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Vincent Blanchard, l’homme-orchestre

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Écriture, composition, production, musique de film, Vincent Blanchard, originaire de Saint-Etienne du Rouvray a plusieurs cordes à sa guitare. Il est aujourd'hui, avec son acolyte Romain Greffe, nominé aux César 2019 de la meilleure musique originale pour le film Guy.
Publié : Il y a 5 mois
La porte s’ouvre sur une pièce sans fenêtre et insonorisée.  Des lames de bois cuivré contrastent avec la poutre maitresse constellée de projecteurs endormis. Des amplis côtoient des étuis de guitares rangés. Des affiches de concerts tapissent les murs. Des pieds de micros se hérissent au-dessus du sol zébré de longs câbles noirs. C’est là un imposant laboratoire de musique. Celui de Vincent Blanchard, alias Joad. Ce groupe rock de 5 membres qu’il a fondé va bientôt fêter ses 10 ans. Une décennie marquée par 200 concerts dont une 1ère partie de Madness à l’Armada 2013, devant plus de 50 000 personnes. La fête d’anniversaire aura lieu le 7 mai, au Théâtre Charles Dullin, à Grand-Quevilly. Neuf concerts suivront, dispersés en Normandie, ainsi qu’un nouvel album et un coffret collector. En attendant, les semaines sont bien garnies. L’adrénaline d’importantes charges de travail, c’est ce qu’il recherche en bon stakhanoviste. « Je n’ai pas de talent mais je suis travailleur ».
 

Et s’il y a la quantité, il y a aussi la qualité, comme l’assure Romain du groupe Chaxtown, produit par Vincent, « c’est un super musicien, et non seulement il a une solide expérience, mais en plus il est très modeste ». Car Vincent possède aussi une double personnalité musicale. Il est des 2 côtés de la vitre du studio. Sa table de mixage, siglée de son label Tarantula Records, a vu défiler une centaine de formations en 10 ans. Des figures locales en herbe, d’autres bien connues comme le Rouennais Foray ou le Dieppois Naâman et même Alex Lutz, acteur-humoriste-réalisateur, blonde extravagante dans Catherine et Liliane, sketchs diffusés sur Canal +. 
 
Pour Guy, son film le plus récent, traitant d’un vieux chanteur, gloire d’antan sur le retour, il lui fallait 10 chansons. « Alex avait besoin de tubes datés. Alors Romain Greffe et moi, qui avons composé la musique : on a fait du yéyé, de la country, de la pop kitsch ». Le résultat a été probant comme l’attestent non seulement la récente nomination au Prix Lumière de la presse internationale dans la catégorie Meilleure Musique de Film mais aussi une rumeur évoquant un César. Envisager des récompenses pour une B.O en forme de kaléidoscope musical est cocasse pour ce fan d’AC/DC, de Brel et de Springsteen. C’est d’ailleurs à ce dernier qu’il doit son nom de scène. « Joad, ça renvoie à une de ses chansons, et c’est aussi le héros des Raisins de la Colère, de Steinbeck ». Un roman engagé et qui résonne en Vincent, pour qui les sujets sociaux et l’infini de la bêtise humaine constituent un terreau fertile quant à l’écriture, parfois laborieuse, de ses chansons. « Chanter en français pour du rock c’est compliqué. Mais après 2 semaines à galérer, ça va mieux.  Et puis je ne suis pas vraiment un artiste, plutôt un artisan de la musique ». John Lennon a dit un jour que le rock français était comme du vin anglais. Pour Joad, c’est plutôt un cocktail complexe, aux riffs et aux rimes subtils.
 
Joad a composé la musique de la carte de vœux numérique du Département. Elle est à retrouver sur www.seinemaritime.fr/2019
 
Guy, le film d’Alex Lutz sort en DVD et Blu-Ray le 9 janvier. On peut y apercevoir Vincent dans quelques scènes, principalement guitare en main, aux côtés de l’acteur-réalisateur.

Le site officiel de Joad 

Photos d'illustration : Marceau Bellanger - Département de la Seine-Maritime