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''Fécamp,Yport, Etretat itinéraire autour de la mer''

Publié : Il y a 5 ans

Popularisées par le journaliste et écrivain Alphonse Karr, les falaises d'Étretat séduisent les peintres qui y puisent leur inspiration.

Fécamp, bord de mer, Claude Monet, 1881. Fécamp étape n˚2.
La falaise absorbe les lumières du ciel et de la mer, composées de jaunes, de bleus et d'orangés. Au loin les eaux profondes, d'un vert plus soutenu soulignent l'éclat de l'horizon. Il s'agit du bord de mer de Fécamp signé par Claude Monet. Le peintre a réalisé une série de 22 toiles sur ce thème lors de ce séjour dans la cité des Terre-Neuvas après le décès de sa première épouse.

Rochers à Yport, Claude-Emile Schuffenecker, 1895. Yport étape n˚3.
Des oranges, des rouges, des violets, des mauves et des ocres, les talents de coloriste de Claude- Emile Schuffenecker ne sont pas à démontrer dans sa représentation des Rochers à Yport. Ami de Paul Gauguin, l'artiste sera vite tenté par les nouveaux courants de peinture passant progressivement de l'impressionnisme au néo-impressionnisme puis au symbolisme.


Étretat, la Porte d'Aval, bateaux sortant du port, Claude Monet, 1889. Étretat étape n˚4.
C'est l'une des nombreuses représentations de la falaise d'Aval d'Étretat faite par Claude Monet. Il s'agit du départ pour la pêche au hareng. Entre 1883 et 1887, Claude Monet séjourne régulièrement à Etretat. Les falaises le fascinent et notamment leur savant modelé qui piège et pulvérise la lumière. Il en tire prétexte pour retravailler et approfondir son art.

Bateaux de pêche, Étretat, Claude Monet, 1895. Étretat étape n˚5.
La falaise et le ciel. Les bateaux et la plage. À Etretat, Claude Monet est fasciné par le site naturel grandiose. En 1885, Claude Monet avait rencontré Guy de Maupassant à Étretat. L'année suivante, ce dernier écrivait : " J'ai suivi Claude Monet à la recherche d'impressions. Ce n'était plus un peintre en vérité mais un chasseur. Il allait, suivi d'enfants qui portaient ses toiles, cinq ou six toiles, représentant le même sujet à des heures diverses et avec des effets différents...".

"Bateaux en construction", Berthe Morisot, 1874
Plus connue pour ses tableaux tout en sensibilité, évoquant des figures familières, Berthe Morisot a pourtant laissé derrière elle une oeuvre riche et variée, dont notamment de nombreux paysages des lieux qu’elle fréquenta. Ce tableau en est le témoignage.  Il date de 1874, une année charnière pour la jeune femme qui a alors 33 ans. Depuis dix ans, elle expose  régulièrement au Salon officiel et son talent est désormais reconnu. Mais pour Berthe Morisot, la peinture va emprunter d’autres chemins qui siéent mieux à ce tempérament libre et indépendant. En 1868, elle a fait la connaissance d’Edouard Manet dont elle est devenue le modèle favori et qui l’introduit dans un milieu de jeunes artistes, désireux d’explorer des voies nouvelles. Le tournant a lieu précisément durant cette année 1874, lorsqu’à l’invitation de Degas, Berthe Morisot décide de prendre part activement à l’exposition organisée en avril par le groupe bientôt qualifié «d’Impressionnistes» chez le photographe Nadar. Elle sera la seule femme participante et présentera neuf de ses oeuvres qui, comme les autres, ne seront pas épargnées par la critique officielle.
Parallèlement, 1874 est aussi l’année où elle épouse Eugène Manet, frère d’Edouard. Les Manet et les Morisot se côtoient en effet régulièrement et cet été 1874, ils se retrouvent à Fécamp où la tante Boursier possède une belle villa sur le haut de la falaise. Berthe et Eugène peignent ensemble et posent leur chevalet devant ce chantier de construction sur le port de Fécamp. L’histoire dit même que c’est précisément alors que Berthe est en train de peindre ce tableau à ses côtés, qu’Eugène lui aurait déclaré ses sentiments. Les fiançailles auront d’ailleurs lieu à la fin de l’été et le mariage sera célébré en décembre de la même année.
Le tableau montre une touche déjà libre et fluide. Une clarté presque laiteuse filtre au travers d’un ciel encombré de nuages et illumine les coques placées en cale sèche. Dans son style, Berthe Morisot a déjà pris de la distance avec son maître Manet, pour s’orienter vers une palette plus claire qui convient bien à une peinture de plein air. Le ton est juste, le tableau équilibré restitue à merveille toutes les vibrations qui parcourent l’atmosphère.


"Sur la Falaise", Berthe Morisot, 1873
De Berthe Morisot, on retiendra d’abord un visage, celui de la dame au chapeau noir, au regard sombre et ardent, promesse d’un tempérament qu’on devine à la fois doux et volontaire. Mais derrière ce sublime et célèbre portrait peint par Manet en 1872 «Berthe Morisot au bouquet de violettes» , se cache surtout la femme peintre, la première à se rallier au mouvement impressionniste et dont l’influence sur ses pairs est maintenant reconnue.
Berthe Morisot apprend très jeune le dessin. Née dans une famille bourgeoise - son père est préfet dans le Cher - mais ouverte aux idées nouvelles et qui l’encourage, elle fait preuve, tout comme sa soeur Edma, d’un talent précoce. C’est en exécutant des copies au Louvre qu’elle rencontre Edouard Manet à l’âge de 27 ans.  Entre eux, se noue très vite une forte amitié.  La jeune fille devient son élève puis son modèle favori, avant d’entrer même dans la famille en épousant son frère Eugène. Très influencée par ce maître à la puissante personnalité, figure tutélaire d’une nouvelle génération d’artistes, Berthe Morisot n’en suit pas moins son propre chemin pictural. Avec Corot, elle a appris la peinture de paysages et s’est initiée au plein air. Mais dans ce cadre de nature, elle aime placer ses personnages, figures familières d’une vie  tournée vers les joies simples du bonheur familial.
Avec ce petit format, brossé sur le motif à l’aquarelle et rehaussé de gouache et de quelques coups de crayon rapides, on retrouve ce regard de tendresse que Berthe Morisot porte sur ceux qui l’entourent. Sur la falaise des Grandes-Dalles, assises dans une herbe sauvage, une mère et sa fille contemplent l’horizon marin: instant de quiétude partagé, avec pour arrière-plan, la falaise des Petites-Dalles. C’est Edma, sa soeur et ancienne compagne de peinture qui a servi de modèle avec sa fille Jeanne. Tout comme elle sera le sujet principal de «La lecture», oeuvre majeure de Berthe Morisot, peinte durant ce même été 1873 alors que les deux soeurs se sont retrouvées aux Petites-Dalles. La touche est légère, l’air transparent. L’harmonie du dessin tient dans l’équilibre des formes et comme souvent chez ce peintre, le jeu des blancs devient prétexte pour accrocher la lumière. 


"Les falaises des Petites-Dalles", Claude Monet, 1880
Avec  son installation à Argenteuil en 1872, Monet s’est consacré pendant plusieurs années à la peinture des bords de Seine : cette période arrive maintenant à son terme. A 40 ans, si sa situation financière semble s’être stabilisée, Claude Monet est à un tournant de son existence. En choisissant Vétheuil comme nouveau port d’attache, il s’est un peu rapproché de cette Normandie natale où il a conservé encore une bonne partie de sa famille. Et après la mort en septembre 1879 de Camille, sa première épouse, il va devoir réorganiser sa vie. Un an après, Monet se rend ainsi à Rouen chez son frère Léon qui l’emmène passer quelques jours dans la station des Petites-Dalles où ce dernier possède une villa. C’est là que le peintre exécute cette toile, en septembre 1880. Il est déjà venu à Fécamp douze ans plus tôt, mais cette fois, appréhende le littoral avec un oeil nouveau.
Son rêve d’une peinture en communion avec la nature semble trouver ici son aboutissement. Inspiré, Monet se lance alors dans une série de marines qui sont accueillies avec succès. Durant l’hiver 1881, il a d’ailleurs renoué avec le marchand d’art, Paul Durand-Ruel qui partage son enthousiasme et lui assurant un certain confort financier, lui permet de s’adonner pleinement à ce travail. Ainsi, à la fin de l’hiver, Monet est déjà de retour sur la côte, cette fois à Fécamp et ne cessera dès lors d’arpenter le littoral  pendant près de cinq années. Il y composera des vues de Fécamp, de Pourville, d’Etretat : au total quelque 150 toiles voient ici le jour, qui annoncent déjà l’intérêt du maître pour les séries. Monet se passionne pour cette mer dont il veut tout comprendre. Des heures durant, il observe les flots qui s’acharnent contre la grève et se répandent en lambeaux d’écumes. Les falaises le fascinent, non pour leur pittoresque mais pour cette faculté révélée de piéger la lumière. Sous le pinceau de Monet, le paysage n’est soudain plus que vibration. Ici, une harmonie de tons bleus, rompue de quelques éclats d’un soleil rougeoyant au centre de laquelle s’attardent de fines silhouettes, esquisses presque fondues dans la matière du paysage, entre ciel et mer, à la merci des flots.

Crinolines sur la plage, Jules Noël

Depuis 1871, les Fécampois ont quelque peu colonisé la falaise et sur la plage, les lavandières et les femmes en crinolines ont disparu pour retrouver finalement leur place au Musée de Fécamp. Au-delà de son intérêt pour les lumières, Jules Noël dépeint, comme un témoignage historique, un rivage où se côtoient toutes les couches de la société. Spécialisé dans les paysages maritimes, il est surtout connu pour ses vues de Bretagne.
Il passe néanmoins à plusieurs reprises “goûter” les couleurs changeantes du ciel normand. Son attachement à peindre les atmosphères et les lumières pourrait l'ajouter à la liste des peintres qui ont annoncé l'Impressionnisme, mais Jules Noël aime tout autant travailler dans son atelier pour composer ses sujets et soigner la finesse de son trait. Artiste inclassable et au talent éclectique, à la croisée de tous les courants de son temps, il rencontra, à son époque, un beau succès.



Positionnement des tables impressionistes.