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Plan hiver : faire face aux intempéries

Plan hiver : faire face aux intempéries

Dans les coulisses de l'abbaye de Jumièges

Publié : Il y a 11 mois
©Grégory Caille
En toute saison, la « plus belle ruine de France » ne cesse de surprendre le visiteur. En hiver, le site reste ouvert au public et les agents préparent activement le retour des beaux jours.
 
En ce début février, un soleil radieux s’invite et les températures sont agréables. La journée est idéale pour découvrir l’abbaye de Jumièges et les visiteurs peu nombreux sont véritablement privilégiés. « Hier, il aurait fallu être courageux pour affronter la pluie discontinue et le vent. Mais par un temps comme aujourd’hui, c’est le bon plan ! », s’enthousiasme Caroline Calpena, directrice du site par intérim. « En basse saison, le public est plus local. Les gens des environs mais aussi de région parisienne viennent se balader quand il fait beau. L’ambiance est tout à fait différente par rapport aux mois qui suivront. On évite alors la foule et on profite de la grande tranquillité des lieux pour une rencontre plus intime avec ce patrimoine remarquable. L’abbaye est un monument impressionnant par sa taille et son environnement ; c’est un petit morceau de l’histoire de France et un gros morceau de l’histoire de la Normandie. L’idéal est de venir l’admirer à différentes périodes de l’année, car elle dévoile plusieurs visages en fonction des couleurs du ciel qui créent une atmosphère unique. »


 
Flâner dans ce parc de 14 hectares lorsqu'il est si peu fréquenté est une chance. Les divers bâtiments et vestiges ponctuent la promenade. À l’écart d’un chemin, dans un espace plus sauvage, deux arbres tombés au sol attirent l’attention de la directrice. « Ces sujets n’ont pas résisté aux fortes rafales de vent de la veille et j’ai prévenu les collègues de la direction de l’environnement pour qu’ils soient enlevés. Les jardiniers qui travaillent à la fois ici et au musée Victor Hugo sont actuellement en pleine période de taille en anticipation du printemps. Il n’y a pas de chantier de restauration actuellement. Nous veillons à l’entretien régulier des ruines, enlevant notamment avec parcimonie la végétation indésirable pouvant s’y développer. Les derniers travaux réalisés l’an dernier ont concerné les terrasses et la réfection d’escaliers devant le logis abbatial. Un projet ambitieux devrait débuter fin 2023 pour une durée de 10 ans. Il vise une requalification complète des espaces et s’étalera sur plusieurs phases, sans entraîner de fermeture. Des actions de médiation pourraient même s’envisager pour accompagner certaines étapes. »



La visite de l’abbaye peut être libre ou guidée. « Nos guides sont passionnés par leur métier et aiment sincèrement le lieu. Cela se ressent. Toute l’équipe a d’ailleurs hâte d’accueillir les visiteurs en nombre et espère une saison plus classique car le contexte sanitaire n’a évidemment pas favorisé le contact avec le public. Ils ont à cœur de montrer et partager ce patrimoine culturel. » L’outil Jumièges 3D, qui reconstitue une proposition de décor historique et plonge le visiteur dans le passé, est aussi très appréciée. Cette expérience saisissante s’opère avec un smartphone ou une tablette, grâce à une application à télécharger gratuitement.
 
Retour au chaud après cette sympathique balade. Dans une salle au-dessus de la billetterie, Léa et Elisa, deux habitantes de Barentin âgées de 10 et 8 ans, font preuve d’une grande minutie. Elles s’appliquent pour réaliser une carte enluminée sur le thème de la Saint-Valentin. Mikaël Chapatte, médiateur de cet atelier « jeux-vacances », leur enseigne les notions de base de cette technique d’illustration ornant les manuscrits au Moyen Âge et rattache l’actualité à l’histoire locale. Il évoque ainsi l’église Saint-Valentin située à Jumièges puis détaille une légende. La simple vue d’une relique de ce saint aurait fait fuir une armée de rongeurs s’apprêtant à dévaster les champs. Ces petits animaux se seraient alors jetés directement dans la Seine. Les lundis 21 et 28 février, les jeunes vacanciers de la région parisienne pourront profiter d’ateliers placés sous le signe de Mardi gras. Ils fabriqueront alors des décorations pour un déguisement.


 
« Les animations continuent pendant la saison hivernale. Hier s’est tenu l’atelier contes et légendes, comme chaque troisième mercredi du mois. Ce samedi 19 février, nous proposons sur réservation une découverte de notre collection de pierres sculptées. Et nous préparons activement la programmation de la haute saison. Du 24 mars au 19 juin, l’exposition Lumières nordiques présentera le travail de huit artistes danois. Certaines photos de paysages vous transportent littéralement. Nous aurons en juin une installation dans l’abbatiale Notre-Dame. L’œuvre de l’architecte franco-libanaise Hala Wardé, qui a exposé à la Biennale de Venise, entrera en résonance avec la notion du temps qui passe. Une exposition des clichés d’un collectif de photographes libanais suivra au logis abbatial », annonce Caroline Calpena.
 
Les huit agents de l’abbaye de Jumièges se préparent avec entrain à accueillir un flot croissant de visiteurs. Pour les accompagner dans leurs missions, des renforts saisonniers sont recrutés de mai à septembre. Si vous souhaitez faire vivre le patrimoine, postulez sur cette page.
 
Et si vous souhaitez en savoir plus sur l’abbaye et préparer votre venue, rendez-vous sur ce site.