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Exposition "Itinéraire de Poilus : soldats Normands dans la Grande guerre”

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Pour commémorer le centenaire de la sortie de la guerre, les Archives départementales vous propose de découvrir "Itinéraire de poilus : soldats normands dans la Grande Guerre". Présentée au pôle Grammont jusqu'au 15 décembre, l'exposition offre la possibilité de suivre les destins individuels de combattants normands dans le conflit à travers des documents d'archives inédits.
Publié : Il y a 2 mois
En 2014, avec l’exposition D’une guerre à l’autre, les Archives départementales avaient souhaité mettre l’accent sur le rôle stratégique de la Seine-Inférieure, comme base arrière au cœur de la Première Guerre mondiale. Pour “Itinéraires de poilus : soldats Normands dans la Grande guerre”, les archives présentées épousent cette fois le point de vue du soldat. La richesse des archives collectées auprès des familles de puis 2014 permet en effet de présenter à nouveau au public des documents inédits de la “Grande collecte”.

Nombreux sont les jeunes Normands qui n’étaient pas destinés à voyager en ce début du XXe siècle. Ces soldats sont plongés malgré eux au cœur d’un conflit mondial qui les amène de la guerre des tranchées aux camps de prisonniers, des hôpitaux militaires à des contrées inconnues, et parfois à la mort, loin de chez eux. Outre les blessures physiques, ils expérimentent les blessures morales du combat, de l’enfermement, de la peur...loin de leurs repères.

THÉMATIQUES DE L’EXPOSITION

La scénographie de l’exposition s’appuie sur la thématique de l’itinéraire, grâce à des cartes montrant les différents fronts en même temps que le déracinement des jeunes soldats. Des destins individuels de Normands sont ainsi cartographiés.

S’entraîner à la guerre
Les avis divergent sur la profondeur de l’ancrage de l’esprit de revanche dans la population française entre 1871 et 1914, suite à la défaite de Sedan. Certains soulignent son importance dans la France d’avant 1914 ; d’autres parlent de mythe développé a posteriori par l’historiographie traditionnelle et insistent sur l’état d’esprit pacifiste des Français pendant cette période. La formule « ni guerre, ni renoncement » de Jaurès en 1887
traduit bien, en tout cas, l’attitude ambiguë d’une partie de la Nation. Néanmoins, en 1913, la durée du service militaire obligatoire passe de 2 à 3 ans.

Découvrir son affectation
À la fin de juillet 1914, la mobilisation générale est déclarée. Conformément aux instructions indiquées sur leur livret militaire, les hommes doivent rejoindre le centre de mobilisation de leur régiment.
Les régiments de Seine-Inférieure (129e RI en garnison au Havre ; 39e RI en garnison à Rouen) partent pour les champs de bataille. L’Allemagne a ouvert le front de l’Ouest en envahissant la Belgique. La ligne de combat s’étend de la Mer du Nord à la frontière suisse. Des tranchées y sont bientôt creusées par les belligérants qui pratiquent une guerre de position.

Combattre
Les témoignages évoquant la vie au front et en particulier dans les tranchées la décrivent comme extrêmement pénible, a fortiori en première ligne. En plus du danger, il y régnait une grande insalubrité. Les soldats
ne disposaient pas toujours d’abri pour dormir, pouvaient difficilement se laver et étaient à la merci de l’humidité et des rats. En première ligne, ils étaient régulièrement confrontés à des difficultés de ravitaillement. En dehors des combats et de l’attente, la majorité de leur temps était consacrée à de multiples corvées : entretien des tranchées et des armes , lessive, exercices militaires.

Refuser de se battre
Qu’un soldat se blesse volontairement au doigt ou qu’il se mutile de façon plus grave, qu’il refuse d’aller au combat ou qu’il fraternise momentanément avec l’ennemi, il ne s’agit au début que d’actes individuels. Il en va autrement avec les mutineries de 1917, après le Chemin des Dames. Même si elles semblent résulter plus de la lassitude et de la détresse que de motivations politiques, ces dernières ont fortement marqué les
esprits dans la mesure où elles ont impliqué plusieurs bataillons.

Tuer le temps
Durant les quatre années de guerre, les soldats n’ont pas uniquement combattu l’ennemi ; ils ont dû faire face, parfois, à de longues périodes d’attente et de désœuvrement qu’il fallait combler pour tenir.
La principale occupation des poilus, qu’ils soient dans les tranchées, dans les hôpitaux ou dans les camps de prisonniers reste l’écriture de courrier, et parfois celle de poèmes ou de chansons. La Première Guerre mondiale est aussi connue pour avoir développé « l’artisanat des tranchées ».

Être blessé
L’armement le plus mortel est l’artillerie. En combat rapproché, les soldats utilisent fusils, baïonnettes et grenades. L’usage des gaz toxiques se développe considérablement.
Parmi les 5 millions d’évacués sanitaires français de la Grande guerre, 60% sont des blessés. Le sort du soldat blessé repose d’abord sur les brancardiers. Ils sont chargés de l’amener jusqu’au poste de secours, puis jusqu’aux ambulances, médicales ou chirurgicales, où est réalisé le triage. Les véhicules sanitaires automobiles, où l’on peut opérer, transportent le blessé vers l’hôpital d’origine d’étapes (HOE) ou hôpital d’évacuation, situé à proximité d’une gare. Le blessé grave est ensuite transporté en train sanitaire vers une structure de l’intérieur.

Être prisonnier
Dans les tranchées du front de l’ouest, la vie est rythmée par les phases de combats, de plusieurs jours et parfois plusieurs semaines. Les batailles se soldent par de nombreux prisonniers. Toutes nations confondues,
la Première Guerre mondiale en a généré dix millions. De nombreux Normands ont été exilés en captivité sur le vaste territoire allemand, notamment en Pologne actuelle.

Mourir pour la France
La Première Guerre mondiale est également le premier conflit à générer « une mort de masse », en raison des nouveaux armements utilisés. 34000 habitants de la Seine-Inférieure sont morts en 1914-1918. Face au chaos, des mesures expéditives sont prises pour l’inhumation des soldats, morts loin de chez eux. Le général Joffre avait donné la consigne d’enterrer les corps dans des fosses communes, jusqu’à 100 corps. La loi du 29 décembre 1915 impose la tombe individuelle pour les soldats français et alliés, sous la pression de la société civile. Cependant, sur le front ouest, la moitié des corps aurait disparu.

Être honoré
Au début du conflit, seules la Légion d'Honneur (1802) et la Médaille militaire (1852) existaient et permettaient de récompenser, le plus souvent après la fin du conflit, les soldats qui s'étaient illustrés. Dès l’automne
1914, deux questions se posent : celle de récompenser à titre posthume les soldats morts au front et celle de créer une nouvelle décoration afin de récompenser les actes de bravoure durant la guerre. La loi d'avril 1915 institue ainsi la Croix de guerre récompensant les soldats cités individuellement pour faits de guerre.

Souffrir de séquelles
S’ils en ont réchappé, les hommes ne sont plus les mêmes à leur retour de la guerre. Nombreux sont ceux qui conservent des séquelles physiques et psychologiques des combats. Parmi eux, 10000 à 15000 hommes souffrent ainsi de plaies au visage. La gravité des blessures entrainent également dans de nombreux cas l’amputation d’un ou de plusieurs membres. Les médecins doivent faire face à des blessures psychologiques telles l’
«obusite», ensemble de troubles que l’on nommerait aujourd’hui «stress post-traumatique». La psychiatrie militaire se développe avec la mise en place de services neurologiques spécialisés.

Raconter la guerre
Les témoignages sont divers, il peut s’agir de journaux de tranchées, rédigés et imprimés pendant la guerre, ainsi que des carnets de route, des correspondances, offrant une appréhension de la vie dans les tranchées et de l’expérience combattante. Ces témoignages de poilus donnent des renseignements sur la dimension sensible, physiologique, intime attachée à l’expérience de la guerre. Les carnets offrent une variété des sujets
abordés et renseignent également sur leurs auteurs. Les simples soldats, qui côtoient au plus près la misère, l’horreur et parfois les ordres insensés, n’évoquent pas la même guerre que les officiers. Loin de leurs familles, les
soldats maintiennent une relation à distance avec leurs proches par les correspondances. Ce sont quatre millions de lettres qui arrivent au front chaque jour ; deux millions en repartent.

ZOOM : LE FRONT D’ORIENT

La richesse des archives confiées par les familles sur le front d’Orient nous conduit à présenter dans le cadre de l’exposition quelques-uns de ces documents exceptionnels. Ainsi, Fernand Rimbert, Eugène Jouan, Albert Harang, Jean Rançon, Eugène Denis, Honoré Levasseur, Amédée Surblé, Marcel Hamel, Yves Joseph, Raymond Brel...font partie des nombreux effectifs ayant participé à la campagne de Salonique. Ils figurent parmi les 210000 soldats français qui y sont mobilisés en 1918.

Les soldats du front d’Orient
combattent dans des situations extrêmes. Peu habitués aux voyages, ils subissent le choc de l’exil. Certains sont déjà épuisés par les combats livrés sur le front occidental. Ils doivent faire face aux étés caniculaires et hivers rigoureux, aux épidémies de typhus, scorbut, paludisme ; le ravitaillement est rendu difficile par le manque de voies de communication. Ils sont démobilisés tardivement en 1919 ou 1920.

AUTOUR DE L’EXPOSITION

- Visites guidées gratuites
- visites individuelles : à 15h30 et 16h30 le dimanche 16 septembre 2018 / à 14h30 les mardis 9 octobre et 4 décembre 2018
- visites de groupes sur demande

Toutes les visites doivent être réservées au : 02 35 03 54 95 ou archives@seinemaritime.fr-
Hommage aux soldats de la Grande guerre les 9 et 10 novembre 2018

24 h de l’annotation collaborative des registres matricule des soldats

Venez participer seul, en famille ou entre amis, à notre challenge en découvrant notre plateforme d’annotation collaborative. Quelques secondes suffisent pour déchiffrer et annoter une fiche matricule de poilu de 14-18 !
Vendredi 9 novembre 2018
Samedi 10 novembre 2018,

Et aussi...

Atelier “A la recherche de son ancêtre poilu” : Samedi 10 novembre 2018, 10h
Visites guidées de l’exposition : Samedi 10 novembre 2018 : à 10h et 11h15

Contact :
archives@seinemaritime.fr
02 35 03 54 95
www.archivesdepartementales76.net