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Itinéraires impressionniste

29 RÉSULTATS TROUVÉS
1
"Bateaux en construction", Berthe Morisot, 1874

76400 Fécamp

Plus connue pour ses tableaux tout en sensibilité, évoquant des figures familières, Berthe Morisot a pourtant laissé derrière elle une oeuvre riche et variée, dont notamment de nombreux paysages des lieux qu’elle fréquenta. Ce tableau en est le témoignage.  Il date de 1874, une année charnière pour la jeune femme qui a alors 33 ans. Depuis dix ans, elle expose  régulièrement au Salon officiel et son talent est désormais reconnu. Mais pour Berthe Morisot, la peinture va emprunter d’autres chemins qui siéent mieux à ce tempérament libre et indépendant. En 1868, elle a fait la connaissance d’Edouard Manet dont elle est devenue le modèle favori et qui l’introduit dans un milieu de jeunes artistes, désireux d’explorer des voies nouvelles. Le tournant a lieu précisément durant cette année 1874, lorsqu’à l’invitation de Degas, Berthe Morisot décide de prendre part activement à l’exposition organisée en avril par le groupe bientôt qualifié «d’Impressionnistes» chez le photographe Nadar. Elle sera la seule femme participante et présentera neuf de ses oeuvres qui, comme les autres, ne seront pas épargnées par la critique officielle.
Parallèlement, 1874 est aussi l’année où elle épouse Eugène Manet, frère d’Edouard. Les Manet et les Morisot se côtoient en effet régulièrement et cet été 1874, ils se retrouvent à Fécamp où la tante Boursier possède une belle villa sur le haut de la falaise. Berthe et Eugène peignent ensemble et posent leur chevalet devant ce chantier de construction sur le port de Fécamp. L’histoire dit même que c’est précisément alors que Berthe est en train de peindre ce tableau à ses côtés, qu’Eugène lui aurait déclaré ses sentiments. Les fiançailles auront d’ailleurs lieu à la fin de l’été et le mariage sera célébré en décembre de la même année.
Le tableau montre une touche déjà libre et fluide. Une clarté presque laiteuse filtre au travers d’un ciel encombré de nuages et illumine les coques placées en cale sèche. Dans son style, Berthe Morisot a déjà pris de la distance avec son maître Manet, pour s’orienter vers une palette plus claire qui convient bien à une peinture de plein air. Le ton est juste, le tableau équilibré restitue à merveille toutes les vibrations qui parcourent l’atmosphère.

2
"Entre Quillebeuf et Villequier",William Turner, 1832

76490 Villequier

Plus d’un demi siècle avant les Impressionnistes, les fleuves passionnent déjà les Romantiques anglais.  Cette aquarelle de Turner en est le témoignage. L’eau est un thème récurrent de l’oeuvre du peintre, prolongement mystérieux des variations atmosphériques et sujet inépuisable d’émerveillement pour cet autodidacte obsédé par la couleur et la lumière. Turner est un précurseur. Artiste précoce, grand voyageur, il se pose en observateur d’une nature qu’il sublime au gré de son imaginaire. Et son appétit de découverte est sans limite. Régulièrement, il traverse la Manche, carnet de croquis en main, à la recherche de nouvelles émotions. Pour le compte de l’éditeur anglais, Charles Heath qui lui propose le projet ambitieux d’illustrer en gravures les paysages fluviaux de l’Europe, il entreprend même un travail systématique autour des grands cours d’eau du continent. Tout devient alors pour lui matière à peindre : la nervosité des eaux, le chaos des ciels, la courbure des berges, le modelé de la pierre, les foules onduleuses. Comme un reporter envoyé en mission, il accumule, en travailleur infatigable, les études et les croquis dont il se sert ensuite pour composer d‘autres oeuvres plus abouties en atelier. La Seine retient tout particulièrement son attention. Entre 1821 et 1832, il la sillonnera à quatre reprises et en rapportera plus de 300 aquarelles, n’hésitant pas souvent à réinterpréter les lieux. Caudebec en Caux, Duclair, Jumièges, Rouen, sa cathédrale mais aussi le Havre et ses environs, l’embouchure de la Seine, Tancarville et Quillebeuf. Dans cette aquarelle peinte sur le plus grand méandre de la Seine, dont la dangerosité est rappelée par la petite balise placée dans le coin gauche de l’oeuvre, on retrouve les couleurs qu’affectionne Turner : aux tons bleus verts d’un paysage tout en transparence, s’opposent les ocres et blancs lumineux du sujet que sont ici les bateaux. A droite, l’église d’Aizier fait écho au bourg de Villequier perdu dans le lointain de la rive opposée. Au centre, le puissant panache des remorqueurs escortant les navires, donne à l’oeuvre sa force dramatique et montre l’intérêt que Turner portait aussi aux progrès de l’industrie moderne. Par sa composition, l’oeuvre préfigure d’ailleurs une autre plus tardive et restée célèbre, The Fighting Temeraire.

3
"Entrée des jetées du Havre par gros temps", Eugène Boudin
Loin de ses habituelles scènes de plage, si pleines de délicatesse, ses bateaux à l'ancre dans les eaux frissonnantes, " Entrée des jetées du Havre par gros temps " montre cette fois une mer déchainée, poussant vers le rivage ses lourdes vagues empoussiér
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76600 Le Havre
Email : webmaster@cg76.fr
Les ciels de Boudin, c'est en réalité l'aventure de toute une vie : des heures passées à contempler le glissement des nuages qu'il disait " caresser comme l'épaule d'une femme ", à épier chaque transpiration lumineuse, toutes les combinaisons savantes de l'atmosphère. Au fil des années, Boudin voyagera à Anvers, Rotterdam, Venise. Il ira en Bretagne, à Bordeaux, à Antibes : jamais il ne retrouvera la beauté inégalée des ciels de l'estuaire, ce petit coin de terre qu'il aime éperdument. Il en connaît toutes les variations, notées méthodiquement au fil de ses innombrables études, avec l'heure, la saison, la direction exacte du vent .

C'est Baudelaire qui en découvrant en 1859 sa collection de ciels au pastel, avouera son émerveillement. " Il a été le coloriste du gris ", dira plus tard Albert Sorel à son propos " mais quelles merveilles de couleurs il y a découvertes et il a su exprimer : depuis le gris de nos printemps, tendre et léger comme un vol d'hirondelle jusqu'au gris somptueux et velouté des nuées sous lesquelles s'allume, en été, l'incendie du couchant ". Il en a exploré toute la gamme, voluptueusement, à l'infini, si préoccupé qu'il était d'atteindre la pureté de chaque instant, fixée sur sa toile comme une sorte d'éternité.

Le Havre

Deuxième port français et premier port pour le trafic des conteneurs, dominant l'estuaire de la Seine et au pied du Pont de Normandie, Le Havre est aussi une Ville d'Art et d'Histoire, classée au Patrimoine mondial par l'Unesco. Son architecture de reconstruction , signée Auguste Perret lui donne aujourd'hui l'image d'une ville moderne, faite de grandes artères aérées et d'immeubles taillés pour le confort de ses habitants. Mais Le Havre est aussi une ville qui bouge. Ouvrant sur la mer, le musée Malraux regroupe une riche collection, dont de nombreuses toiles d'Eugène Boudin et des Impressionnistes. Le Volcan, Scène Nationale du Havre, à l'allure futuriste, signée Oscar Niemeyer, propose chaque année une programmation artistique ambitieuse et récemment les docks ont été réhabilités pour accueillir espaces d'exposition et salles de spectacle.
4
"Fécamp bord de mer", Claude Monet
Au grand air, au contact de la vie et des éléments, Claude Monet, trouve dans la mer un sujet d'étude inépuisable. Il n'en peint pas l'image qu'il en a mais ce qu'il en ressent. Ces remous qui fouettent et dévorent le flanc des falaises, ces ondulations f
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76400 Fécamp
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La mort de Camille, sa première épouse, en 1879 marque en même temps la fin de la période d'Argenteuil, et celle des heures glorieuses de l'Impressionnisme. Monet qui a atteint la maturité artistique revient sur la côte Normande, celle de son enfance. Il connait Fécamp où il a déjà séjourné une dizaine d'années auparavant et en mars 1881, décide d'y retourner, pressé de se replonger dans cette nature qu'il a érigée en seul maître. Ses marines se vendent bien : Monet en prépare une nouvelle série. Il rapportera 22 toiles de ce séjour. Les voiliers échoués à marée basse, la jetée battue par les vagues, le cap Fagnet.. Les sujets ne manquent pas dans ce grand port qu'est Fécamp.

Parfois, quittant la ville, il part à la découverte des alentours, guette les humeurs du ciel, courant tour à tour après le soleil ou la pluie qui chasse les ombres. Du haut des falaises, il cherche des vues plongeantes, puis se pose au ras de l'eau, observe les rouleaux d'écume batailler sur la grève. Il sent comme un pétillement dans les yeux qu'il s'acharne à reproduire sur sa toile, son pinceau, toujours léger, dansant dans la matière en petites touches rapides. " On peut dire de lui qu'il a véritablement inventé la mer, car il est le seul qui l'ait comprise ainsi et rendue, avec ses changeants aspects, ses rythmes énormes, son mouvement, ses reflets infinis et sans cesse renouvelés… " écrira l'écrivain et ami Octave Mirbeau en 1887. Dans " Fécamp, bord de mer ", Monet a choisi la vue de Fécamp en direction d'Yport.

La construction est bien équilibrée, suivant le mouvement circulaire de la falaise qui enveloppe et contient toute entière une mer impétueuse. Le jeu des couleurs complémentaires – bleu et orangé - brossées généreusement, donne un éclat particulier à ce tableau.

Fécamp

C'est la ville de la pêche et des Terre-Neuvas, trempée dans la rudesse de ses récits maritimes. Son musée dédié à l'histoire de ses marins, sa boucane, ses quais qui sentent le poisson et sa sente aux matelots qui grimpe vers la chapelle Notre-Dame du Salut, embrassant au passage tous les toits de la ville, font jaillir au coin des rues comme une grande inspiration venue de la mer. Aujourd'hui, Fécamp mise plus encore sur son patrimoine. Ancienne capitale du Duché de Normandie, la ville a conservé une très belle abbatiale et quelques vestiges du Palais Ducal. Enfin, l'Abbaye de la Bénédictine, où se fabrique encore la célèbre liqueur, est une des curiosités locales : un parcours retrace l'histoire de son fantasque créateur Alexandre Le Grand et ses secrets de fabrication à base de plantes et d'épices lointaines.

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5
"La Semaine du poisson", Jacques-Émile Blanche, 1929

76200 Dieppe

Resté dans l’histoire de la peinture pour ses quelque 1500 portraits des personnalités du monde littéraire et artistique de son temps, Jacques-Émile Blanche a laissé aussi derrière lui l’image d’un homme du monde, peintre merveilleusement doué, mais aussi écrivain, musicien, expérimentateur et touche-à-tout, ouvert à toutes les formes d’art et au brassage d’idées.  Fils du psychiatre Émile  Blanche, au contact, dès sa prime enfance, de nombreux hommes de talent, amis de ses parents, les Degas, Manet, Gounod, Bizet,..  il reste néanmoins très marqué par son éducation bourgeoise et n’apparaîtra finalement jamais comme un grand innovateur. Ce qui ne l’empêche pas de se poser comme une figure centrale de ce Dieppe artistique en pleine effervescence dans le tournant du siècle. Dans la villa du Bas-Fort-Blanc héritée de ses parents, située au pied de la falaise, à l’extrémité ouest de la plage, Blanche a aménagé son atelier où défile toute l’élite artistique et intellectuelle de l’époque. Et ce, jusqu’en 1902, date à laquelle il décide de vendre la villa pour prendre un peu  de recul en s’installant à Offranville.
Lorsqu’il peint «La Semaine du Poisson», Jacques-Émile Blanche a alors 68 ans. Nous sommes en 1929, bien après la grande époque impressionniste dont Blanche n’épousera d’ailleurs pas toutes les idées.  Le ton est joyeux, l’ambiance bigarrée. Sur le panneau central annonçant en grosses lettres l’événement, tourbillonne une farandole de poissons, tandis que des drapeaux bleu blanc rouge claquent au vent, motif classique déjà repris par nombre de peintres de l’époque. A cette extrémité est de la plage, se trouve alors une zone d’entrepôts où se déroule en effet la «Semaine du poisson», grosse opération promotionnelle en faveur du poisson dieppois qui déplace les foules. Toujours à l’affut des animations de sa ville, nombreuses le long de la plage, Jacques-Émile Blanche a tiré parti de cet instant de vie pour composer un tableau vivant et coloré où se mêle une foule endimanchée, des élégantes à la mode Art Déco.  Cette œuvre trahit le goût du peintre pour ces lieux de rencontres et de mondanités avec cependant un pinceau qu’on sent plus libéré que dans ses jeunes années.

6
"Les falaises des Petites-Dalles", Claude Monet, 1880

76540 Les Petites Dalles

Avec  son installation à Argenteuil en 1872, Monet s’est consacré pendant plusieurs années à la peinture des bords de Seine : cette période arrive maintenant à son terme. A 40 ans, si sa situation financière semble s’être stabilisée, Claude Monet est à un tournant de son existence. En choisissant Vétheuil comme nouveau port d’attache, il s’est un peu rapproché de cette Normandie natale où il a conservé encore une bonne partie de sa famille. Et après la mort en septembre 1879 de Camille, sa première épouse, il va devoir réorganiser sa vie. Un an après, Monet se rend ainsi à Rouen chez son frère Léon qui l’emmène passer quelques jours dans la station des Petites-Dalles où ce dernier possède une villa. C’est là que le peintre exécute cette toile, en septembre 1880. Il est déjà venu à Fécamp douze ans plus tôt, mais cette fois, appréhende le littoral avec un oeil nouveau.
Son rêve d’une peinture en communion avec la nature semble trouver ici son aboutissement. Inspiré, Monet se lance alors dans une série de marines qui sont accueillies avec succès. Durant l’hiver 1881, il a d’ailleurs renoué avec le marchand d’art, Paul Durand-Ruel qui partage son enthousiasme et lui assurant un certain confort financier, lui permet de s’adonner pleinement à ce travail. Ainsi, à la fin de l’hiver, Monet est déjà de retour sur la côte, cette fois à Fécamp et ne cessera dès lors d’arpenter le littoral  pendant près de cinq années. Il y composera des vues de Fécamp, de Pourville, d’Etretat : au total quelque 150 toiles voient ici le jour, qui annoncent déjà l’intérêt du maître pour les séries. Monet se passionne pour cette mer dont il veut tout comprendre. Des heures durant, il observe les flots qui s’acharnent contre la grève et se répandent en lambeaux d’écumes. Les falaises le fascinent, non pour leur pittoresque mais pour cette faculté révélée de piéger la lumière. Sous le pinceau de Monet, le paysage n’est soudain plus que vibration. Ici, une harmonie de tons bleus, rompue de quelques éclats d’un soleil rougeoyant au centre de laquelle s’attardent de fines silhouettes, esquisses presque fondues dans la matière du paysage, entre ciel et mer, à la merci des flots.

7
"L’église Saint-Jacques à Dieppe, portail sud", Walter Sickert, 1907.
Eglise Saint-Jacques*
76200 Dieppe

Dans ce tableau vibrant et coloré, difficile de retrouver le Sickert des jeunes années, élève du peintre américain Whistler,  féru de théâtre populaire et de music-hall qu’il traque d’un pinceau tout en ombres et  lumières. Sous l’influence notamment de Degas qu’il a rencontré à Paris à partir de 1883 sur les conseils d’ailleurs de Whistler, Sickert a délaissé peu à peu sa palette dominée par les bruns  au profit de tonalités plus fraîches et intègre les principes de l’impressionnisme qu’il va faire connaître outre-Manche. De père danois et de mère anglo-irlandaise, baigné dès l’enfance dans un milieu cosmopolite, Walter Sickert partagera sa vie entre Londres, Dieppe où il s’installe à partir de 1898 et Venise où à la même époque, il entame une série de longs séjours, s’imprégnant ainsi des lumières du sud qui influenceront aussi sa peinture. En 1905, il est de retour à Londres où il devient très vite le chef de file de la peinture avant-gardiste britannique, réunie au sein du Camdem Town Group dont fait également partie son ami Lucien Pissarro, fils du maître impressionniste Camille Pissarro.
Il revient néanmoins régulièrement à Dieppe où il retrouve Jaques-Emile Blanche et les nombreux artistes français et britanniques attirés à l’époque par cette station en vogue. Le tableau est réalisé en 1907. Familier de la ville qu’il a déjà parcourue en tous sens et dont il a peint de nombreuses vues et scènes de rue ou de bains de mer, il s’attaque une nouvelle fois  au motif de l’église Saint-Jacques avec l’envie de s’essayer aux effets de lumière à la manière de Monet. D’un pinceau nerveux, il brosse le portail sud, ébloui par un soleil de début d’après-midi qui, au premier plan, s’évanouit en ombres violettes. Sickert n’hésite pas ici à utiliser la couleur. Aux bleus lumineux du ciel répondent quelques touches d’un beau vert bronze qui avec subtilité animent la partie droite de ce décor dont on oublierait presque la nature exclusivement minérale.

8
"Sur la Falaise", Berthe Morisot, 1873

76540 Les Petites Dalles

De Berthe Morisot, on retiendra d’abord un visage, celui de la dame au chapeau noir, au regard sombre et ardent, promesse d’un tempérament qu’on devine à la fois doux et volontaire. Mais derrière ce sublime et célèbre portrait peint par Manet en 1872 «Berthe Morisot au bouquet de violettes» , se cache surtout la femme peintre, la première à se rallier au mouvement impressionniste et dont l’influence sur ses pairs est maintenant reconnue.
Berthe Morisot apprend très jeune le dessin. Née dans une famille bourgeoise - son père est préfet dans le Cher - mais ouverte aux idées nouvelles et qui l’encourage, elle fait preuve, tout comme sa soeur Edma, d’un talent précoce. C’est en exécutant des copies au Louvre qu’elle rencontre Edouard Manet à l’âge de 27 ans.  Entre eux, se noue très vite une forte amitié.  La jeune fille devient son élève puis son modèle favori, avant d’entrer même dans la famille en épousant son frère Eugène. Très influencée par ce maître à la puissante personnalité, figure tutélaire d’une nouvelle génération d’artistes, Berthe Morisot n’en suit pas moins son propre chemin pictural. Avec Corot, elle a appris la peinture de paysages et s’est initiée au plein air. Mais dans ce cadre de nature, elle aime placer ses personnages, figures familières d’une vie  tournée vers les joies simples du bonheur familial.
Avec ce petit format, brossé sur le motif à l’aquarelle et rehaussé de gouache et de quelques coups de crayon rapides, on retrouve ce regard de tendresse que Berthe Morisot porte sur ceux qui l’entourent. Sur la falaise des Grandes-Dalles, assises dans une herbe sauvage, une mère et sa fille contemplent l’horizon marin: instant de quiétude partagé, avec pour arrière-plan, la falaise des Petites-Dalles. C’est Edma, sa soeur et ancienne compagne de peinture qui a servi de modèle avec sa fille Jeanne. Tout comme elle sera le sujet principal de «La lecture», oeuvre majeure de Berthe Morisot, peinte durant ce même été 1873 alors que les deux soeurs se sont retrouvées aux Petites-Dalles. La touche est légère, l’air transparent. L’harmonie du dessin tient dans l’équilibre des formes et comme souvent chez ce peintre, le jeu des blancs devient prétexte pour accrocher la lumière. 

9
"Vue de l’Hôtel Royal", Walter Sickert, 1899

76200 Dieppe

A la fin du XIXe siècle, station balnéaire réputée, Dieppe est devenu aussi le centre d’une intense effervescence artistique. Elle attire un grand nombre d’artistes, pour certains très « en vue » dont une importante communauté anglaise : Walter Sickert en fait partie. Fils d’un dessinateur et graveur d’origine danoise, Sickert a surtout grandi à Londres, avec le désir au départ d’être acteur. Le milieu du théâtre le poursuivra d’ailleurs longtemps, en lui inspirant de nombreuses oeuvres où il décrit avec justesse l’ambiance populaire des music-halls de l’époque victorienne. Au début des années 1880, il a fait la connaissance du très anglophile Jacques-Émile Blanche et s’arrête pour la première fois à Dieppe où il reviendra ensuite chaque été avant de s’y installer plus durablement à partir de 1898. Il y restera alors sept années pendant lesquelles il sillonnera la ville, fréquentant aussi bien la plage où se promène le beau monde que ces quartiers populaires qu’il affectionne, à l’ambiance sombre et énigmatique où il aime à disparaître, parfois des jours entiers.
Cette fois, cependant c’est côté mer qu’il a choisi de s’installer pour composer cette vue de l’Hôtel Royal, grand hôtel démoli peu de temps après d’ailleurs, avant d’être reconstruit un an plus tard. Le style est encore sous l’influence du peintre américain Whistler dont Sickert a été l’élève. Le dessin est construit. Dans une dominante de gris et d’ocre, le peintre joue sur les contrastes, entre un front de mer plongé dans l’ombre et la rue Gustave Rouland où perce une lumière perpendiculaire. Mais on y soupçonne déjà la tentation d’évoluer vers la couleur que Sickert découvre à l’occasion de ses séjours à Venise ou au contact des peintres impressionnistes qui n’ont pas manqué d’éveiller son intérêt. Sickert se fera d’ailleurs très vite leur relais auprès de l’avant-garde artistique britannique et à ce titre, est encore considéré outre-Manche comme un des principaux maillons de transition de cette époque vers le modernisme.

10
''Crépuscule sur le Bassin du Commerce'', Eugène Boudin
Il est né dans la douceur du petit port d'Honfleur mais c'est au Havre qu'il passera son adolescence : Eugène Boudin vient s'y installer avec sa famille à l'âge de 11 ans, sur le Grand-Quai. Toute sa jeunesse, il vivra ainsi au rythme des bateaux, des mar
Espace Niemeyer*
76600 Le Havre
Email : webmaster@cg76.fr
Issu d'une famille modeste, il doit néanmoins très tôt gagner sa vie ; d'abord chez un imprimeur, puis comme commis dans une papeterie et pratique le dessin à ses heures. A 20 ans, il s'associe et ouvre sa propre papeterie. A l'époque, les artistes parisiens sont nombreux à venir chercher l'inspiration sur le rivage normand et Boudin profite de sa vitrine pour exposer leurs œuvres. C'est ainsi qu'il fait la connaissance d'Isabey, de Troyon, de Millet qui enrichissent et influenceront sa vision de la peinture. Mais Boudin est avant tout un autodidacte, mu par cette unique passion du dessin et cette insatiable curiosité pour le monde qui l'entoure. Il en conservera toujours une obstination tranquille, une confiance sereine dans ses propres choix, loin des écoles et des modes. Très vite, il a compris ce que la lumière apportait de vivant au paysage et sa vie toute entière sera consacrée à la dompter.

On reconnaît à Boudin d'avoir été le maillon de transition vers la nouvelle peinture. Instigateur pendant dix ans - de 1855 à 1865 - des Rencontres de la ferme Saint-Siméon à Honfleur, qui seront le creuset des idées impressionnistes, il est aussi le descendant direct de Daubigny et de Troyon, et celui qui a très tôt su voir en Monet, le peintre de génie qu'il allait devenir. Adepte de la première heure de la peinture en plein air, il avait coutume de dire " Trois coups de pinceaux d'après-nature valent mieux que deux jours de travail au chevalet ".

Au premier coup d'œil, " Crépuscule sur le Bassin du Commerce " fait bien sûr penser à cette " Impression, Soleil levant " peinte au même endroit par Monet vingt ans plus tôt. Si la touche est plus fine et la palette plus riche, Boudin est lui aussi parti à la recherche de ces vibrantes lumières : les formes sont dissoutes, les bateaux réduits à de simples filets noirs, le ciel et la mer se disloquent dans une même matière. A la différence de l'œuvre de Monet toutefois, celle de Boudin n'avait pas vocation à être définitive ; mais les projets se rejoignent. Toujours à la recherche d'une sincérité expressive, Boudin montre dans ce travail d'esquisse qu'il n'est pas si éloigné des valeurs de l'impressionnisme.

Le Havre

Deuxième port français et premier port pour le trafic des conteneurs, dominant l'estuaire de la Seine et au pied du Pont de Normandie, Le Havre est aussi une Ville d'Art et d'Histoire, classée au Patrimoine mondial par l'Unesco. Son architecture de reconstruction , signée Auguste Perret lui donne aujourd'hui l'image d'une ville moderne, faite de grandes artères aérées et d'immeubles taillés pour le confort de ses habitants. Mais Le Havre est aussi une ville qui bouge. Ouvrant sur la mer, le musée Malraux regroupe une riche collection, dont de nombreuses toiles d'Eugène Boudin et des Impressionnistes. Le Volcan, Scène Nationale du Havre, à l'allure futuriste, signée Oscar Niemeyer, propose chaque année une programmation artistique ambitieuse et récemment les docks ont été réhabilités pour accueillir espaces d'exposition et salles de spectacle.
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''Crinolines sur la plage'', Jules Noël
Bien que né à Nancy – et non à Quimper comme il le laissait parfois entendre - et ayant vécu longtemps à Paris, Jules Noël est connu pour être le peintre de la Bretagne, venu à de nombreuses reprises travailler en Normandie. C'est un artiste inclass
Boulevard Albert 1er*
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On le retrouve à la croisée de tous les courants de son temps. Dessinateur virtuose, formé à l'école classique des dessins historiques de l'Ecole Navale, il partage à certains moments la veine romantique d'un Eugène Isabey avec ses effets de bateaux échoués dans la tempête. Son style est tantôt pittoresque, foisonnant de détails, tantôt plus libre, plus animé ou révélant à d'autres périodes un sens aigu de l'imaginaire et une fantaisie qui déroutent. C'est un paysagiste, historiquement attiré par la mer : il peint les retours de pêche, les plages et les voiliers au port ;mais il se laisse aussi tenter par des sujets plus campagnards ou les ruelles anciennes de ses villages familiers. Son habileté au dessin en fera enfin un excellent illustrateur, réputé de surcroît pour ses qualités d'aquarelliste.

Dans les années 1870, Jules Noël, est alors professeur de dessin au lycée Henri IV à Paris et vient passer ses vacances d'été sur la côte d'Albâtre, à Fécamp, puis au Tréport. Il se montre sensible aux effets changeants des ciels normands et son attachement à dépeindre les atmosphères et les lumières pourrait sans difficulté l'ajouter à la liste des peintres qui ont annoncé l'Impressionnisme. Mais Jules Noël n'a pas sauté le pas du travail en plein air, plus à l'aise dans son atelier pour composer ses sujets et soigner la finesse de son trait.

Ses crinolines sur la plage sont une petite séquence rafraichissante. Au pied des établissements de bains de l'ancien casino où claquent dans le vent deux drapeaux tricolores, le monde des estivants s'éparpille. Les catégories sociales commencent à se côtoyer sans se mélanger. Au premier plan, les lavandières rincent leur linge tandis que s'approchent des élégantes en crinolines, dont le coup de vent n'est pas sans évoquer ceux de Boudin. Au loin, un bateau toutes voiles dehors rappelle le goût de Jules Noël pour les dessins de marine.
12
''La Seine à la Bouille, coup de vent'', Alfred Sisley
Il aura suffi d'une légère bourrasque pour que le tableau subitement prenne vie ; une voile blanche à peine déstabilisée, une touche un peu plus énergique qui donne du relief aux peupliers, quelques nuages tourbillonnant précipités sur l'horizon bleuté. R
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76530 La bouille
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En cet instant, le peintre a ressenti une émotion et nous la fait partager avec toute la délicatesse qui le caractérise ; posté en observateur patient dans ce paisible méandre de la Seine, au pied des coteaux escarpés de La Bouille.

Sisley est un maitre réputé pour ses ciels. Une grande place leur est accordée dans ses toiles peintes en Normandie. D'origine et de nationalité britannique, bien qu'ayant toujours vécu en France, Alfred Sisley connaissait parfaitement les œuvres des paysagistes anglais, la campagne lumineuse de John Constable, la liberté expressive d'un Richard Bonington jusqu'aux audaces étourdissantes de William Turner, dont il tirera une partie de son inspiration. Mais aux effets trop travaillés, aux émotions affectées de romantisme, Sisley préfère la vérité des ciels transparents qui donnent de la profondeur au tableau.

Le ciel n'est pas seulement un fond, c'est le véritable élément structurant du tableau par lequel il commence et qu'il ciselle d'infinies subtilités chromatiques. En prolongement de cette harmonie, l'eau est un élément qu'il aime aussi peindre, toujours présente dans son œuvre, avec ses fines ondulations et ses évaporations bleutées. Camille Mauclair, célèbre critique d'art écrira en 1904 à propos de Sisley : " C'est le peintre des grandes rivières bleues se courbant vers l'horizon, des vergers fleuris, des collines claires où s'étagent des hameaux aux toits rouges, c'est, surtout, le peintre des ciels français qu'il exprime avec une vivacité et une souplesse admirables ".

" La Seine à la Bouille, coup de vent " est l'exact pendant d'une autre toile " Le sentier au bord de l'eau à Sahurs, le soir " peinte elle aussi à l'été 1894, alors que Sisley est de passage à Rouen. Une même composition sage reproduisant une rigoureuse perspective, un même pudique enchantement. Avec la nature, Sisley a réussi à nouer une relation d'intimité sans doute à force de la parcourir, de la ressentir.

La Bouille

Pour traverser la Seine, prendre le bac à La Bouille est la promesse d'une excursion charmante. Dans le village, fait de maisons campagnardes et de vieilles bâtisses, de souriants jardinets, on se promène comme hors du temps, le long des ruelles entrelacées et sur les quais où passent les lourds cargos. Quelques bonnes tables égayent le front de Seine, attirant les badauds, dans une ambiance de villégiature. Une galerie aménagée dans l'ancien Grenier à Sel propose au visiteur une petite halte culturelle tandis que plus loin, un buste d'Hector Malot installé face à l'église, rappelle que le village a été celui de l'écrivain, auteur de " Sans Famille " dont il reste ici de nombreux souvenirs.
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Bateaux de pêche, Etretat

Etretat, la côte d'Albâtre, ses falaises indomptables, ses lumières cristallines, vibrantes sur les galets, attire à son chevet les peintres : Courbet, Corot, Boudin, Jongking y viendront tour à tour poser leur chevalet, séduits par la noblesse du lieu
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76790 Etretat
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Claude Monet ne fait pas exception. Né au Havre, il connaît déjà Etretat mais décide d'y mener un travail régulier à partir de 1883. Il descend alors à l'Hôtel Blanquet " Au rendez-vous des artistes ", juste au pied du Perrey, cette partie de la digue située vers la falaise d'Aval et dédiée à l'échouage des bateaux. La première impression est enthousiaste : " J'ai mes motifs à la porte de l'hôtel et même un superbe de ma fenêtre ! " raconte-t-il. En 1885, Monet rencontre Maupassant à Etretat. Les deux hommes ne se trouveront guère d'affinités mais se rejoignent dans un même dessein créateur ; l'année suivante, Maupassant écrira dans Gil Blas, un beau texte intitulé " La vie d'un paysagiste ", dans lequel il fait part de ses souvenirs : " J'ai suivi Claude Monet à la recherche d'impressions.

Ce n'était plus un peintre en vérité mais un chasseur. Il allait, suivi d'enfants qui portaient ses toiles, cinq ou six toiles, représentant le même sujet à des heures divers et avec des effets différents ; Il les prenait et les quittait tour à tour, suivant les changements du ciel. Et le peintre, en face du sujet, attendait, guettait le soleil et les ombres, cueillait en quelques coups de pinceau le rayon qui tombe ou le nuage qui passe, et dédaigneux du faux et du convenu, les posait sur la toile avec rapidité ". Le peintre vient d'entamer une nouvelle série de marines. Son lieu de résidence lui offre un parfait point de vue sur la plage qui à certaines heures du jour est en proie à une fébrile agitation. De son repaire, il entend choquer les galets, grincer les cabestans qui hissent les bateaux au retour de la pêche ; les caloges, ces petites cahuttes autrefois aménagées pour entreposer le matériel sont souvent placées au premier plan. Dans "Bateaux de pêche, Etretat ", Monet, toujours posté sur le Perrey, s'est tourné cette fois vers la falaise d'Amont. La plage est vide, les bateaux au repos sur la grève : aucune silhouette à l'horizon ; avec les années, Monet est de moins en moins tenté par la figuration.

Par petites touches successives, son pinceau part surtout à la recherche d'une ambiance, celle d'un bord de mer déserté, fouetté par le soleil de midi. La précision du trait n'est pas ce qui motive le peintre qui se livre davantage à son appétence sensorielle : comment faire vivre dans la couleur l'ombre drue sur la falaise, l'air mollement embrumé. Etretat L'ancien village de pêcheur, devenu il y a un siècle et demi station balnéaire à la mode sous l'impulsion du journaliste écrivain Alphonse Karr est avant tout un site naturel remarquable, classé Grand Site National, et à la réputation mondiale. Ses falaises majestueuses d'Amont et d'Aval, ses portes et ses aiguilles sculptées dans la craie, ses vues étourdissantes, ont fasciné écrivains, poètes, artistes. Parmi eux, Maurice Leblanc en a popularisé tous les mystères au fil des aventures de son Arsène Lupin devenu la vedette d'Etretat. Aujourd'hui, la station n'a rien perdu de son élégance : son marché couvert, ses belles villas nichées sur le coteau, sa promenade du Perrey et la vitalité de son grand air, en font une destination appréciée d'une clientèle fidèle.

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Etretat, la Porte d'Aval, bateaux sortant du port
Entre 1883 et 1887, Claude Monet séjourne régulièrement à Etretat. Les falaises le fascinent ; leur savant modelé qui piège et pulvérise la lumière. Il en tire prétexte pour retravailler et approfondir son art, l'affiner jusqu'à atteindre son exacte sensa
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En longeant le littoral, il commence par repérer quelques points de vue, s'attarde sur la plage, gagne les hauteurs ; il observe la course du soleil, les allées et venues des bateaux, la furie des embruns qui s'étouffent dans la craie ; il goûte à la volupté du paysage avant d'en faire son sujet d'étude. D'Etretat, Monet rapportera une cinquantaine de toiles. Il peint la falaise d'Amont, les bateaux, la falaise d'Aval et son aiguille jusqu'au Cap d'Antifer, et surtout la Manneporte : cette arche magistrale qu'il ne se lasse pas d'ausculter. Pour l'admirer d'encore plus près, il tente même de s'aventurer à ses pieds jusqu'à ce jour où « une énorme vague » vint le surprendre, lui, et tout son matériel. « Je me suis vu de suite perdu, car l'eau me tenait, », racontera-t-il « mais enfin, j'ai pu en sortir..ma palette restée à la main m'était venue sur la figure ». Avec ardeur et par tous les temps, Monet se laisse tout entier absorber par son motif, livré corps et âme à sa peinture, alternant les vues d'ensemble et les effets zoomés.

Il est à l'affût de la moindre empreinte que pourrait laisser dans le paysage la fuite précipitée des heures. Le peintre s'est installé cette fois sur le flanc de la falaise d'Amont et peint cette vue plongeante de la Porte d'Aval. Il scrute le départ des bateaux pour la pêche au hareng dont il exécutera deux versions différentes. Ici, la tonalité dominante, d'un bleu vert délicat, évoque la transparence des eaux matinales. Traversant sagement la toile, les bateaux s'éparpillent en une longue guirlande colorée qui titube vers l'horizon. Au loin, un trait de lumière virevolte innocemment autour de l'aiguille détachée de la craie. Monet ne s'appesantit pas sur l'anecdote, ce qu'il cherche c'est l'équilibre, la forme par les couleurs ; l'eau, le ciel, la falaise se fondent dans une même matière à la fois légère et instable.

Etretat L'ancien village de pêcheur, devenu il y a un siècle et demi station balnéaire à la mode sous l'impulsion du journaliste écrivain Alphonse Karr est avant tout un site naturel remarquable, classé Grand Site National, et à la réputation mondiale. Ses falaises majestueuses d'Amont et d'Aval, ses portes et ses aiguilles sculptées dans la craie, ses vues étourdissantes, ont fasciné écrivains, poètes, artistes. Parmi eux, Maurice Leblanc en a popularisé tous les mystères au fil des aventures de son Arsène Lupin devenu la vedette d'Etretat. Aujourd'hui, la station n'a rien perdu de son élégance : son marché couvert, ses belles villas nichées sur le coteau, sa promenade du Perrey et la vitalité de son grand air, en font une destination appréciée d'une clientèle fidèle.
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Impression, Soleil Levant, Claude Monet
" J'avais envoyé une chose faite au Havre, de ma fenêtre, du soleil dans la buée et au premier plan quelques mâts de navires pointant.. On me demande le titre pour le catalogue, ça ne pouvait vraiment pas passer pour une vue du Havre ; je répondis : " Met
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L'anecdote est devenue célèbre mais le dialogue reste un bon témoignage du climat de l'époque et de l'accueil pour le moins caustique réservé à cette clique de jeunes peintres jugés trop subversifs. Réalisée vers 1872 au Havre, une ville que Monet connait bien pour y avoir passé son enfance, " Impression, Soleil levant " est présentée en cette année 1874 à l'occasion d'une exposition organisée chez le photographe Nadar. La rencontre regroupe les œuvres d'une trentaine d'artistes écartés des Salons officiels et militants d'un nouveau style de peinture, dont Pissarro, Sisley, Renoir, Cézanne, Degas…Monet, lui, a alors 33 ans.

La toile représente l'ancien avant-port du Havre en direction du Sud Est. Brossé à grands traits au pinceau, le paysage industriel formé de grues, de bateaux à quai, de gerbes de vapeur, s'étire dans l'air matinal. Comme toute cette nouvelle génération de peintres, Monet s'intéresse bien sûr à la vie moderne. Mais au-delà du thème, c'est bien dans la stupéfaction qu'a éprouvée en cet instant le peintre, qu'il faut chercher la secrète séduction de cette œuvre. Réfugié à Londres pendant la guerre de 1870, Claude Monet a eu l'occasion d'étudier les travaux de John Constable et de William Turner qui n'ont pas manqué d'éveiller son attention.

Mais Monet, lui, préfère se concentrer sur ce qu'il voit. Sa toile est réalisée en un seul jet, sans doute au petit matin ; il est venu surprendre la ville aux premières lueurs du jour. Et dans la brume, son regard vacille, happé par cet étrange éclat du disque solaire qui s'écoule dans la mer. La forme est donnée par la lumière, par la simple juxtaposition de deux couleurs complémentaires qui se répandent en nuances. Dans une même unité de tons, l'eau et le ciel viennent alors se confondre ; seule une diagonale de petits bateaux posés à contre-jour apporte la touche finale et créée le miracle qui équilibre l'œuvre.

Le Havre

Deuxième port français et premier port pour le trafic des conteneurs, dominant l'estuaire de la Seine et au pied du Pont de Normandie, Le Havre est aussi une Ville d'Art et d'Histoire, classée au Patrimoine mondial par l'Unesco. Son architecture de reconstruction , signée Auguste Perret lui donne aujourd'hui l'image d'une ville moderne, faite de grandes artères aérées et d'immeubles taillés pour le confort de ses habitants. Mais Le Havre est aussi une ville qui bouge. Ouvrant sur la mer, le musée Malraux regroupe une riche collection, dont de nombreuses toiles d'Eugène Boudin et des Impressionnistes. Le Volcan, Scène Nationale du Havre, à l'allure futuriste, signée Oscar Niemeyer, propose chaque année une programmation artistique ambitieuse et récemment les docks ont été réhabilités pour accueillir espaces d'exposition et salles de spectacle.

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L'avant-port de Dieppe
Pissarro a toujours été un travailleur infatigable. Un an avant sa mort, encore, il vient à Dieppe peindre son port, ses quais, ses lumières. Retiré à mi-hauteur, il a laissé la clarté s'emparer du ciel avant de s'attaquer au sujet.
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A ses pieds, la ville s'empile comme un jeu de construction avec ses briques orangées et ses gris ardoise.. Une foule minuscule et curieuse baguenaude autour du bassin tandis que quelques individus s'en détachent, entretenant avec l'observateur un semblant de familiarité. Le peintre n'est jamais très loin, ni totalement extérieur. Furtivement, il s'est inséré dans le petit monde qu'il se plaît à observer. Rien dans la toile n'a été laissé au hasard. La jolie courbure du port épouse la forme des falaises que surplombe la chapelle de Notre-Dame de Bonsecours. Au loin on devine les prémices de cette campagne qu'a su si bien regarder Pissarro ; un simple trait, tendre et vert qui timidement, s'arrondit sur l'horizon. Rien de révolutionnaire en apparence dans cette peinture, si ce n'est l'ultime fidélité de Pissarro aux valeurs de l'impressionnisme dont il incarne l'esprit fondateur

. Non, ce qu'il faut retenir de plus remarquable, c'est précisément ce vent de douceur qui souffle au bout d'une palette riche et colorée, l'air frais et transparent qui imprègne la toile, la tranquillité des eaux , la docilité nomade des voiliers. Pissarro n'est pas un peintre de l'audace mais du paysage simple et bien composé. C'est un humaniste dont la seule obsession sera de défendre la vérité de sa peinture ; droit, inébranlable, au-dessus des contingences et des influences, des petites compromissions de son temps. C'est ce qui fait qu'un tableau de lui, au sujet en apparence si banal, secrète encore aujourd'hui une sorte de philtre apaisant. Zola fut parmi ceux qui comprirent très vite toute la qualité de ce peintre : " J'ai rarement rencontré une science plus profonde. Un beau tableau de cet artiste est un acte d'honnête homme. Je ne saurais mieux définir son talent ".

Dieppe C'est la ville des ivoires et des grands explorateurs, des premiers bains de mer, des départs pour l'Angleterre ; la capitale de la coquille Saint-Jacques et du cerf volant. Une ville toujours assaillie par le vent du large, ouverte et souriante. Dominée par son château-musée, sage forteresse surplombant la falaise, Dieppe est aussi une ville d'Art et d'Histoire, dotée d'un intéressant patrimoine. Ses rues anciennes, animées à toutes heures, son café des Tribunaux, son ancien quartier de pêcheurs et son marché aux poissons contribuent au charme de la ville. Sans oublier la plage, située en contrebas d'une large digue verdoyante où s'est implanté depuis peu un complexe nautique doté d'une belle piscine d'eau de mer.
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L'avant-port depuis le Pollet
C'est un des maîtres de la première génération de l'école de Rouen . Né à Montfort-sur-Risle, Albert Lebourg passera en effet plusieurs années de sa vie dans la capitale normande, prenant part activement à sa vie artistique.Il y arrive comme apprentis arc
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En 1882, Albert Lebourg a 33 ans. Cinq ans plus tôt il est revenu d'Algérie où il était en poste comme de professeur de dessin. Au contact des lumières du sud, sa palette s'est éclaircie et enrichie de couleurs. Désormais, il va partager sa vie entre Paris et la Normandie et comme les Impressionnistes, se laisse bientôt séduire par les lumières de la vallée de la Seine. Albert Lebourg aime peindre l'eau, mais plus que l'eau de la mer, c'est l'eau abritée des fleuves, des bords de rivières, des lacs et des ports qui l'attire. Il aime les ambiances de fin de journée, les soleils du matin, les froids glacés de l'hiver et il aime peindre les ponts.

Peu enclin à suivre les modes, il ne fréquente guère les cercles parisiens et s'accommode plus volontiers de son radieux tête à tête avec la nature dans lequel il trouve matière à se construire un style personnel. Par de nombreux aspects, Albert Lebourg se rapproche des Impressionnistes aux côtés desquels il exposera d'ailleurs en 1879 et 1880. Il en suivra le même chemin, réinventera les mêmes procédés picturaux. Mais trop attaché à son indépendance, il ne les rejoindra pas pour autant, préférant mener sa propre barque. Dans ses vagabondages normands, Albert Lebourg se rend aussi à Dieppe où il peint cet « Avant-port depuis le Pollet ». En toile de fond on reconnaît l'église Saint-Jacques qui se détache sur un ciel clair et finement embrumé. La touche est large, nerveuse, épousant les frissons de l'eau.

Le cadrage original, au ras de la mer avec le choix d'un format large. Le sujet, sans prétention, révèle aussi le tempérament du peintre, tourné vers la simplicité. Dieppe C'est la ville des ivoires et des grands explorateurs, des premiers bains de mer, des départs pour l'Angleterre ; la capitale de la coquille Saint-Jacques et du cerf volant. Une ville toujours assaillie par le vent du large, ouverte et souriante. Dominée par son château-musée, sage forteresse surplombant la falaise, Dieppe est aussi une ville d'Art et d'Histoire, dotée d'un intéressant patrimoine. Ses rues anciennes, animées à toutes heures, son café des Tribunaux, son ancien quartier de pêcheurs et son marché aux poissons contribuent au charme de la ville. Sans oublier la plage, située en contrebas d'une large digue verdoyante où s'est implanté depuis peu un complexe nautique doté d'une belle piscine d'eau de mer.
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L'avant-port du Havre : L'Anse des Pilotes, Camille Pissarro
A la veille de sa mort, Pissarro séjourne l'été au Havre et y peint cet avant port ; Avec une palette ciselée de gris, il cadre sur une ville en gesticulation : les voiles à quai, les couples en promenade, les bateaux en partance et le ronronnement des re
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Depuis les années 1890, son intérêt pour le socialisme naissant et ses convictions anarchistes se sont renforcées. Pissarro, l'enfant de la bourgeoisie, promis à un bel avenir dans le négoce a choisi la voie plus authentique d'une proximité avec ce peuple dont il se sent partager le même destin. Mais si l'homme a des engagements politiques ; le peintre, lui, ne cède en rien à ce militantisme. La peinture de Pissarro restera éternellement un regard bienfaisant et avant tout lucide sur la condition des hommes. C'est ce qui en fait sa force et sa portée. Son œuvre se veut le témoignage sensible de cette beauté intérieure qui naît de toute rencontre humaine. Les quais des ports sont dès lors pour lui un territoire qui le passionne, lui évoquant peut-être cette lointaine enfance passée aux Antilles. Il en savoure toute la frénésie et la vitalité. Sensible comme tous les Impressionnistes aux effets de la lumière, Pissarro reste malgré tout attaché à la solidité des formes. L'avant port est ainsi dépeint avec toutes ses facettes ; les usines au loin dont les fumées s'en vont épaissir les nuages, le jeu des voiles qui se colorent au gré du vent, l'enchevêtrement de pylônes, de mâts, de grues autour desquels la foule s'attarde. Avec l'humilité de son pinceau, le peintre semble réaliser ici un instantané, proposant un de ces cadrages qu'il affectionne particulièrement, coupé net au bas de la toile ; comme s'il suffisait d'un rien pour emmener plus loin le regard, accompagner de quelques mètres encore le pas d'un homme qui marche, courbé et solitaire.

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Deuxième port français et premier port pour le trafic des conteneurs, dominant l'estuaire de la Seine et au pied du Pont de Normandie, Le Havre est aussi une Ville d'Art et d'Histoire, classée au Patrimoine mondial par l'Unesco. Son architecture de reconstruction , signée Auguste Perret lui donne aujourd'hui l'image d'une ville moderne, faite de grandes artères aérées et d'immeubles taillés pour le confort de ses habitants. Mais Le Havre est aussi une ville qui bouge. Ouvrant sur la mer, le musée Malraux regroupe une riche collection, dont de nombreuses toiles d'Eugène Boudin et des Impressionnistes. Le Volcan, Scène Nationale du Havre, à l'allure futuriste, signée Oscar Niemeyer, propose chaque année une programmation artistique ambitieuse et récemment les docks ont été réhabilités pour accueillir espaces d'exposition et salles de spectacle.

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La plage à Pourville, soleil couchant, Claude Monet
''Je peins comme un oiseau chante'' disait un jour Monet à son ami Gustave Geffroy. Cette toile exécutée depuis la plage de Pourville en est une bonne illustration. Le coup de pinceau est joyeux, respire le bonheur de vivre. Dans une harmonie de bleus et
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" Il y a du génie en M. Claude Monet. Jamais peut-être un œil humain n'a mieux réfléchi à la splendide nature ; c'est un lyrique pour qui tout est poème : la mer, l'arbre, la fleur, le coteau, le nuage, tout éclate avec un débordement de vie énorme... il nous arrive des bouffées d'air chaud, de violents parfums, des fracas de soleil : il semble que nous entrons dans la vie des choses, et que tout ce que nous a montré l'art jusqu'à présent n'était que du mensonge agréable et vide ", s'enflammait Octave Mirbeau en 1885.

Dieppe, un moment éclipsée par Honfleur et Trouville, au climat plus doux, redevient à partir des années 1880, une destination à la mode. Monet s'y rend à la fin de l'hiver 1882 ; mais la foule, les falaises, moins belles qu'à Fécamp, lui donnent envie de prendre le large. En parcourant les environs, il découvre le petit hameau de pêcheurs de Pourville, et s'y installe, à l'hôtel-restaurant " La Renommée des Galettes " dans un premier temps, puis avec sa famille pour l'été à la villa Juliette. L'endroit l'inspire déjà. En se promenant le long de la côte, il s'est imprégné des ciels et des lumières, observe le mouvement des vagues qui viennent se vautrer sur la grève, les barques de pêcheur, les effets de brouillard. Mieux que tout autre, il sait disséquer la falaise, les moindres brisures qui emprisonnent les ombres, la courbure des valleuses et les piliers de craie somnolant dans la mer. Pour travailler, Monet choisit plusieurs angles de vues, revient à divers heures de la journée et selon les conditions météorologiques. Il peint avec appétit, les vagues, les filets des pêcheurs, les bateaux en mer. Il explore déjà l'idée qu'un même sujet puisse donner lieu à des tableaux différents, dans l'esprit des " séries " qu'il abordera plus méthodiquement par la suite.

Pourville

Hameau de la commune de Hautot-sur-mer, dont il constitue le débouché maritime, Pourville-sur-mer, à l'abri de ses falaises, a gardé une sorte de fragilité sauvage. Ici la campagne est veloutée, élégante, partout imbriquée dans la mer jusqu'à la Scie qui serpente docilement et se jette in fine au milieu de la plage. Pour les adeptes des séjours paisibles, Pourville-sur-Mer est une destination idéale ; à proximité immédiate de Dieppe, départ d'excursion vers les jardins somptueux de Varengeville et de Sainte-Marguerite-sur-mer, aux portes des terres acides du cap d'Ailly.
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La plage à Sainte-Adresse, temps gris
Si Monet est né à Paris, ses souvenirs d'enfance et d'adolescence sont restés ancrés au Havre où sa famille déménage alors qu'il n'a que 5 ans. Très tôt, le jeune Monet se sent attiré par la mer, cette étendue instable et liquide, aux reflets toujours mou
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En novembre 1862, Monet a côtoyé à Paris, dans l'atelier de Charles Gleyre, Renoir, Sisley et Bazille avec lesquels il s'est lié d'amitié. Sans en avoir encore le nom, le groupe des Impressionnistes est peu à peu en train de naître. De 1866 à 1870, Monet profite de séjours réguliers à Sainte-Adresse où réside sa tante Madame Lecadre pour arpenter la côte et s'imprégner des ciels normands. En cet été 1867, il va avoir un fils, Jean, de sa première épouse Camille. Mais entre ses allers et retours à Paris, il peint. C'est à cette époque qu'il exécute ainsi la célèbre " Terrasse à Sainte-Adresse " depuis la villa de sa tante. Il peint aussi les jardins, les navires à vapeur, les cabanes, les régates, la rue et enfin " La plage à Sainte-Adresse ". Tirant vers des camaïeus gris bleutés, l'œuvre a saisi l'instant d'une scène ordinaire : un groupe de pêcheurs devise tranquillement autour des barques laissées sur le rivage. Légèrement en retrait, un couple de bourgeois goûte à la nouvelle mode des bains de mer, rappelant l'attrait qu'exerce à cette époque la côte normande. Dans le fond, le clocher paisible du village, finement fuselé, contraste avec l'opulente villa, assise sur la falaise.
La touche est encore sage, imprégnée des gris et des bruns auxquels l'artiste renoncera définitivement quelques années plus tard. Mais déjà le ciel occupe une large place, étalant sa toison de nuages cotonneux, qui n'est pas sans évoquer certains ciels de Boudin.

Sainte-Adresse

Sur les hauteurs du Havre, la petite ville de Sainte-Adresse a gardé tous les charmes d'une station balnéaire. Son quartier de villas élégantes baptisé " le Nice Havrais " , ses falaises et ses panoramas surplombant l'estuaire, sa longue plage et son spot de funboard. C'était autrefois un village de pêcheurs devenu au XIXème une destination très recherchée des élites intellectuelles découvrant le nouvel attrait de la côte normande. De nombreux personnalités ainsi y séjourneront, à commencer par les peintres, Monet, Corot, Dufy et d'autres, viendront ici chercher l'inspiration.
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La plage de Dieppe vue de la falaise ouest
Dans cette plage de Dieppe vue de la falaise, c'est toute la douceur d'une main féminine qui transparaît. Les falaises abruptes ont pris de la rondeur, la terre n'est plus qu'un grand jardin qui s'épanche dans une mer sans limite.
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L'air est limpide, presque rose et rien n'accroche regard, si ce n'est par endroits une lueur un peu plus intense. C'est une œuvre qui invite au silence. Eva Gonzalès est la fille du romancier Emmanuel Gonzalès président de la Société des gens de lettres et d'une mère musicienne. Baignée depuis l'enfance dans le milieu des écrivains et des artistes, elle se sent très vite des dispositions pour le dessin et reçoit une formation académique. Puis elle rencontre Manet qui deviendra son maître à penser. Ce dernier réalisa d'ailleurs un beau portrait d'elle en train de peindre, exposé au salon de 1870.

Cette même année, fuyant la guerre et la Commune, Eva Gonzalès est venue se réfugier à Dieppe avec sa famille. Plus tentée jusque là par la figure où le portrait, notamment de sa sœur Jeanne qui lui servira à de nombreuses reprises de modèle, Eva Gonzalès profite de cette échappée normande pour s'essayer à peindre sur nature des paysages et des marines. On y retrouve toute l'élégance de son style fluide mais dans des tons beaucoup plus clairs que ceux qu'elle a pratiqués jusqu'alors : bien qu'intéressée par les idées portées par les Impressionnistes, Eva Gonzalès n'a jamais véritablement adhéré à ses valeurs, se sentant plus proche de la première manière de Manet. Mais sa carrière sera malheureusement très courte.

Elle décède en effet à l'âge de 34 ans, d'une embolie à la suite de couches, six jours seulement après la mort de Manet, ce peintre qui l'avait tant inspiré. Dieppe C'est la ville des ivoires et des grands explorateurs, des premiers bains de mer, des départs pour l'Angleterre ; la capitale de la coquille Saint-Jacques et du cerf volant. Une ville toujours assaillie par le vent du large, ouverte et souriante. Dominée par son château-musée, sage forteresse surplombant la falaise, Dieppe est aussi une ville d'Art et d'Histoire, dotée d'un intéressant patrimoine. Ses rues anciennes, animées à toutes heures, son café des Tribunaux, son ancien quartier de pêcheurs et son marché aux poissons contribuent au charme de la ville. Sans oublier la plage, située en contrebas d'une large digue verdoyante où s'est implanté depuis peu un complexe nautique doté d'une belle piscine d'eau de mer.
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La rue de l'Epicerie à Rouen
Depuis 1884, Pissarro, qui a dépassé la cinquantaine, s'est enfin trouvé un endroit bien à lui, un refuge, un port d'attache : il s'installe à Eragny-sur-Epte, près de Gisors. Rouen n'est pas très éloigné : il s'y rend en 1896, puis de nouveau en 1898 pou
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Le point de vue est classique, depuis la fierte Saint-Romain en direction du transept sud ; mais Pissarro a fait le choix plus original de cette vue plongeante qu'il affectionne dans ses peintures de ville, accentuant ainsi l'effet de perspective. Sortie de l'épaisseur de la ville, la cathédrale déploie, en arrière plan, sa force minérale. Les boutiques ont déroulé leur auvent et quelques silhouettes vibrent sur le pavé puis se perdent dans l'étrécissement de la rue. La rue de l'Epicerie est un sujet connu des peintres mais ce n'est pas le côté pittoresque du lieu qui a retenu ici l'attention de Pissarro. Ce qui l'intéresse, c'est au contraire toute la saveur d'une scène ordinaire. Il veut en comprendre les forces secrètes, celles qui nourrissent le quotidien et qu'il observe avec une infinie bienveillance.

Naguère, Pissarro, avec son tempérament de terrien converti, fut le chroniqueur attentif de la vie paysanne, dans ce qu'elle a de plus modeste et de plus simple : le travail de la terre et des champs, la lenteur des saisons qui passent, l'âpreté des tâches journalières. Il y a dépeint avec tendresse ces visages tout entiers dévoués à leur labeur, saisis dans une nature à la fois rude et généreuse. A la fin de sa vie, il deviendra le spectateur complice du petit peuple des villes, acteur innocent d'un monde en pleine mutation. Un peuple qui n'a plus d'autre visage maintenant que celui d'une foule pressée et brouillonne mais qui elle aussi l'attire. Il y promène son œil curieux, ému de voir dans quel environnement démesuré elle se perd, convaincu plus que jamais que le paysage, qu'il soit rural ou citadin n'est finalement rien d'autre que la trace laissée par ceux qui y habitent.

Rouen

Ses clochers, ses ruelles piétonnes, ses maisons à pans de bois et bien sûr, son Gros Horloge : Rouen, restée longtemps seconde ville du Royaume de France, est l'héritière d'un riche patrimoine. Elle est aussi la ville de Jeanne d'Arc et de Corneille, de Flaubert, de Maupassant, des cathédrales de Monet et de Duchamp, célèbre encore pour ses tables gourmandes et son canard à la Rouennaise. Y flâner est toujours un privilège, à la rencontre d'un certain art de vivre. Depuis quelques années, la ville se métamorphose : de nouveaux quartiers sortent de terre, l'aménagement des bords de Seine et la réhabilitation des docks font revivre le fleuve. Un nouveau pont levant a été aménagé en aval, donnant à Rouen l'image d'une ville moderne et tournée vers l'avenir.
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La Seine à Caudebec-en Caux
Boudin qui a dépassé la soixantaine est désormais un artiste accompli, apprécié pour ses marines, ses scènes de plage qu'il est allé cueillir en artiste patient, année après année, dans chaque recoin de cet estuaire natal, avec lequel il a noué un lien pr
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En toute indépendance, il s'est forgé une destinée à part, résigné à l'idée que le succès n'arriverait que tardivement ; fruit d'un long cheminement qui l'amène avec une exigence sans cesse renouvelée à repousser davantage les limites de son art. Boudin n'est pas de ceux qui s'arrêtent en chemin et font un jour le bilan des années passées : jusqu'au bout il avance, nourrissant sa peinture d'expériences nouvelles, de lieux encore inconnus de lui. A la fin de la décennie 1880, Eugène Boudin traverse pourtant une période de trouble. La disparition de sa femme en 1889 l'a laissé dans un profond désarroi : sans conviction, il se réfugie alors dans le travail, tente des sujets inédits. C'est ainsi qu'il vient en séjour à Caudebec-en-Caux pour y peindre une petite série qui ne sera pas la meilleure de l'artiste.

Lui-même avouera d'ailleurs ne pas être revenu très enthousiaste. Vu de la rive gauche de la Seine, le clocher gothique de l'église de Caudebec-en-Caux se dresse comme un phare signalant la présence de la petite ville au voilier qui passe. Les pentes légèrement arrondies de la vallée de la Seine dessinent comme une verdoyante cuvette, au centre de laquelle, quelques panaches de fumées s'épuisent dans l'atmosphère. Le paysage est léché, une manière peu habituelle chez Boudin qui doit composer aussi avec le goût de ses clients. Mais l'impression de paix et d'abandon qui se dégage de ces eaux douces et nacrées montre toute la maitrise de l'artiste arrivé dans la sérénité de l'âge. Caudebec-en-Caux Au cœur du Parc Naturel des Boucles de la Seine-Normande, Caudebec-en-Caux est une de ville de bord de Seine dont l'histoire est restée intimement liée à celle de la navigation.

Il suffit de se promener sur ses quais récemment refaits pour se laisser emporter par les effluves du fleuve : les cargos en transit, les bateaux de croisière qui glissent docilement au soleil. Le musée de la marine de Seine raconte toute l'histoire des gribanes et du mascaret, des pilotes de Seine, du transport des marchandises. Mais Caudebec-en-Caux n'est pas seulement cette jolie petite station aux allures de cité balnéaire. C'est aussi le point de départ d'excursions et de découvertes : entre les forêts de Brotonne et du Trait-Maulévrier, vers les hauteurs de la ville où les panoramas sont grandioses.

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Le sentier au bord de l'eau à Sahurs, le soir
" C'est un maître égal aux plus grands " disait Pissarro en parlant de Sisley. De son vivant, Sisley n'obtint pourtant jamais la reconnaissance qu'il attendait et ce n'est qu'après sa mort à 60 ans, dans la solitude et le dénuement, que le public finit pa
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Cinq ans avant sa mort , Sisley, qui s'est retiré dans son cher village de Moret-sur-Loing, en proie à des ennuis de santé et de graves difficultés financières, vient rendre visite à l'été 1894 à son ami industriel et collectionneur rouennais François Depeaux. Loin de la ville, il aime marcher le long de la Seine, y poser son chevalet et laisser errer son regard jusqu'à repérer un point d'équilibre. " Le sentier au bord de l'eau à Sahurs, le soir " évoque la douceur d'une promenade. Dans l'air tout éclaboussé de rose, on entend le bruit de l'eau, la brise frissonnante qui argente les feuilles. On assiste à cet instant de grâce, le bonheur simple de marcher sur un chemin de terre qui court sans but à travers les herbes. Seule une voile blanche danse au loin sur le fleuve et nous entraîne dans sa fuite mystérieuse, vers l'horizon éclairci. Sisley nous livre son " impression " à l'état pur, tout en élégance et en finesse ; une œuvre qui comme beaucoup d'autres du peintre est remarquable par le sentiment de quiétude qui en émane, son étonnante justesse.

Sahurs

Sahurs est un joli village verdoyant d'environ 1300 habitants, situé à une vingtaine de kilomètres en aval de Rouen, au cœur du Parc Naturel des Boucles de la Seine-Normande. Délimité d'un côté par la Seine et de l'autre par la forêt de Roumare, Sahurs tire sa richesse de ses terres bien irriguées, exposées au sud et fertilisées par les alluvions. Le village, entouré de vergers et de pâturages est resté rural et a conservé de son riche passé un intéressant patrimoine. En particulier, le manoir de Marbeuf, belle demeure du XVIème siècle en pierre de Caumont et pans de bois, appartint, à Louis de Brézé, grand Sénéchal de Normandie qui venait y séjourner à l'occasion de ses parties de chasse en forêt de Roumare. En cheminant dans le village, on découvre d'autres lieux remarquables tels que le château de Trémauville (XVIIIème), le château néo-Renaissance de Soquence ou encore l'église Saint-Sauveur.
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Les cathédrales de Rouen, Claude Monet
Avec les séries sur les Meules et les Peupliers réalisées à partir de 1891, Monet approfondit ses recherches picturales. Elles se concentrent maintenant sur un motif unique qu'il étudie à des jours ou des heures différentes ; il veut comprendre l'effet de
Place de la Cathédrale*
76000 Rouen
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La série des cathédrales reste l'une des œuvres majeures et les plus emblématiques de Claude Monet. A la différence des précédentes, l'angle choisi est cette fois toujours identique, ce qui en donne toute sa puissance. Pas moins de 30 versions de la façade occidentale seront ainsi exécutées entre 1892 et 1893 par le peintre. D'abord frontales, elles sont peintes depuis un appartement vide où Monet s'est installé en face de la cathédrale. Les vues suivantes seront plus obliques, légèrement décentrées sur la gauche, réalisées depuis l'étage d'un magasin de nouveautés situé à l'angle de la place et de la rue du Petit –Salut –aujourd'hui l'Office de Tourisme. Puis, Monet déménage encore une fois pour s'établir un peu plus loin, rue Grand-Pont où il entame une dernière série dont cette version par Temps Gris. Le cadrage est encore élargi vers la gauche, englobant la Tour Saint-Romain jusqu'aux premières maisons.

Dans cette vision très resserrée, le monument n'est plus que pierre, matériau devenu fluide, sensible. Et sans relâche, le peintre poursuit son rêve de perfection. Il suit les errances du soleil, fait chanter les couleurs, sculpte le flou des ombres. Chaque moment de la journée, chaque palpitation de l'atmosphère est jeté sur la toile avec la force d'une fulgurance. Par petites touches, Monet veut saisir tout à la fois la pureté de l'instant et son éternité; il laisse sautiller son pinceau, explore méthodiquement toute la gamme des tonalités et sa cathédrale tour à tour se métamorphose, passant des gris bleutés aux harmonies de bleu et d'or, des matins blancs aux éclats de gris et de rose. Mais le dessein est presque trop vaste, la quête, ambitieuse. Tour à tour enthousiaste puis abattu, toujours insatisfait de son travail, Monet revient sur sa toile, la retouche, l'enrichit de nouvelles observations, rajoutant sans cesse à l'épaisseur de la pâte, habité par cette douloureuse épreuve qu'il a imposée à son art. Il en ressortira épuisé : " Je suis rompu, je n'en peux plus, et, ce qui ne m'arrive jamais, j'ai eu une nuit remplie de cauchemars : la cathédrale me tombait dessus, elle semblait ou bleue ou rose ou jaune ".

Mise bout à bout, la série des Cathédrales se révèle étourdissante de virtuosité. En 1895, l'exposition, très attendue, est un succès : une vingtaine de versions sont présentées à la Galerie du marchand d'art Durand-Ruel qui vont très vite alimenter les commentaires. Dans un célèbre article paru dans le quotidien La Justice et intitulé " La Révolution des Cathédrales ", Clémenceau s'interroge : "Comment l'artiste peut-il, à quelques centimètres de sa toile, se rendre compte d'un effet à la fois précis et subtil qu'on ne peut apprécier qu'avec le recul ?", avant d'apporter lui-même la réponse : " c'est le déconcertant mystère de son écran rétinien ".

Rouen

Ses clochers, ses ruelles piétonnes, ses maisons à pans de bois et bien sûr, son Gros Horloge : Rouen, restée longtemps seconde ville du Royaume de France, est l'héritière d'un riche patrimoine. Elle est aussi la ville de Jeanne d'Arc et de Corneille, de Flaubert, de Maupassant, des cathédrales de Monet et de Duchamp, célèbre encore pour ses tables gourmandes et son canard à la Rouennaise. Y flâner est toujours un privilège, à la rencontre d'un certain art de vivre. Depuis quelques années, la ville se métamorphose : de nouveaux quartiers sortent de terre, l'aménagement des bords de Seine et la réhabilitation des docks font revivre le fleuve. Un nouveau pont levant a été aménagé en aval, donnant à Rouen l'image d'une ville moderne et tournée vers l'avenir.
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Les Falaises du Pollet à Dieppe
Pour comprendre l'intérêt de Boudin pour la mer, il faut remonter à son enfance ; grandi au milieu des bassins du petit port d'Honfleur, entre une mère femme de chambre sur les bateaux et un père pêcheur.
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A 10 ans, Boudin est enrôlé comme mousse sur la barque de son père, une embarcation si rustique, si instable sur les flots qu'on la baptisée par dérision Polichinelle. Il y passera plus de temps à dessiner et arrêtera là son expérience de marin. Mais le jeune Boudin est déjà pétri de cette vie au grand air, fasciné par ces brises légères qui font chanter les ciels et replacent l'homme à sa juste mesure. Boudin aime la mer, non pas la mer du large mais celle du cabotage. Des petits ports imprégnés de visages familiers, des marins aux lourdes chemises, des élégantes glissant sur les sables d'été, des criques solitaires et des pêcheurs à pied. Des images, il en a engrangé des milliers dans sa tête ; chaque trait lui parle, jaillit de son pinceau avec un naturel et une facilité déconcertante.

Ses scènes de plage ont du succès : elles correspondent certes au goût de l'époque ; mais la recherche de Boudin va bien plus loin qu'une simple peinture de genre. Sur ses toiles, les figures, toujours empreintes d'une souriante mélancolie ne sont finalement que de passage : comme les composantes dérisoires d'un ensemble qu'il veut plus vaste. L'art de Boudin tient avant tout dans cette grâce mystérieuse née de l'équilibre et d'un accord parfait entre le ciel et l'eau. Plus habitué jusque là aux paysages de l'estuaire auxquels sa peinture restera toujours intimement liée, Boudin fait cette fois escale à Dieppe et peint les « Falaises du Pollet ». Le ciel occupe comme souvent tout l'espace de la toile. Deux ans avant sa mort, « le roi des ciels » comme l'appelait Corot n'a pas fini d'apprendre, émerveillé comme au premier jour devant la complexité inouïe des humeurs stratosphériques.

Sur le rivage, il a troussé quelques traits qui vibrent sous l'effet de la lumière, rien de plus pour réaffirmer sa conviction profonde, que la nature n'est rien d'autre qu'un jeu d'embrasement. Dieppe C'est la ville des ivoires et des grands explorateurs, des premiers bains de mer, des départs pour l'Angleterre ; la capitale de la coquille Saint-Jacques et du cerf volant. Une ville toujours assaillie par le vent du large, ouverte et souriante. Dominée par son château-musée, sage forteresse surplombant la falaise, Dieppe est aussi une ville d'Art et d'Histoire, dotée d'un intéressant patrimoine. Ses rues anciennes, animées à toutes heures, son café des Tribunaux, son ancien quartier de pêcheurs et son marché aux poissons contribuent au charme de la ville. Sans oublier la plage, située en contrebas d'une large digue verdoyante où s'est implanté depuis peu un complexe nautique doté d'une belle piscine d'eau de mer.
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Port de Rouen, Saint-Sever
Après 1890, Pissarro, qui s'est jusque là essentiellement consacré à la peinture de la nature et des paysages ruraux, découvre le motif urbain. Il séjourne ainsi à Paris, Dieppe et à Rouen où il entreprend en 1896 une nouvelle série. Il y peint les toits
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76000 Rouen
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Pissarro cherche aussi à varier les effets atmosphériques, patiente jusqu'aux feux du couchant, attend, l'œil aux aguets, les jours de pluie et de brume. Il écrira " Les gris sont bien beau à Rouen ". Mais à la différence de Monet qui s'absorbe dans la déclinaison d'un même sujet, Pissarro , lui, préfère diversifier les points de vue, affrontant la réalité avec un regard toujours animé de curiosité.

Dans cette représentation du port de Rouen, Pissarro a opté pour une petite touche vibrante et serrée qui donne à la toile une sorte de musicalité. Dix ans plus tôt, il a rencontré Signac et Seurat et s'est intéressé un moment aux méthodes divisionnistes des néo-impressionnistes, qui consistent à fragmenter la touche en couleurs pures; Mais finalement, il y renonce, persuadé que cette approche trop froide et systématique conduit à une impasse. Au moment où il exécute cette toile, le peintre a déjà renoué avec la plénitude d'un art plus personnel qui remet au centre de ses préoccupations ce qu'il chérit le plus : la vie. Ici, c'est le monde du travail qu'il raconte, l'industrie naissante, la frénésie des ports. On y retrouve son goût marqué pour la composition : l'effet de perspective donné par le fleuve, rectiligne, et la juxtaposition des différents plans : le ciel, profond et pâle, la colline, fondue dans le lointain et les quais, hérissés d'entrepôts et fumant de vapeur. Il se fait le témoin intemporel de la vie moderne, de ses usines, de ses quais besogneux. Habitués à travailler sur le motif, militants d'une peinture qui refuse l'élitisme, les Impressionnistes, et Pissarro plus encore, sont aussi des peintres de leur temps, proches d'une vie plus modeste, d'une vérité contenue dans le labeur.

Rouen

Ses clochers, ses ruelles piétonnes, ses maisons à pans de bois et bien sûr, son Gros Horloge : Rouen, restée longtemps seconde ville du Royaume de France, est l'héritière d'un riche patrimoine. Elle est aussi la ville de Jeanne d'Arc et de Corneille, de Flaubert, de Maupassant, des cathédrales de Monet et de Duchamp, célèbre encore pour ses tables gourmandes et son canard à la Rouennaise. Y flâner est toujours un privilège, à la rencontre d'un certain art de vivre. Depuis quelques années, la ville se métamorphose : de nouveaux quartiers sortent de terre, l'aménagement des bords de Seine et la réhabilitation des docks font revivre le fleuve. Un nouveau pont levant a été aménagé en aval, donnant à Rouen l'image d'une ville moderne et tournée vers l'avenir.
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Rochers à Yport
Dans un désert de rochers, le ciel a versé une giclée de couleurs : des oranges, des rouges, des violets, des mauves et des ocres. Au loin, la mer d'un bleu vert presqu'émeraude s'enivre de lumières. A gauche, une roche monumentale rôtit sous le soleil, t
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76111 Yport
Tél.: 02.35.03.55.55
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Claude-Emile Schuffenecker était un artiste brillant, né à la peinture en même temps que Gauguin avec lequel il avait commencé comme employé chez l'agent de change Bertin. Il ne mènera pourtant pas la carrière qu'il aurait dû avoir, trop papillonnant peut-être, se consacrant davantage à sa collection d'œuvres ou à l'organisation d'expositions. En 1886, il participe à la dernière exposition des Impressionnistes mais son esprit est déjà mobilisé ailleurs. Deux ans plus tôt, il a été avec Signac , Seurat et Redon, l'un des cofondateurs du Salon des Artistes Indépendants.

Schuffenecker a l'esprit d'avant-garde. Aux côtés de son ami Gauguin, il est tenté par l'aventure synthétiste de Pont-Aven et lui présente le jeune Emile Bernard. Comme ces derniers, Schuffenecker veut s'orienter vers une peinture plus profonde, plus subjective qui abandonne définitivement le détail. Et dès 1891 et 1892, il participera aux premières expositions des peintres Impressionnistes et Symbolistes.

Datés de 1889, les rochers peints à Yport sont encore d'une facture impressionniste. Mais on ne peut manquer surtout d'être frappé par les talents de coloriste de Schuffenecker. Sur ce même thème, il réalisera plusieurs toiles et pastels en variant chaque fois les angles de vue. Le petit garçon, situé au premier plan serait, dit- on , le fils d'Alfred Nunès, collectionneur d'œuvres impressionnistes et maire d'Yport qui accueillit chez lui Schuffenecker.

Yport

Entre Fécamp et Etretat, niché dans le creux d'un vallon boisé, Yport a gardé le charme suranné d'un petit port de pêche : son " Rocher " comme on dit ici pour désigner le plateau rocheux, ses barques stationnées sur les galets, ses anciens cabestans et ses sentes pittoresques où s'engouffre la mer. Quelques belles villas XIXème évoquent encore la grande histoire des bains de mer. Mais Yport est aussi une ville tournée vers le tourisme avec sa plage, son casino, ses promenades et restée attachée à ses traditions. Ainsi, les fêtes de la mer qui ont lieu chaque année au 15 août sont toujours un grand moment de rencontres et de convivialité.
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Vue générale de Rouen, Claude Monet
Des touches rapides, pressées, recouvrant à peine la toile, traitées à la manière d'une aquarelle. Dans cette pochade de Monet, tout n'est que couleur, le ciel d'un jaune lumineux, presque transparent, les tons clairs qui dissipent la ville, en absorbent
Cote Sainte Catherine*
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Au centre de ce vaste panorama, un seul motif capte l'attention de l'observateur : la cathédrale, toute en verticalité et le clocher de Saint-Maclou, errant dans une brume laiteuse.

Monet, devenu le chef de file reconnu du mouvement impressionniste, est entré dans une période plus faste. Ses toiles se vendent mieux ; depuis 1883, il s'est établi à Giverny d'où il rayonne. C'est ainsi qu'en février 1892, il décide de venir en séjour à Rouen - une étape appréciée depuis longtemps des artistes - et vient rendre visite à son frère Léon, qui habite Déville-lès-Rouen. Il veut s'attaquer au motif de la cathédrale ; ce qui n'a rien d'original en soi. Mais sous le pinceau de Monet, le projet prendra une toute autre ampleur : l'entreprise inouïe et systématique d'arracher au fil des heures les couleurs du ciel à la pierre.

Pour commencer, il lui faut donc prendre de la distance, jauger son sujet, le regarder évoluer dans son environnement. Ainsi, grimpé sur la côte Sainte-Catherine, il vient contempler la ville et son monument puis, brusquement ne voit plus rien d'autre que cette cime obstinée, dressée dans le ciel immense. L'horizon est libre, le regard affranchi par le choix d'un format panoramique. Rien ne semble heurter l'œil, capturé par la magie d'une simple forme. Volontairement, Monet a renoncé au détail pour se concentrer uniquement sur la poésie de son sujet. Il veut aller au bout de sa logique, sonder au plus profond la vérité de ses émotions. " Le motif est quelque chose de secondaire, ce que je veux reproduire, c'est ce qu'il y a entre le motif et moi " répètera Monet.

Rouen

Ses clochers, ses ruelles piétonnes, ses maisons à pans de bois et bien sûr, son Gros Horloge : Rouen, restée longtemps seconde ville du Royaume de France, est l'héritière d'un riche patrimoine. Elle est aussi la ville de Jeanne d'Arc et de Corneille, de Flaubert, de Maupassant, des cathédrales de Monet et de Duchamp, célèbre encore pour ses tables gourmandes et son canard à la Rouennaise. Y flâner est toujours un privilège, à la rencontre d'un certain art de vivre. Depuis quelques années, la ville se métamorphose : de nouveaux quartiers sortent de terre, l'aménagement des bords de Seine et la réhabilitation des docks font revivre le fleuve. Un nouveau pont levant a été aménagé en aval, donnant à Rouen l'image d'une ville moderne et tournée vers l'avenir.

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