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Cheick Diallo

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Publié : Il y a 5 ans

Une petite maison dans un quartier résidentiel de Rouen, pied-à-terre d’une vie en transit : c’est ici que nous rencontrons Cheick Diallo, architecte-designer de renommée internationale, presque incognito dans sa ville d’adoption où, souvent, il ne fait que passer...
Une ville où l’histoire a pourtant débuté. Quand le jeune étudiant malien s’inscrit à l’école d’architecture,  pensant rejoindre alors le cabinet paternel à Bamako pour une carrière toute tracée. « Mais très vite, j’ai pensé à une autre voie possible », se souvient le futur designer qui poursuit sa formation à l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle à Paris et sans transition commence à dessiner ses premiers objets : des lampes, des couverts puis des meubles, bientôt à l’honneur dans les salons internationaux.
Il engrange les prix, participe en 2004 à la 1ère grande exposition  d’art contemporain africain, Africa Remix. Et se fait un nom.

HOMMAGE. Difficile de définir le style Diallo. A priori, tout le contraire de lui. Des couleurs éclatantes quand il ne s’habille  que de noir et de blanc. Une ligne épurée pour ce bavard invétéré. Il est surtout resté fidèle à ses idées, à cheval sur deux conti- nents. Il veut, par son travail de créateur, rendre hommage aux richesses de l’Afrique, ces trésors d’ingéniosité déployés au fond des ateliers des forgerons, des bijoutiers touaregs, des tresseurs. Au Mali, au Ghana, au Sénégal où il se rend régulièrement, il expérimente, s’inspire, au contact de la rue, des techniques, des matériaux traditionnels  auxquels il donne une dimension universelle . Dans la teinture, le cuir, le tissage, « ces artisans ont de l’or dans les mains ! Et le design est pour eux une vitrine », martèle Cheick Diallo. Design “métissé” plutôt que  design “ethnique”, terme qu’il récuse.
En 1996, il fondait l’Association des Designers Africains et anime des workshops : « il faut valoriser cet artisanat et toutes les possibi- lités qu’il nous offre ! ». 

SECONDE VIE. Pour fabriquer ses objets, Cheick Diallo va se fournir aux Forges de Médine, une vaste décharge à ciel ouvert aux portes de Bamako où se déversent toutes les carcasses de voitures venues d’Europe. « C’est le principe du retour à  l’envoyeur », résume-t-il sans erdre son humour. Faire du   beau avec le vieux. Le sloganest éculé mais chez lui, il prend une tournure plus viscérale.  « Pour nous, c’est juste une question de nécessité ». Avec le temps, il a construit un langage personnel pour étayer sa vision du  monde. « Le design est une quête ». Il ex- plore des pistes et donne un sens à la modernité. Un message humaniste porté aux quatre coins du globe et qu’on espère faire  venir jusqu’à Rouen. À quand donc monsieur Diallo une grande exposition dans la capitale normande ? Son visage s’illumine :  « Je suis ouvert à toutes propositions ! »

En vidéo : 76infos.net/cheickdiallo  


 Son objet  :


À première vue, celaressemblerait à une carotte mais on pourrait aussi  bien y voir un arbre ou un  personnage. Réalisé par un artisan malien à ses heures perdues avec un simple fil de cuivre, l’objet est typiquement de ceux qui inspirent Cheick  Diallo: « On pourrait l’adapter par exemple en couvert ou créer un stylo... » observe-  t-il, en laissant parler son imagination... 

Son actu :
Avec la conception d’une ligne complète de mobilier pour une chaîne de restaurants en Afrique et un travail en cours sur  du mobilier extérieur, l’architecte-designer ne manque pas d’ouvrage. Dans le même temps, il expose également  ses créations jusqu’au 29 décembre 2013 au musée de Charlieu (Loire)  après avoir exposé au musée Dapper à Paris.