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''Dieppe, Pourville itinéraire autour de la villégiature''

Publié : Il y a 5 ans

Avec la mode des bains de mer, Dieppe devient une station balnéaire renommée. Les peintres y installent leur chevalet.

L'avant-port depuis le Pollet, Albert Lebourg, 1882. Dieppe étape n˚1.
Dans une vision panoramique L'avant-port depuis Le Pollet d'Albert Lebourg offre un point de vue original au ras de l'eau.
L'un des maîtres de la première génération de l'école de Rouen, préfère les tête-à-tête avec la nature dans laquelle il trouve matière à se construire un style personnel plutôt que les cercles d'artistes parisiens.
Son sujet révèle un tempérament tourné vers la simplicité.



L'avant-port de Dieppe, Camille Pissarro, 1902. Dieppe étape n˚2.
Une foule minuscule et curieuse qui se presse autour du bassin et au pied de la falaise, la ville qui s'empile comme un jeu de construction dans un mélange de gris ardoise et de briques orangées c'est L'avant-port de Dieppe de Camille Pissarro.
Fidèle aux valeurs de l'Impressionnisme, l'artiste qui a peint cette toile un an avant son décès, en incarne d'ailleurs l'esprit fondateur.



La plage de Dieppe vue de la falaise Ouest, Eva Gonzalès, vers 1870. Dieppe étape n˚3.
Les falaises abruptes ont pris de la rondeur, la terre n'est plus qu'un grand jardin qui s'épanche dans une mer sans limite, La plage de Dieppe vue de la falaise ouest d'Eva Gonzalès s'éloigne quelque peu des repères impressionnistes.
Réfugiée avec sa famille à Dieppe en 1870, cette élève de Manet y réalise sur nature des paysages et des marines avant de décéder en 1883 à l'âge de trente quatre ans.



La plage à Pourville, soleil couchant, Claude Monet, 1882. Pourville étape n˚5.
Alors que Dieppe attire de nombreux artistes, Claude Monet, lui, préfère prendre ses distances et poser son chevalet dans le petit hameau à quelques kilomètres plus à l'Ouest où il peint La plage de Pourville, soleil couchant. Dans une harmonie de bleus et d'orangés, il se promène sur la toile avec une liberté de trait qui laisse s'engouffrer l'air marin aux dernières heures du soir.

 

"L’église Saint-Jacques à Dieppe, portail sud", Walter Sickert, 1907.
Dans ce tableau vibrant et coloré, difficile de retrouver le Sickert des jeunes années, élève du peintre américain Whistler,  féru de théâtre populaire et de music-hall qu’il traque d’un pinceau tout en ombres et  lumières. Sous l’influence notamment de Degas qu’il a rencontré à Paris à partir de 1883 sur les conseils d’ailleurs de Whistler, Sickert a délaissé peu à peu sa palette dominée par les bruns  au profit de tonalités plus fraîches et intègre les principes de l’impressionnisme qu’il va faire connaître outre-Manche. De père danois et de mère anglo-irlandaise, baigné dès l’enfance dans un milieu cosmopolite, Walter Sickert partagera sa vie entre Londres, Dieppe où il s’installe à partir de 1898 et Venise où à la même époque, il entame une série de longs séjours, s’imprégnant ainsi des lumières du sud qui influenceront aussi sa peinture. En 1905, il est de retour à Londres où il devient très vite le chef de file de la peinture avant-gardiste britannique, réunie au sein du Camdem Town Group dont fait également partie son ami Lucien Pissarro, fils du maître impressionniste Camille Pissarro.
Il revient néanmoins régulièrement à Dieppe où il retrouve Jaques-Emile Blanche et les nombreux artistes français et britanniques attirés à l’époque par cette station en vogue. Le tableau est réalisé en 1907. Familier de la ville qu’il a déjà parcourue en tous sens et dont il a peint de nombreuses vues et scènes de rue ou de bains de mer, il s’attaque une nouvelle fois  au motif de l’église Saint-Jacques avec l’envie de s’essayer aux effets de lumière à la manière de Monet. D’un pinceau nerveux, il brosse le portail sud, ébloui par un soleil de début d’après-midi qui, au premier plan, s’évanouit en ombres violettes. Sickert n’hésite pas ici à utiliser la couleur. Aux bleus lumineux du ciel répondent quelques touches d’un beau vert bronze qui avec subtilité animent la partie droite de ce décor dont on oublierait presque la nature exclusivement minérale.


"Vue de l’Hôtel Royal", Walter Sickert, 1899
A la fin du XIXe siècle, station balnéaire réputée, Dieppe est devenu aussi le centre d’une intense effervescence artistique. Elle attire un grand nombre d’artistes, pour certains très « en vue » dont une importante communauté anglaise : Walter Sickert en fait partie. Fils d’un dessinateur et graveur d’origine danoise, Sickert a surtout grandi à Londres, avec le désir au départ d’être acteur. Le milieu du théâtre le poursuivra d’ailleurs longtemps, en lui inspirant de nombreuses oeuvres où il décrit avec justesse l’ambiance populaire des music-halls de l’époque victorienne. Au début des années 1880, il a fait la connaissance du très anglophile Jacques-Émile Blanche et s’arrête pour la première fois à Dieppe où il reviendra ensuite chaque été avant de s’y installer plus durablement à partir de 1898. Il y restera alors sept années pendant lesquelles il sillonnera la ville, fréquentant aussi bien la plage où se promène le beau monde que ces quartiers populaires qu’il affectionne, à l’ambiance sombre et énigmatique où il aime à disparaître, parfois des jours entiers.
Cette fois, cependant c’est côté mer qu’il a choisi de s’installer pour composer cette vue de l’Hôtel Royal, grand hôtel démoli peu de temps après d’ailleurs, avant d’être reconstruit un an plus tard. Le style est encore sous l’influence du peintre américain Whistler dont Sickert a été l’élève. Le dessin est construit. Dans une dominante de gris et d’ocre, le peintre joue sur les contrastes, entre un front de mer plongé dans l’ombre et la rue Gustave Rouland où perce une lumière perpendiculaire. Mais on y soupçonne déjà la tentation d’évoluer vers la couleur que Sickert découvre à l’occasion de ses séjours à Venise ou au contact des peintres impressionnistes qui n’ont pas manqué d’éveiller son intérêt. Sickert se fera d’ailleurs très vite leur relais auprès de l’avant-garde artistique britannique et à ce titre, est encore considéré outre-Manche comme un des principaux maillons de transition de cette époque vers le modernisme.
 

"La Semaine du poisson", Jacques-Émile Blanche, 1929
Resté dans l’histoire de la peinture pour ses quelque 1500 portraits des personnalités du monde littéraire et artistique de son temps, Jacques-Émile Blanche a laissé aussi derrière lui l’image d’un homme du monde, peintre merveilleusement doué, mais aussi écrivain, musicien, expérimentateur et touche-à-tout, ouvert à toutes les formes d’art et au brassage d’idées.  Fils du psychiatre Émile  Blanche, au contact, dès sa prime enfance, de nombreux hommes de talent, amis de ses parents, les Degas, Manet, Gounod, Bizet,..  il reste néanmoins très marqué par son éducation bourgeoise et n’apparaîtra finalement jamais comme un grand innovateur. Ce qui ne l’empêche pas de se poser comme une figure centrale de ce Dieppe artistique en pleine effervescence dans le tournant du siècle. Dans la villa du Bas-Fort-Blanc héritée de ses parents, située au pied de la falaise, à l’extrémité ouest de la plage, Blanche a aménagé son atelier où défile toute l’élite artistique et intellectuelle de l’époque. Et ce, jusqu’en 1902, date à laquelle il décide de vendre la villa pour prendre un peu  de recul en s’installant à Offranville.
Lorsqu’il peint «La Semaine du Poisson», Jacques-Émile Blanche a alors 68 ans. Nous sommes en 1929, bien après la grande époque impressionniste dont Blanche n’épousera d’ailleurs pas toutes les idées.  Le ton est joyeux, l’ambiance bigarrée. Sur le panneau central annonçant en grosses lettres l’événement, tourbillonne une farandole de poissons, tandis que des drapeaux bleu blanc rouge claquent au vent, motif classique déjà repris par nombre de peintres de l’époque. A cette extrémité est de la plage, se trouve alors une zone d’entrepôts où se déroule en effet la «Semaine du poisson», grosse opération promotionnelle en faveur du poisson dieppois qui déplace les foules. Toujours à l’affut des animations de sa ville, nombreuses le long de la plage, Jacques-Émile Blanche a tiré parti de cet instant de vie pour composer un tableau vivant et coloré où se mêle une foule endimanchée, des élégantes à la mode Art Déco.  Cette œuvre trahit le goût du peintre pour ces lieux de rencontres et de mondanités avec cependant un pinceau qu’on sent plus libéré que dans ses jeunes années.

Les falaises du Pollet à Dieppe, Eugène Boudin

Situé à l'est de Dieppe, Le Pollet demeure aujourd'hui encore le quartier typique des pêcheurs. Eugène Boudin y fait escale pour y réaliser, en 1896, Les falaises du Pollet. Plus habitué aux paysages de l'estuaire auxquels sa peinture reste intimement liée, l'artiste y rappelle son amour pour la mer. Celle de son enfance au milieu des bassins du petit port d'Honfleur où il est entouré par sa mère, femme de chambre sur les bateaux et son père, pêcheur ou encore celle de son adolescence lorsqu'il est enrôlé comme mousse. Dans un accord presque parfait avec l'eau, le ciel occupe une grande partie de la toile à côté de la falaise blanche teintée d'ocre. Quelques silhouettes s'affairent également près d'une embarcation et à droite, la maison du Petit Paris souvent croquée par les artistes jusqu'à sa destruction en 1910 s'y dessine. De l'autre côté de la ville, le Château Musée abrite aujourd'hui le tableau d'Eugène Boudin.
 



Positonnement des tables impressionistes.