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Il y a de l'énergie dans les poubelles

Publié : Il y a 5 mois
Depuis le 1er janvier 2024, les déchets alimentaires doivent faire l’objet d’un tri à la source. Un objectif qui s’inscrit par ailleurs dans une dynamique de lutte contre le gaspillage alimentaire, menée en 2022 et 2023 par le Département auprès des collégiens de dix établissements et qui a prouvé son efficacité.
 
Servir un repas à la cantine d’un collège, ce n’est pas seulement mettre de la nourriture dans une assiette ; c’est aussi intégrer en amont le travail du producteur, le coût d’achat des denrées et enfin le temps passé par les agents de la collectivité à la préparation des repas. Pour résumer, tout ce qui part directement à la poubelle, en l’occurrence incinéré, aura en quelque sorte été produit en pure perte. Et multiplié par le nombre d’assiettes, cela commence à représenter un certain volume.

C’est ainsi qu’en 2022, le Département s’est emparé de ce sujet inscrit à son Plan Alimentaire Territorial (PAT) et a décidé d’associer dix collèges pilotes à l’opération « Zéro Gaspi 100 % Énergie » menée en partenariat avec les acteurs du territoire dans le cadre de l’appel à projet GRDF. « L’objectif était de poursuivre le travail engagé avec les collèges sur le gaspillage alimentaire et de mettre en place le tri et la collecte des biodéchets dans les établissements », explique Christine Liot, directrice Projet Alimentation Durable au Département. Un an après le début de l’expérimentation, le bilan s’est révélé très positif : les consignes de tri ont été respectées par les élèves et les collectes se sont mises en place. Entre octobre 2022 et décembre 2023, ce sont ainsi près de de 90 tonnes de biodéchets qui ont été collectées et acheminées avec le concours de deux prestataires Terra Léo et BinHappy vers l’unité de méthanisation SAS E’Caux Biogaz située à Cléville. A la sortie : 13 500 m3 de biogaz et 23 000 kwh ont été produits, soit l’équivalent de la consommation de deux familles de 4 personnes pendant un an. De plus, 1 800 m2 de terres agricoles ont été enrichies par épandage. De quoi ouvrir des perspectives intéressantes si on transpose cette démarche à l’échelle des 5 millions de repas servis annuellement dans les 109 collèges du Département.

Retirer un tiers du volume de nos déchets

Derrière ce bilan chiffré, ce sont surtout dix collèges – élèves, personnel et communauté éducative – qui ont été sensibilisés à la question du tri, du gaspillage alimentaire, et qui ont pu constater l’impact direct des gestes quotidiens.  « Réduire le gaspillage alimentaire, c’est aussi un budget économisé en faveur d’un approvisionnement en produits locaux et de qualité », ajoute Christine Liot.

Cette expérience gagnant-gagnant est donc riche d’enseignements à l’heure où une nouvelle obligation de collecte pèse sur les collectivités compétentes tenues de proposer aux habitants une solution de tri pour leurs biodéchets. Depuis le 1er janvier 2024, la valorisation des déchets organiques est en effet rendue obligatoire par la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire qui transpose en France une directive européenne de 2008 ayant trait aux déchets. Comme pour les collèges, tout l’enjeu est ici d’éveiller les consciences et d’installer de nouvelles habitudes comme il y a trente ans quand démarrait en France le tri sélectif. Composteurs individuels, partagés, points d’apport volontaire, plusieurs dispositifs existent : « ce qui compte, c’est avant tout de travailler à une solution adaptée à chaque territoire », insiste Damien Grébot, ingénieur à l’Ademe, l’agence de la Transition écologique qui met à la disposition des acteurs accompagnement et outils.  Mais c’est aussi toute une filière aujourd’hui à construire autour de la valorisation des biodéchets (qui incluent à la fois les déchets « verts » et les déchets alimentaires) pour recréer un cercle vertueux. L’enjeu est de taille :  retirer pas moins d’un tiers de matière du volume de nos poubelles, soit près de 83 kg par an et par habitant, selon les chiffres de l’Ademe avec tous les effets bénéfiques associés, à savoir moins de pollution, moins d’énergie consommée et des matières fertilisantes pour enrichir nos sols.
 
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