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Let's Rock Jérome Soligny

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Publié : Il y a 5 ans

Un synthétiseur à la verticale, des fûts de bières, un juke-box préhistorique : le Bistrot, rue Coty au Havre, respire le rock. L’homme prend place, habillé élégamment et rasé de près. Jérôme Soligny a le sourire. Il est ici dans son antre, découvert lors de ses années lycée, lorsque lui, le minot de Caucriauville descend étudier dans la ville basse.

À une époque où les mâles de son âge n’ont d’yeux que pour les exploits footballistiques de Saint-Etienne, il écume les disquaires. Sa passion pour le rock remonte à ses 11 ans et à 3 disques reçus en cadeaux : “Hunky Dory” de David Bowie, le premier album de Roxy Music et “Killer” d'Alice Cooper. Un triple choc et une évidence : sans la musique, sa vie serait une erreur. Dès lors, il joue, écrit, compose avec un appétit vorace ; la presse musicale remarque son groupe, les Lipstick, et un jeune chanteur qui débute lui déclare « un jour, je chanterai tes chansons », il s’appelle étienne Daho. De leur collaboration naissent des pépites : Duel au soleil, La Baie, La Vie Continuera. Au fil des ans, la “patte Soligny” s’étend et s’entend de plus en plus, chez Indochine, Lio ou Dani, par exemple. Mais quand on le questionne sur la génération rock d’aujourd’hui, il reste dubitatif et son visage prend l’expression d’un œnophile qui aurait découvert le vin avec un Romanée-Conti et à qui l’on proposerait du Beaujolais nouveau.

Parallèlement à ses créations musicales, il écrit un livre sur Bowie (dont le nouvel album sort le 12 de ce mois) et fait la connaissance d’un héraut français du riff et de la déflagration électrique, Philippe Manœuvre. Il intègre la rédaction de Rockn’Folk. Coldplay, Bryan Ferry, Paul Mc Cartney : il rencontre les plus grands dont certains deviennent des amis qu’il revoit encore fréquemment. Et s’il côtoie le firmament du rock, il n’oublie en rien ses origines. Issu d’une famille où l’on était pilote de bateau depuis Louis XIV, la Seine fait partie de son ADN. Le Havre a également été le berceau de nombreuses et fortes amitiés qu’il a conservées, si l’on excepte celle d’un ami très cher, fauché par une maladie inconnue alors : le sida. En se rendant récemment sur sa tombe, une évidence, une autre, s’est imposée : écrire son histoire, leur histoire. Cela deviendra un livre Je suis mort il y a 25 ans, le récit doux-amer d’un destin cisaillé par la mort. En étant ce « musicien qui fait du journalisme », mais aussi de la traduction, des conférences et de la photo, Jérôme Soligny change autant d’activité que de fuseaux horaires, et ce, « de Paris à New York en passant par Londres ». Mais, quand il raconte l’histoire de son ami disparu et que ses yeux commencent à briller, il semble voyager plus loin encore.
 

Son objet :

« Sans grande surprise, c'est mon ukulélé, que j'emmène un peu partout avec moi. à Paris, en week-end, chez mes amis. Au Havre en été, je l'emporte presque toujours et gratouille dans mes repaires, le Bistrot, la Lucciola. Je rassure : je ne joue pas fort, mais assez pour composer des "petites chansons" comme "High High The Tide", extraite de mon dernier EP (publié chez Believe). »
 

Son actu :

Cet automne verra deux parutions : Writing On The Edge, livre compilant ses articles augmentés du récit de son parcours et traitant 50 figures majeures de la musique (édition La Table Ronde). Réédition en poche de Je suis mort il y a 25 ans (édition La Petite Vermillon).  Un “prequel” à cette histoire et un nouvel album de chansons “The Win Column” sont prévus pour 2014.

 

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