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Patrick Buteux

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Patrick Buteux, le perruquier de sa ville

A 56 ans, et ... quelques cheveux blancs, le rouennais Patrick Buteux est le dernier représentant d'une lignée d'artisans perruquiers. Visite d'atelier...

Hérédité. Tout commence dans les couloirs de l'opéra de Rouen. À l'heure des répétitions et des séances d'essayage. « Je suis la troisième génération de perruquier », prévient Patrick Buteux. On n'échappe pas à son destin. À 14 ans, il approche la scène comme figurant ; à 18, il est à pied d'oeuvre dans le salon de coiffure familial et le soir fait la petite main dans l'atelier de perruquier du père. « C'est un métier que l'on apprend en regardant ». Si le nom de Buteux l'a précédé, le talent n'a pas attendu les années. D'une main, il feuillette son book, émaillé de souvenirs comme un vieil album de famille ; de savantes coiffures dégringolant sur des costumes étincelants. En quarante ans, il en aura habillé des têtes ! Des opéras de Tours, Metz, Nancy ou Bordeaux aux Chorégies d'Orange, façon clown ou Pompadour, pour le Lido, le Moulin Rouge ou le cinéma, les doublures de stars, les Taillefine et Falbala du Parc Astérix. Avec au passage, quelques commandes spéciales comme cette perruque de 2 mètres de haut réalisée pour une manifestation l'Unicef. Aujourd'hui, ce sont 74 perruques à livrer en deux mois pour la première d'Atys, opéra de Lully le 18 mai à l'Opéra Comique.
Au poil ! Chaque commande sonne comme un nouveau défi à relever. « On travaille à partir des mèches — cheveux naturels ou poils de yack — traitées, colorées puis implantées presque cheveu par cheveu sur le bonnet », explique Patrick Buteux. Tout se fait artisanalement et au millimètre près. Sur l'étagère, les têtes de bois rangées par taille lorgnent vers un sac rempli de bigoudis. Une fois montée, la chevelure sera ensuite mise en plis puis coiffée jusqu'au coup de peigne final. « Je fais alors office de modèle », plaisante-t-il, la tête soudain gonflée d'une perruque XVIIIe. Un soleil de printemps filtre par la porte de l'atelier et rebondit sur les murs blancs, assaillis par le cliquetis répétitif d'une machine à coudre. Être réactif, ponctuel, c'est la force de ces derniers artisans, travailleurs de l'ombre, face au déferlement sur le marché de la perruque asiatique. « Dans tous les cas, c'est un métier qu'il faut exercer avec passion » ; ne pas compter ses heures, même si certains jours, dans le feu de l'action, avoue le perruquier, on ne sait vraiment plus où donner de la tête.