Vos services Vos élus Vos sorties
AccueilLoisirs, TourismeDécouvrir la Seine-MaritimePortraitsChristophe Ono-Dit-Biot

Christophe Ono-Dit-Biot

Retour

Christophe Ono-Dit-Biot, écrivain

A 33 ans, Christophe Ono-Dit-Bio reçoit pour son dernier roman « Birmane » le prix Interallié 2007. Une belle évocation d'un pays oublié, par la plume alerte de cet écrivain voyageur au talent désormais reconnu, né à Harfleur, et aujourd'hui directeur du service culture du journal Le Point.

Quand on le questionne sur ses attaches avec la Seine-Maritime, il sent d'abord monter le goût du sel, puis l'odeur de l'herbe verte, les furies du vent brassant la craie. « J'ai grandi à Octeville-sur-mer, à 100 mètres des falaises » se souvient-il ; entre une mère institutrice qui lui apprend à lire et à écrire et un père féru de géologie qui l'emmène ramasser les fossiles. Dans son regard un instant immobilisé sur le passé surgissent comme des images : un trait immensément rectiligne, des balades à flanc de plateau, du Tilleul à Etretat, une mer grise et bleue, la plage du Havre, le port, ses grues enracinées dans le béton et les cargos en transit. « Cette côte m'a toujours donné envie de partir » reconnaît-il. Romanesque A 17 ans, bac en poche, Christophe Ono-Dit-Biot quitte donc le Havre, avec un féroce appétit de vie. Depuis longtemps déjà passionné de littérature, il se verrait bien professeur, dispenser ses conférences de par le monde, ou peut-être archéologue, étudier des carcasses en Sibérie. Finalement il sera journaliste, grand reporter, insatiable observateur avec une âme de globe-trotter, mais avant tout écrivain, le goût du romanesque chevillé au corps.

Parti pour l'Inde à 20 ans, sac au dos, il ne s'arrêtera plus : Cuba, le Laos, Bélize…Dans son bureau parisien tapissé de livres, il filtre quelques bribes de son incessant périple, éparpillé comme les coups de tampon sur son visa. .. puis s'arrête enfin sur ce jour où il a découvert la Birmanie, un pays de contrastes « avec sa dictature monstrueuse et sa beauté renversante ». Il y est retourné cinq fois pour écrire « Birmane ».
La quête palpitante d'un petit journaliste à la recherche du scoop du siècle, sur fond de trafic de drogue et de junte militaire. « La Birmanie est un pays qui me touche », un pays dont le sort aujourd'hui indiffère, un pays oublié et brusquement si tangible pour le lecteur qui se laisse emmener. « Je crois beaucoup à la puissance du roman pour frapper l'imaginaire » lance l'écrivain.

Chacun de ses ouvrages cache une forme d'engagement personnel. Celui qui à 20 ans créait son « journal de l'énervé », premier journal en ligne - mais préfère désormais laisser le « blog » aux autres - aime donner son regard sur les choses ; « un regard plutôt qu'un point de vue : trop de gens aujourd'hui ont un point de vue ». Ses voyages ont installé de la distance et le gardent « de donner des leçons » : « Ce qui m'intéresse, c'est d'éclairer mes lecteurs, de rendre compte des mouvements de la vie » ; toujours en prise avec la réalité, la marche du monde, Christophe Ono-Dit-Biot brûle l'existence avec frénésie pour conjurer la routine.

Avec déjà un prochain roman dans la tête et sans doute, un nouveau voyage..

Ses livres : Désagrégé(e) (2000),
Interdit à toute femme et à toute femelle (2002)
Génération spontanée (2004)
et Birmane (2007) ed. Plon