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Frédéric Lemaître

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Publié : Il y a 5 ans

Inutile de l’appeler sur le portable. « Il a pris l’eau », prévient-il. Le teint cuivré par un soleil lointain, l’homme rentre d’un mois en Nouvelle Calédonie où il a encadré de jeunes sportifs. Frédéric Lemaître est apnéiste. Passionné depuis l’enfance, après avoir tenté l’escrime, l’escalade, les raids et le triathlon. Mais on sent bien qu’avec la mer, il y a comme une histoire qui date. «J’ai toujours été dans l’eau », lâche-t-il comme une évidence. Il se souvient tout minot quand il sautait des falaises ou partait chasser le mérou à Majorque avec ce père militaire qui a lui transmis ses premières sensations.

C’est finalement en 1998 qu’il se jette vraiment à l’eau en créant son premier club en Auvergne, le CASC qui existe toujours. « Mon objectif, à l’époque était de reconstruire la gueuse de Jacques Mayol et de la tester ! », sourit-il encore. L’apnée fait rêver. L’image de ces grands fonds où l’homme, dissout dans une nuit liquide, renoue avec le silence, nous rappelle nos origines et distille ses vertus apaisantes. Quand ne restent plus que les fonctions vitales, que le rythme cardiaque qui ralentit jusqu’à ce que toute pensée nous ait déserté. « Il y a bien sûr une philosophie dans ce sport », convient Frédéric Lemaître. Une quête d’aventure et de liberté. Faire corps avec le milieu marin. De là à s’identifier à la génération du Grand Bleu... « Pas franchement », admet-il. « Le No Limit est une discipline de l’extrême qui n’est pas représentative du monde de l’apnée ». La question qu’il se pose plutôt, c’est jusqu’où peut-on aller sans risque, maîtriser une performance ? À l’Université de Rouen où il officie en STAPS comme enseignant chercheur, Frédéric Lemaître est surtout connu pour sa rigueur, indispensable quand on aborde le sujet de l’apnée.

Pour progresser, il n’y a pas d’autre secret que l’entraînement. Mesurer, observer, tester. Faire connaissance avec ce corps. Pour que chaque geste devienne une conquête. Éduquer le mental à résister à notre envie de respirer. Le tempérament du sportif rejoint alors celui du chercheur qui n’a jamais fini d’approfondir sa compréhension de l’apnée. Détenteur de plusieurs performances, dont 6 minutes 35 en apnée statique, il a surtout à coeur de transmettre son expérience en tant qu’instructeur. Capitaine de l’équipe de France 2012 et sélectionneur aux championnats du monde de Nice 2012, il entraîne les meilleurs mais chaque semaine aussi, dans les bassins de l’île Lacroix à Rouen, la section apnée de l’Association Sportive Rouen Université Club qu’il a créée il y a 4 ans. Et dès qu’il peut, c’est cap sur la mer. Les mers bleues du sud, chaudes et cristallines... À moins qu’une envie subite ne le prenne d’aller tremper les palmes au large du Havre ou de Dieppe. Il paraît qu’on peut y chasser de beaux bars sur les épaves...

Son objet fétiche
Son cardio-fréquencemètre, indispensable pour mesurer le rythme cardiaque qui, au repos, pour ce sportif, varie autour de 50/60 pulsations minute. Mais le petit coup de stress d’avant la plongée le fera grimper jusqu’à 100 avant de se stabiliser au fond à 35/40. Souvent dans un état de semi-conscience...

Son actu
Une remise à jour de l’ouvrage collectif qu’il a coordonné L’apnée, de la théorie à la pratique (Ed. Universités de Rouen et du Havre) est prévue pour 2013 tandis qu’un autre livre se prépare, cette fois, sur l’entraînement... Il participe également à des programmes de recherche sur les AVC, la syncope et la mort subite.
Côté compétition, il espère se qualifier en 2013 pour les championnats du monde de Kalamata en Grèce (apnée en mer) et de Belgrade en Serbie (apnée en piscine).





 

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