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Covid-19 : Point de situation

Covid-19 : Point de situation

Déchiffrer des lettres : EEE

Publié : Il y a 22 jours
©Marceau Bellenger

Ça y est : le printemps est là et avec lui les beaux jours. C’est le moment de s’occuper de son jardin. Les fleurs apparaissent et les insectes pointent le bout de leur nez. Mais attention, il existe des EEE !

EEE, qu’est-ce que c’est ? C’est une Espèce Exotique Envahissante. Elle peut être animale ou végétale et a été introduite par l’Homme, de manière volontaire ou non, en dehors de son aire de répartition habituelle. Ces EEE ont un impact non négligeable sur la biodiversité, les infrastructures et la santé publique. Des solutions existent pour en venir à bout.

Quelques exemples d’espèces végétales invasives :

Renouée du Japon

©Adobe stock
  • Taille : jusque 3-4 mètres
  • Tiges vertes piquetées de petites tâches rougeâtres
  • Fleurs blanches
  • Lieux fréquentés : bords de route, cours d’eau, friches...
  • Un peu partout en fait !
  • Développement d’avril à septembre

Quelques conseils de gestion :

  • Faibles populations et jeunes plants : arrachage manuel répété en veillant à extraire l’appareil racinaire.
  • Population développée : ne pas intervenir. Les gros foyers sont quasiment impossibles à éradiquer. Vous pouvez en revanche arracher les jeunes plants qui se trouvent en bordure.
  • Vous pouvez mettre en place du pâturage qui se révèle efficace et planter des espèces locales à croissance rapide (saule, sureau, noisetier, …) afin de concurrencer la Renouée du Japon en créant un ombrage.
  • Ne jeter pas la Renouée du Japon avec les déchets verts ou au compost car la plante se dissémine très facilement.

Balsamine Géante (Impatience de l’Himalaya)

©DR Direction de l'Environnement
  • Taille : jusqu’à 1 voire 2 mètres
  • Tiges rougeâtres
  • Fleurs pourpres ou blanches
  • Floraison de juin à septembre
  • Fruits : capsules
  • Lieux fréquentés : berges des rivières, fossés humides

Quelques conseils de gestion :

  • Faibles populations : un arrachage manuel, en veillant à extraire l’appareil racinaire, est préconisé.
  • Population développée et plantes en floraison : ne pas intervenir dans un premier temps pour ne pas risquer de propager la plante et demander l’aide de professionnels.
  • Les opérations pour limiter son développement sont à réaliser plusieurs années de suite pour épuiser la plante.

Buddléia de David ou Arbre à papillons

©Pixabay
  • Taille : jusque 3-4 mètres
  • Tiges vertes
  • Fleurs blanches, roses ou violettes
  • Lieux fréquentés : bords de route, cours d’eau, friches...

Quelques conseils de gestion :

  • Arrachage manuel, couplé avec une opération mécanique si nécessaire (utilisation d’un treuil ou la réalisation d’un tronçonnage) pour les sujets dont le tronc et le système racinaire sont plus développés.
  • La plantation d’espèces arbustives locales limite le buddléia qui supporte mal l’ombre.
  • Couper les inflorescences et les exporter immédiatement après la floraison et avant la formation des graines.
  • Attention : la coupe seule conduit à la formation de rejets de souche.

Herbe de la Pampa

©DR Direction de l'Environnement
  • Taille : jusqu’à 4 m de hauteur et 2 m de largeur
  • Feuilles de couleur vert glauque, longues effilées à marge coupante
  • Fleurs : blanc crème à blanc rosé
  • Floraison août-décembre
  • Lieux fréquentés : milieu ensoleillé, pelouses, formations forestières ou arbustives ou encore dans des milieux plus perturbés (digues, talus, chemins, friches, remblais, bords de voies ferrées).

Quelques conseils de gestion :

  • Faibles populations: arrachage manuel en veillant à extraire l’appareil racinaire
  • Population développée : coupe à la base des tiges et mise en place d’une bâche. La plante meurt au bout de deux années.
  • Si ces solutions ne peuvent être mises en place, une simple coupe des plumets reproducteurs limitera le développement de la plante.
  • Attention : n’achetez pas ces plantes pour leur qualité ornementale.

Laurier-cerise ou laurier palme

©DR Direction de l'Environnement
  • Taille : 3-6 m
  • Feuilles : grandes, persistantes, très coriaces, d’un vert sombre luisant
  • Fleurs : blanches, en longues grappes dressées, exhalant par le froissement une forte odeur d’amande amère
  • Lieux fréquentés : ensoleillés ou ombragés

Quelques conseils de gestion :

  • Faibles populations: un arrachage manuel en veillant à extraire l’appareil racinaire.
  • Populations développées : arrachage et dessouchage mécanique ou par traction animale.
  • Le bâchage des souches peut être une solution efficace.
  • Attention : n’achetez pas ces plantes pour leur qualité ornementale.

Le saviez-vous ? Le laurier-cerise est une espèce très compétitrice, elle monopolise les ressources nutritives, l’espace et la lumière nécessaires au développement des espèces locales. Ainsi, rien ne pousse sous un laurier-cerise.

Rhododendron

©DR Direction de l'Environnement
  • Taille : jusqu’à 5 mètres
  • Feuilles : persistantes et coriaces
  • Fleurs : violet-pourpre souvent marquées de points vert-jaune
  • Lieux fréquentés : milieux forestiers acides et landes, haies, bosquets

Quelques conseils de gestion :

  • Faibles populations et jeunes plants : arrachage manuel en veillant à extraire l’appareil racinaire.
  • Populations développées : coupe avec broyage des rémanents et rognage mécanique des souches.
  • On évitera l’arrachage mécanique des souches qui perturbe le sol et favorise le développement du rhododendron.
  • Attention : n’achetez pas ces plantes pour leur qualité ornementale sous risque d’être envahi dans votre jardin !

Aster Lancéolé

©DR Direction de l'Environnement
  • Taille : 30 à 120 cm
  • Feuilles : longues et légèrement dentées
  • Fleurs : blanches, roses ou lilas
  • Floraison : août-octobre
  • Lieux fréquentés : milieux humides plus ou moins perturbés, berges des rivières, marais, estrans, friches, digues, bords de route…

Quelques conseils de gestion :

  • Fauchage deux fois par an (fin mai et mi-août) avant la floraison pour éviter la dissémination.

Ou

  • Pâturage couplé à une fauche.
  • Attention : la gestion doit être réalisée plusieurs années de suite afin d’épuiser le stock de graines contenu dans le sol.

Bambou

©Pixabay
  • Taille : variable selon les espèces, jusqu’à 10 mètres
  • Tige creuse solide à croissance rapide (chaume)
  • Rhizomes traçants
  • Lieux fréquentés : ensoleillés mais supporte le froid

Quelques conseils de gestion :

1. Coupez les bambous au ras du sol.

2. Supprimez régulièrement les nouvelles pousses.

3. Enlevez les rhizomes de bambou.

Attention : n’achetez pas ces plantes pour leur qualité ornementale sous risque d’être envahi dans votre jardin !

Plantes aquatiques : Myriophylle du Brésil, Jussie à grandes fleurs, Crassule de Helms

Crassule de Helms ©Adobe Stock
Jussie à grandes fleurs ©DR Direction de l'Environnement

Quelques conseils de gestion :

  • Pour les petites surfaces : arrachage manuel à partir des rives ou à l’aide d’embarcations.
  • Pour les grandes surfaces : arrachage mécanique.
  • Une protection du chantier avec des filtres (grillages 1*1 cm) est nécessaire pour éviter la propagation dans d’autres zones.
  • Un écumage de la surface de l’eau (à l’aide d’épuisettes) est à pratiquer lors des travaux de gestion pour récupérer les boutures qui sont susceptibles d’aller coloniser d’autres zones.
  • Attention : n’achetez pas ces espèces pour l’ornement de vos pièces d’eau.

Le saviez-vous ? La plupart des espèces exotiques envahissantes aquatiques présentes dans le milieu naturel proviennent des aquariums et des bassins extérieurs.

Un exemple d’espèce animale invasive :

Frelon asiatique

Grand voyageur, le frelon asiatique a été introduit accidentellement par l'homme dans le Sud-Ouest de la France en 2004. Une seule femelle cachée dans une poterie est à l'origine d'une armée de frelons génétiquement équipés pour s'adapter facilement à nos climats jusqu'à progresser vers le Nord en une dizaine d'années et atteindre la Normandie en 2013. Un exploit qui lui donnera le titre “d'espèce exotique envahissante”.

Contrairement aux idées reçues, le frelon asiatique n'est pas plus dangereux pour l'homme que les autres hyménoptères (guêpes, frelons communs, bourdons). Il représente surtout un danger pour les personnes allergiques, immunodéficientes, les enfants et les personnes âgées. Si vous vous faites piquer les réflexes sont donc les mêmes et en cas de réaction allergique (gêne respiratoire ou piqûres multiples) appelez le 15 ou le 112.

Le frelon asiatique n'attaque que s'il se sent agressé. Une conduite prudente s'impose donc si vous découvrez un nid. Tenez-vous à distance et n'essayez pas de le décrocher vous-même. Inutile de déranger les pompiers, ils ne se déplacent qu'en cas d'urgence absolue ou pour sécuriser les espaces publics.

Si le frelon asiatique a été classé "danger sanitaire de 2e catégorie" en 2012, c'est aussi pour les dégâts qu'il occasionne sur l'écosystème et notamment les abeilles butineuses qui représentent 45 à 80 % de son régime alimentaire. Une menace grave pour la filière apicole et la biodiversité, car l’abeille contribue à la reproduction de 80 % des espèces de plantes à fleurs.

Différences entre le frelon commun et le frelon asiatique :

En cas de suspicion de nids, contactez la plateforme départementale :
02 77 64 57 76
www.frelonasiatique76.fr

En savoir plus sur le frelon asiatique sur le site de l'ARS Normandie

En règle générale, il faut être vigilant lors des achats en jardineries ou pépinières (la plupart des espèces exotiques envahissantes sont encore vendues dans le commerce). Il ne faut pas se débarrasser ni des matériaux (terres, gravats) ni des déchets verts dans les milieux naturels qu’ils viennent de mon jardin ou de mon aquarium. Il ne faut pas ramener d’espèces animales ou végétales lors des voyages. Éviter de toucher ces espèces (certaines peuvent provoquer des brûlures cutanées comme la Berce du Caucase). Ne pas intervenir pour gérer ces espèces sans être accompagné ou conseillé. Il ne faut pas mettre les déchets EEE dans des sacs d’ordures ménagères qui seront collectés en même temps que les ordures habituelles. En cas de transport en déchetterie, il faut mettre les déchets dans des sacs fermés ou sous une remorque bâchée pour éviter tout risque de dispersion durant le transport. Ils doivent être signalés aux agents d’accueil pour un traitement adapté.