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Tissurbain

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Tissurbain sort sa petite laine

Mais qui se cache donc derrière ce nom de Tissurbain ? Une fondue de tricot ? Un obsessionnel de la maille ? Une artiste foutraque ? Tranquillement, dans sa ville du Havre, Tissurbain tisse sa toile...

Graffitricotage. Elle ne sort jamais avant la nuit tombée. Avec son escabeau et son sac de tricot, une ombre sur le béton nu, elle savoure à l'avance son petit forfait, d'aller poser sa signature quelque part dans la ville : une abeille toute douce, un arceau dans sa doudoune, un poteau habillé comme en hiver ou encore un combiné téléphonique ficelé de rose. Son nom ? Tissurbain. Un nom sans visage. Le mystère fait partie du jeu. Sa passion ? Le tricot de rue ; un mouvement né il y a six ans outre-Atlantique, appelé aussi Yarn Bombing, ou Street-Knitting. Elle, préfère parler de graffitricotage. « Phénomène rigolo, étrange, dérangeant, éphémère et parfaitement inutile », comme elle le définit sur son blog. Mais franchement irrésistible. « J'ai découvert le graffitricotage il y a deux ans sur internet » et à l'occasion d'un voyage à Montréal, elle tombe par hasard sur une installation. « simplement en se promenant ; j'ai trouvé l'idée séduisante ! » Un petit col discret cramponné à un parcmètre.

Terrain de jeu. Pour Tissurbain, une ville ne se résume pas à ses commerces et à ses voitures, « c'est aussi un terrain de jeu, de découverte, de rencontres ». « Et j'aime l'idée de la laine dans la dureté minérale. La laine, c'est la douceur ». Au Havre, elle a déjà posé six installations « et sans acheter une pelote » ! Juste les aiguilles, la matière première c'est de la récupération, auprès des amis, amis d'amis, qui bien sûr n'en connaissent pas la destination. Dans la rue, le tricot devient une œuvre bizarre, incongrue : d'où cela vient-il ? qui se cache derrière ? Avant de disparaître. Pschitt. Un beau jour comme c'est venu. « C'est éphémère », se résigne Tissurbain. Plus tard, son rêve serait de passer à la taille au-dessus. Emballer un arbre ? une voiture ? « Mais il faudrait alors être plusieurs, créer un vrai collectif », lance Tissurbain comme un appel. Un appel à tous les tricoteurs et tricoteuses du Havre et d'ailleurs. Et pas besoin d'être un as : « je ne connais que le point mousse ! », rassure-t-elle. Pour Tissurbain, le graffitricotage c'est avant tout une forme de résistance. Les gens s'arrêtent, sourient, s'interrogent, échangent. Certains se demandent à quoi ça sert. Et là Tissurbain se veut catégorique : « À rien bien sûr ! C'est beau, c'est gratuit, ça prend du temps et surtout ça ne sert à rien ! »

Infos : tissurbain.kif.fr
En vidéo sur www.76info.net/tissurbain