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''Vallée de la Seine itinéraire autour du fleuve''

Publié : Il y a 5 ans

La mer mais également les bords de Seine et le fleuve aux couleurs si changeantes ont fortement inspiré les Impressionnistes. Entre La Bouille, Sahurs, Caudebec-en-Caux, Alfred Sisley ou encore Eugène Boudin succombent à ce décor aux subtiles lumières.

La Seine à La Bouille, coup de vent, Alfred Sisley, 1894. Le fleuve à la Bouille étape n˚2.
Il aura suffi d'une légère bourrasque pour que le tableau subitement prenne vie : une voile blanche à peine déstabilisée, une touche un peu plus énergique qui donne du relief aux peupliers, quelques nuages tourbillonnant précipités sur l'horizon bleuté.
La Seine à La Bouille, coup de vent est d'ailleurs l'exact pendant du Sentier au bord de l'eau à Sahurs, le soir, peinte elle aussi à l'été 1894. « C'est un maître égal aux plus grands » disait de lui Camille Pissarro. Pourtant, Alfred Sisley meurt à l'âge de 60 ans dans la solitude et le dénuement. Ce n'est qu'à titre posthume que le public découvrira et appréciera son art.



La Seine à Caudebec-en-Caux, Eugène Boudin, 1889. Le fleuve à St-Nicolas-de-Bliquetuit étape n˚3.
Un bateau passe sur les eaux douces et nacrées du fleuve. Au milieu d'une cuvette formée par les pentes arrondies de la vallée de la Seine, verdoyante, le clocher de l'église s'élève au centre du village, tandis qu'un panache de fumées grises s'envole au-dessus des maisons.
En cette année 1889, Eugène Boudin qui vient de perdre sa femme se trouve dans un profond désarroi. Sans conviction, il se réfugie alors dans le travail et s'essaye sur des sujets inédits. C'est ainsi qu'il vient en séjour à Caudebec-en-Caux pour y peindre une petite série. Lui-même avouera d'ailleurs ne pas être revenu très enthousiaste.

"Entre Quillebeuf et Villequier",William Turner, 1832
Plus d’un demi siècle avant les Impressionnistes, les fleuves passionnent déjà les Romantiques anglais.  Cette aquarelle de Turner en est le témoignage. L’eau est un thème récurrent de l’oeuvre du peintre, prolongement mystérieux des variations atmosphériques et sujet inépuisable d’émerveillement pour cet autodidacte obsédé par la couleur et la lumière. Turner est un précurseur. Artiste précoce, grand voyageur, il se pose en observateur d’une nature qu’il sublime au gré de son imaginaire. Et son appétit de découverte est sans limite. Régulièrement, il traverse la Manche, carnet de croquis en main, à la recherche de nouvelles émotions. Pour le compte de l’éditeur anglais, Charles Heath qui lui propose le projet ambitieux d’illustrer en gravures les paysages fluviaux de l’Europe, il entreprend même un travail systématique autour des grands cours d’eau du continent. Tout devient alors pour lui matière à peindre : la nervosité des eaux, le chaos des ciels, la courbure des berges, le modelé de la pierre, les foules onduleuses. Comme un reporter envoyé en mission, il accumule, en travailleur infatigable, les études et les croquis dont il se sert ensuite pour composer d‘autres oeuvres plus abouties en atelier. La Seine retient tout particulièrement son attention. Entre 1821 et 1832, il la sillonnera à quatre reprises et en rapportera plus de 300 aquarelles, n’hésitant pas souvent à réinterpréter les lieux. Caudebec en Caux, Duclair, Jumièges, Rouen, sa cathédrale mais aussi le Havre et ses environs, l’embouchure de la Seine, Tancarville et Quillebeuf. Dans cette aquarelle peinte sur le plus grand méandre de la Seine, dont la dangerosité est rappelée par la petite balise placée dans le coin gauche de l’oeuvre, on retrouve les couleurs qu’affectionne Turner : aux tons bleus verts d’un paysage tout en transparence, s’opposent les ocres et blancs lumineux du sujet que sont ici les bateaux. A droite, l’église d’Aizier fait écho au bourg de Villequier perdu dans le lointain de la rive opposée. Au centre, le puissant panache des remorqueurs escortant les navires, donne à l’oeuvre sa force dramatique et montre l’intérêt que Turner portait aussi aux progrès de l’industrie moderne. Par sa composition, l’oeuvre préfigure d’ailleurs une autre plus tardive et restée célèbre, The Fighting Temeraire.


Le Sentier au bord de l'eau à Sahurs, le soir, Alfred Sisley

Dans l'air éclaboussé de rose, on imagine le bruit de l'eau et la brise frissonnante qui argente les feuilles. C'est un bonheur simple, celui de marcher sur un chemin de terre qui court entre les herbes et le fleuve. Au loin, une voile blanche danse sur la Seine et entraîne l'oeil dans sa fuite mystérieuse, vers l'horizon éclairci. Cinq ans avant sa mort, Alfred Sisley vient rendre visite à son ami rouennais François Depeaux. Loin de la ville, il aime marcher le long de la Seine, y poser son chevalet et laisser errer son regard jusqu'à repérer un point d'équilibre. Alfred Sisley est avant tout un paysagiste. Impressionniste de la première heure, l'artiste restera fidèle jusqu'au bout à ses principes fondateurs : le travail en plein air, la division des tons, le choix des couleurs claires et l'explosion des contours.



Positionnement des tables impressionistes.