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Grande Guerre : Mémoire et Transmission

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En 1918 s’achevait la première guerre mondiale. Aujourd’hui, 100 ans après, il est toujours aussi important de se souvenir et d’expliquer aux jeunes générations ce que fut la « Grande Guerre ».
Publié : Il y a 8 jours
C’était encore le temps de la Seine-Inférieure, des travaux de Marie Curie et des toiles de Monet. Certaines se prénommaient Ursuline quand d’autres s’appelaient Gaston. C’était le début du XXe siècle. Une époque marquée au fer rouge par un des conflits les plus sanglants dans l’Histoire de l’humanité : la Première Guerre mondiale.

Si ses stigmates ne s’y imprimèrent pas aussi cruellement que dans des régions martyres comme celles de la Champagne, l’Alsace ou la Somme, la Seine-Inférieure eût pourtant un rôle historique fondamental : celui d’une des principales bases arrières du conflit. Un premier exemple qui l’atteste est le fameux exil dès 1914 du gouvernement belge à Sainte-Adresse. Aussi, l’emplacement stratégique et logistique des ports du Havre et de Rouen profita à toutes les divisions alliées pour déplacer leurs troupes et leurs matériels. Du Tréport – avec 10 000 lits prévus – à Fécamp en passant par Neufchâtel-en-Bray ou Étretat, de nombreuses villes devinrent de gigantesques hôpitaux où les soldats connurent de trop fugaces accalmies. La résistance à l’ennemi n’a néanmoins pas été passive, les régiments de Seine-Inférieure ayant payé eux aussi un lourd tribut en vies humaines.

Aujourd’hui, on peut encore s’imprégner de ces funestes années. Les échos ne manquent pas : cimetières du Commonwealth, monuments aux morts, noms de rues dédiées à des figures historiques. Le Conseil Départemental contribue activement au devoir de mémoire et ce, qu’il concerne la Première ou la Seconde Guerre mondiale voire d’autres conflits telle que la guerre d’Algérie par exemple. Ainsi, la politique mémorielle touche les associations d’anciens combattants, les communes et les plus jeunes avec une sensibilisation importante auprès de ces derniers et plus particulièrement des collégiens. Une philosophie basée sur des projets pédagogiques et originaux d’autant plus importante que la « mémoire biologique » du conflit s’est éteinte en France avec le décès en 2008 de Lazare Ponticelli, l’ultime vétéran français, alors âgé de 110 ans. À l’occasion du centenaire, c’est un ambitieux appel à projet qui a été lancé cette année pour commémorer le terme de la guerre. Destiné aux jeunes de moins de 25 ans, cet appel à projet se définissait par la réalisation d’une action culturelle et ce, quel que soit le mode d’expression artistique.

Dans ce cadre et sur tout le territoire de la Seine-Maritime, c’est plus d’une vingtaine de propositions qui ont été soutenues par le Département. Elles ont bien souvent donné lieu à des collaborations entre associations, collèges, communes et autres forces vives – au premier rang desquelles l’ONACVG (l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerres). Les idées ont ainsi fleuri au fil des mois. Trop nombreuses pour être passées en revue, on peut néanmoins en retenir une poignée : enregistrement radio de lettres entre Poilus et leurs épouses (Arques-la-Bataille), ateliers de lectures à voix haute (Grand-Quevilly), expositions de photos d’époque (Limésy), mise en voix de film muet (Gournay-en-Bray), chorale reprenant des chants de guerre (Montville).

Il y a même eu un potager d’époque reconstitué par des élèves de Mesnières-en-Bray. Coordonnant la mise en place de ce jardin regorgeant de panais, topinambours et autres choux de Saint-Saëns, l’association du Souvenir Français de Neufchâtel-en-Bray a été créée en 1897. C’est la plus ancienne association de la ville et sa ligne éditoriale s’applique aux commémorations comme le souligne sa présidente, Danièle Capot, «   l’objectif est de conserver la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour la France. Nous organisons des expos, conférences, voyages et œuvrons en lien avec des écoles de Neufchâtel ».
 
Autre incontournable de ce centenaire : le travail  accompli par les Archives départementales qui s’est traduit par des collectes, visites et expositions. Les documents d’époque ont permis d’élargir les connaissances du public en abordant par exemple des moments et des acteurs de la guerre rarement mis sur le devant de la scène : le corps expéditionnaire d’Orient, les forces coloniales ou les « munitionnettes », ces femmes ouvrières, infatigables fabricantes d’obus, qui dormaient à peine pour tenir les cadences infernales et à propos desquelles le généralissime Joffre devait avoir cette formule en 1915 : « si les femmes qui travaillent dans les usines s’arrêtaient vingt minutes, les Alliés perdraient la guerre ».

 
Quelques manifestations prévues pour célébrer le centenaire 

Les matricules des « simples » soldats figurent rarement dans les livres d’Histoire. Ils constituent pourtant d’importantes sources d’informations. Aujourd’hui, les Archives départementales proposent un chantier participatif consistant en l’annotation numérique de ces fiches d’identité. Le procédé est simple, rapide, faisable dès l’âge de 9 ans. Il ne requiert qu’un ordinateur connecté à internet. Et afin de mettre en valeur cet effort collectif, les Archives organisent les 9 et 10 novembre les « 24h de l’annotation collaborative ». Le défi à relever pour le grand public au cours de ce week-end d’animations ? Enregistrer le plus grand nombre de fiches !

Avec également une exposition dédiée aux soldats normands, les Archives départementales racontent la guerre vue du front. Ainsi, ce sont les histoires des Poilus avant, pendant et après le conflit qui sont relatées dans l’exposition « Itinéraires de Poilus, soldats normands dans la Grande Guerre ». Se tenant aux Archives départementales à Rouen jusqu’au 15 décembre, cette rétrospective explore les destins, points de vue et fortunes inégales de tous ces militaires envoyés au « feu ». La littérature comme le cinéma ont donné des œuvres puissantes et classiques telles que Les Croix de boisde Dorgelès ou Les Sentiers de la gloire de Kubrick mais il leur manquera toujours la poignante réalité transpirant d’une lettre griffonnée dans un bunker, de l’encre délavée d’un journal de propagande ou du visage solennel d’un cuirassier posant pour la photo d’un appareil à plaque. 

Le Club Gendarmerie des Hauts de Normandie organisent un parcours de mémoire au cimetière militaire de Saint-Sever à Rouen le 11 novembre, à 14h. Cette action n’est qu’un exemple parmi des centaines d’autres à travers tout le département. Pour consulter le programme complet des manifestations du centenaire : www.centenaire.org/fr/la-mission/la-mission-du-centenaire