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Alain Lefèbvre : Le savoir hêtre

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Publié : Il y a 4 ans

Lorsqu’il était petit, Alain Lefèbvre partageait, dans l’atelier de l’entreprise familiale, le travail des employés qui fabriquaient à la main des caisses en bois. Aujourd’hui, plus un seul homme ne manipule une planche à la main et la petite entreprise est devenue un groupe présenté comme le numéro deux mondial dans l’exploitation de bois de hêtre. Dans ses rangs : 500 personnes réparties dans 6 unités de production en france et en Roumanie.

C’est au coeur de la forêt d’Eawy, l’une des plus belles hêtraies d’Europe, la deuxième de france en superficie, que l’histoire commence. Avant la Seconde guerre mondiale, le grand-père d’Alain Lefebvre, installé sur la commune des grandes-Ventes, ravitaille la moitié des boulangeries de la Seine-Maritime en “petit bois” pour alimenter les fours à pain.

En 1946, son père, qui a repris l’affaire familiale, crée une scierie. il y fabrique des caisses à poissons en hêtre livrées aux ports de Dieppe et de Boulogne-sur-Mer. Au milieu des années 50, pour répondre à la demande du marché anglais qui recherche du bois de qualité pour la fabrication de salons, une nouvelle scierie est créée. En novembre 1962, le père d’Alain décède brutalement. il n’a alors que 20 ans, mais il est l’aîné d’une fratrie de 6 enfants. C’est donc naturellement qu’il prend la direction de l’entreprise. « j’aimais le métier du bois », confie-t-il modestement « et le hêtre en particulier qui présente une qualité mécanique importante, supérieure à une autre essence ». Après quelques années difficiles, Alain Lefèbvre commence à parcourir le monde à la recherche de nouveaux marchés, d’abord en Espagne et en égypte avant d’établir de solides relations avec le Maghreb et l’Asie.

En 1971, une nouvelle scierie est inaugurée aux grandes-Ventes. Les palettes de manutentions ont remplacé les caisses à poissons et la chaîne de travail jusqu’alors manuelle a été automatisée. Pour se diversifier, Alain Lefebvre crée parallèlement un négoce de matériaux, mais il veut aller plus loin : scier du bois, c’est bien, mais fabriquer un produit fini, c’est encore mieux. L’entreprise ajoute, par conséquent, une corde son arc : la transformation du produit. Pour répondre aux attentes du marché mondial, Alain Lefebvre doit maintenant s’approvisionner au-delà des forêts seinomarines qui lui fournissent quand même 100 000 m3 de grumes de hêtres par an.

En 1998, il s’installe alors en Roumanie en y créant de toutes pièces une scierie. « j’ai passé 50 % de mon temps à l’étranger, en dehors de mon foyer », souligne Alain Lefèbvre qui recule pourtant toujours l’heure de son départ à la retraite. En 2000, son frère joël a repris le marché de l’Asie et son fils Arnaud gère depuis 15 ans l’exploitation forestière et la logistique. Au coeur de la forêt d’Eawy, l’histoire de la famille Lefèbvre continue de s’écrire... naturellement !
 

A retenirElle tourne 16 heures par jour. La scierie des Grandes-ventes, qui s’étend aujourd’hui sur 15 hectares, a inauguré, fin 2013, un important programme d’investissements qui a permis de moderniser encore l’unité de production. L’entreprise a également acquis

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