’ailleurs très bien peignés, il faut le reconnaître ! « Et les massages du cuir chevelu… un pur bonheur. Les familles peuvent aussi utiliser le salon librement pour coiffer leur proche, leur faire un shampoing », ajoute-t-elle.

 
Un service parmi les nombreux que propose le Castel. Salon de massage, balnéothérapie, soins d’esthétique… et même une pièce dédiée au snoezelen, un concept hollandais de stimulation sensorielle que Sabine Soyez a ramené d’un stage au Canada. Au fur et à mesure de la visite l’envie d’avoir déjà l’âge d’y séjourner se fait “presque sentir”. Dans une salle, un homme portant un kimono noir, se meut devant une assemblée des plus attentive qui reproduit ses gestes consciencieusement. « Grâce à Alain Soyez, notre responsable technique qui s’est formé au Qi gong, nous proposons des séances depuis deux ans. Les progrès sont spectaculaires. Certains ont retrouvé une agilité qu’ils avaient perdue », se réjouit la directrice du Castel qui attache une importance toute particulière à la formation des employés. Et cela, qu’il s’agisse d’approfondir ses connaissances ou de se former à une discipline tout à fait différente. « Fanny, la secrétaire, s’est formée au massage aux pierres chaudes. C’était sa volonté. Lorsque l’esthéticienne n’est pas là, elle peut ainsi assurer le remplacement. »


Un personnel pluridisciplinaire et motivé qui forme une équipe d’une efficacité redoutable. Et le peu de turn-over ne trompe pas, la qualité de vie au travail bénéficie du même intérêt que celle des résidents ; Une réalité différente de ce dont on a l’habitude d’entendre au JT. Employés, services civiques, prestataires extérieurs et bénévoles « qui ne sont pas là pour remplacer le personnel », insiste sabine Soyez. Ici tous travaillent en concertation pour développer des projets. Financés à la fois par l’ARS, le Département de la Seine-Maritime, via l’indemnité journalière de résidence, mais surtout par des dons et des partenariats, ils concernent notamment l’achat de matériel, des travaux d’amélioration, l’organisation d’événements festifs ou culturels.


L’une des dernières grandes fiertés du personnel et de sa directrice est la certification AFNOR RABS pour la gestion du linge qui se fait en interne. Tout comme les repas qui sont préparés sur place et adaptés à chaque résident : allergies, intolérances, besoins alimentaires particuliers, rien n’est laissé au hasard. « Ici il n’y a pas de biscuits secs pour le goûter. Les gâteaux, les crèmes, les potages, tout est fait maison et avec le maximum de produits locaux. » Et parfois même ce sont les résidents qui s’en chargent. « Ils vont chercher les pommes dans le verger et préparent des tartes, ou des soupes avec les légumes du potager », avec toujours pour objectif, de favoriser l’autonomie. Un verger et un potager que l’on peut apercevoir depuis les baies vitrées, jouxtant un parc arboré et les enclos où de nombreux animaux partagent le quotidien des résidents. Une autre initiative de l’Ehpad pour développer le lien « Ici nous ne sommes pas dans un hôpital, c’est un lieu de vie ».


Et sa vie, le Castel aime la partager avec l’extérieur à de nombreuses occasions. « A Halloween, les enfants du village viennent taper aux portes des chambres des résidents qui en sont d’accord et à qui nous avons préalablement distribué un sachet de bonbon ».

Prochain événement au Castel, les 1er et 2 décembre, les résidents, leur famille et le personnel organisent un marché de Noël. La salle de restauration se transforme pour l’occasion en salon de thé et la place du village accueille des chalets en bois plus vrais que nature où les visiteurs pourront acheter des produits artisanaux de qualité « Et fabriqués avec beaucoup de goût », insiste Sabine Soyez. Exit donc les chaussons en crochet ! Une occasion toute trouvée d’aller à la rencontre des résidents du Castel et de vous laisser surprendre, vous aussi, par leur joie de vivre.