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Richard Patry

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Publié : Il y a 5 ans

À la tête de plus de 60 salles normandes, cet Elbeuvien s’active hors-champ pour le 7e art.

«Entrez les garçons, bienvenue ! » Posté en bras de chemise derrière la porte battante d’une des cinq salles du Grand Mercure, son cinéma elbeuvien, Richard Patry se reconnaît sans doute parmi ce groupe d’adolescents, venus découvrir la dernière adaptation d’Hansel et Gretel sur grand écran, en ce début du mois de mars. « Dès onze ou douze ans, je quittais le salon de coiffure de mon père un à deux soirs par semaine pour venir m’asseoir ici, au pre- mier rang », se souvient l’exploitant de 49 ans, fondateur de la Noe Cinémas, qui gère plus de 60 salles de proximité en Normandie.

La Grande vadrouille, les films muets de Charlie Chaplin… C’est au contact d’un « cinéma populaire » que le jeune Richard découvre « le bonheur de se couper du monde et d’entrer dans un autre temps. » Mais loin de devenir une passion solitaire, le cinéma offre vite au jeune homme un prétexte à s’engager publiquement et à imposer son style.

Déterminé et volontaire, l’adolescent embarque tour à tour dans l’aventure deux de ses professeurs, avec qui il crée un cinéclub au lycée André Maurois, puis la direction du Grand Mercure, auprès de laquelle il négocie un accès illimité aux séances. En quelques mois, l’implication du lycéen convainc de ses talents d’homme d’affaires. Richard Patry n’est pas encore bachelier lorsqu’on lui offre de reprendre les rênes de l’établissement. Remercié sur fond de pertes en 1986, alors que l’essor des multiplexes menace les cinémas indépendants, l’apprenti businessman se promet, en rendant ses clefs, « de racheter le Grand Mercure si l’occasion se présente ». Un pari relevé un an plus tard. « Je n’avais aucun capital, il fallait décrocher un prêt. Alors je me suis rapproché d’un comptable de la édération nationale des cinémas français. On peut dire que c'est comme ça que j’y suis entré », s’amuse le quadragénaire, devenu président de la structure en janvier dernier. Membre du cercle des happy fews qui siègent au conseil d’administration du festival de Cannes, le gérant attend aujourd’hui avec impatience la première de “Gatsby le Magnifique”, qui en ouvrira la prochaine édition, ce printemps.

L’autre promesse du rendez-vous mondain allie la deuxième passion du cinéphile à la première : un dîner en compagnie de Steven Spielberg. En attendant de le recevoir dans sa maison de verre à Freneuse, où il aime cuisiner pour les gens du métier, en surplomb d’une boucle de la Seine. « Avec les lumières artificielles, la nuit, le fleuve prend de faux airs d’Hollywood », confie cet amoureux du 7e art.

Plus d'infos : www.noecinema.org  

Son objet
« Le livre d’or de mon cinéma d’Elbeuf a une valeur inestimable pour moi. Le réalisateur Michel Hazanavicius m’y rend hommage, car c’est ici qu’il a eu l’idée de tourner “The Artist”. En montant sur l’ancienne scène de théâtred’une de nos salles, d’où il a pu découvrir les sensations d’une projection visionnée de l’autre coté de l’écran… »

Son actu
Membre de longue date de la Fédération nationale des cinémas français, Richard Patry en a pris la tête en janvier dernier. Déjà engagé en son sein dans une réflexion sur le réseau d’art et essai, l’exploitant de salles normandes représentera dorénavant l’ensemble des salles nationales au sein de la profession.