Vos services Vos élus Vos sorties
AccueilActualités

La jeunesse de Seine-Maritime en Tunisie

Retour
Les 12, 13 et 14 octobre, cinq jeunes de la Seine-Maritime investis dans la vie associative étaient invités à participer à la 8e édition du Forum Jeunesse à Tabarka en Tunisie. Un projet réalisé dans le cadre de la coopération décentralisée entre le Département de la Seine-Maritime et le Gouvernorat du Kef. Les jeunes français ont pu apporter leur expérience et leur expertise à travers des ateliers et ce afin d'imaginer des projets en lien avec le développement de la culture. Ils nous racontent leur expérience des plus enrichissante.
Publié : Il y a 24 jours
Le Département de la Seine-Maritime s’engage pour sa jeunesse. Un engagement qui se traduit par l’adoption prochainement d’un nouveau schéma départemental élaboré en partie en concertation avec les jeunes à l’occasion des Assises de la jeunesse qui se sont tenues le 3 octobre dernier à l’Hôtel du Département. L’objectif de ces échanges étant de développer des dispositifs plus en adéquation avec les attentes et préoccupations des jeunes.
 
Des échanges que Lucie Leconte, Laurianne Bandia et Armélio De Campos ont poursuivi bien au-delà des frontières de la Seine-Maritime, de la France et même de l’Europe.  Ils ont en effet été sélectionnés avec deux autres camarades pour participer au Forum de la jeunesse qui s’est tenu à Tabarka en Tunisie, les 12, 13 et 14 octobre derniers dans le cadre de la coopération décentralisée avec gouvernorat du Kef. Leur engagement associatif et citoyen a convaincu les organisateurs qui leur ont proposé de partager leur expérience et leur expertise auprès de la jeunesse tunisienne et à travers différents ateliers en lien avec la culture. Des rencontres enrichissantes dont ils nous parlent avec enthousiasme.
 
 
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre engagement auprès des jeunes ?
 
Armélio De Campos, j’ai 23 ans et je suis bénévole à l’association Just kiff dancing qui se divise en deux pôles : un pôle prévention contre notamment l’addiction, le sexisme et les discriminations liées à l’origine. Et un deuxième pôle axé sur la dance et qui propose des cours de hip hop, afro, dancehall… Nous intervenons auprès des jeunes en proposant des chorégraphies qui mettent en scène la discrimination et ensuite on débat avec eux grâce à des outils que l’on a mis en place.
 
Laurianne Bandia, j’ai 28 ans et je suis engagée dans l’association AJFED (association des jeunes femmes pour l’entraide et le développement ) qui a été créée l’an passé à l’occasion du forum jeunesse. C’est une asso franco africaine qui a pour but de réveiller le potentiel d’entreprenariat des jeunes femmes pour les aider à être maîtresse de leur destin et de leur avenir.
 
Lucie Leconte, j’ai 28 ans et je suis salariée de l’association Caravelle, un centre social dans le pays de Bray. Nous avions déjà rencontré le Kef dans le cadre d’un projet réalisé en coopération avec le Kef. Avec un groupe de jeunes habitants de la Seine-Maritime et de jeunes kéfois on avait transformé une caravane en web radio. Une première rencontre avait eu lieu avec des représentants tunisiens qui avaient accroché au projet et qui avaient envie que leur radio locale soit mobile. On est parti l’année dernière avec un groupe de jeunes là-bas. Le forum était l’occasion de voir comment cela avait évolué et comment continuer à faire vivre le projet.


 
Comment avez-vous été sélectionnés ?
LB : Le service jeunesse a identifié les associations qu’il connaissait grâce aux différents dispositifs mis en place par le Département et qui soutient les associations, notamment JAVA.  Il fallait représenter les différents coins du territoire, la campagne, les villes, les zones périurbaines.
 
On avait déjà été invité par l’ambassade de France via l’institut français qui repère les départements qui travaillent avec la Tunisie. Dans le cadre de son partenariat avec le Kef, c’est la 5e année que la Seine-Maritime est invitée.
 

Quel était le thème de ces rencontres ?
 
LL : Il y avait un thème général qui était la culture et l’artisanat dans le Nord-Ouest de la Tunisie. Mais les thématiques des ateliers étaient bien distinctes et on a travaillé sur des parties différentes.
 
A quel projet avez-vous participé à l’occasion de ce forum ?
 
ADC : Moi j’ai fait partie de l’atelier qui mélangeait culture et technologie. Il s’agissait d’utiliser la technologie pour mettre en avant le culturel auquel le Pays n’a pas accès. Parmi les projets qui ont émergé, l’idée d’un site web permettant aux artisans et artistes de montrer ce qu’ils savent faire, de promouvoir leurs œuvres.
 
LB : Moi j’étais sur le mangement culturel. Le projet développé en premier était d’ouvrir une « MJC », un concept qui n’existe pas pour le moment. Il y a des maisons de jeunes étatiques tenues par des agents. Nous souhaitons créer une association ouverte à tout le monde, tenues par des jeunes pour les jeunes. Le projet à évoluer. Compte tenu du déficit de financement, l’idée dans un deuxième temps était de créer un festival international de théâtre à Tabarka, faire intervenir différents acteurs, avec des conférences, etc.
 
LL : j’étais aussi sur un atelier de management de la culture avec comme idée d’amener la culture à tout le monde. Il y a très peu de salles d’exposition, de scènes où les artistes peuvent se produire. L’objectif est d’embarquer tout ça dans une espèce de remorque et d’aller de village en village. C’était déjà une volonté de leur part. Moi j’ai apporté mon expérience là-dessus pour dire « oui ça marche d’aller vers les gens ». Un des projets qui j’espère verra le jour est d’emmener dans une remorque des instruments de musique, de la peinture au plus près des gens, s’installer dans la rue, leur permettre d’avoir tout ça en main et d’essayer après de faire le lien avec des artistes locaux afin qu’ils fassent vivre ce petit atelier de rue…
 
Des petits groupes facebook ont été mis en place suite aux ateliers qui permettent de garder contact avec les groupes avec qui on a travaillé et de garder le lien. Il y a une vraie volonté.

 

 
Qu’est-ce qui vous a marqué, surpris, interpellé ?
 
ADC : J’ai été surpris par leur engagement. Ils étaient vraiment engagés avec des idées très concrètes dans la tête, de bonnes idées ont émergé. Je retiens beaucoup de positivité.
 
LB : C’est une jeunesse qui a connu ses premières élections municipales cette année, une jeunesse qui a fait la révolution qui est en pleine ébullition, qui a des projets plein la tête, ils ont soif de créer. Ils n’ont pas le même passé que la France. Nous on connaît l’associatif depuis des années et des années, les choses sont déjà cadrées. Là-bas il y a encore cet espace de liberté d’avoir tout à construire.
 
L.L. : Et à côté de ça ils ne sont pas soutenus. Nous les associations on a la chance d’être soutenues par les collectivités. Il y a même des associations qui arrivent à faire salarier des gens pour les faire vivre. Ce qui m’a étonné là-bas c’est que tout est nouveau, il y a plein d’assos mais elles ne fonctionnent qu’avec le volontariat, il n’y a que des bénévoles. Ils ont tous un métier à côté et ils mobilisent du temps pour monter leur association, pour mettre en place des choses mais ils sont tous seuls, ils ne sont accompagnés ni professionnellement, ni financièrement. C’est dur pour eux d’obtenir la moindre chose…
 
Ce n’est pas dans la culture de mettre en avant l’association, l’artisanat, le culturel. C’est du second plan. Ce n’est pas la priorité d’aider à développer tout ça. Ils arrivent avec plein de projets, plein d’énergie mais ils manquent un peu d’encadrement pour les aider à aller jusqu’au bout du projet.
 

Allez-vous les aider concrètement à réaliser ces projets ?
ADC : L’accompagnement dans la création du projet on l’a fait tous ensemble. En fonction des projets qui seront sélectionnés bien évidemment que ce soit le mien, celui de Laurianne ou de Lucie, on suivra chacun des projets auxquels on a participé.
 

Ces rencontres vous ont elles enrichis ?
LD : Oui toujours. Pour moi c’est la 3e édition et ce n’est jamais la même chose, ce n’est jamais la même énergie. Entre la première et celle-ci il y a des changements dans la façon de faire. Au début c’est surtout l’institut français qui portait le forum puis, il y a 2 ans, ils ont délégué à une jeune association tunisienne “Shanti”. J’ai remarqué une professionnalisation qui arrive petit à petit et c’est cela que je trouve intéressant.