Actualités Pour vous +servir Construire ensemble les solidarités de demain
Construire ensemble les solidarités de demain

Construire ensemble les solidarités de demain

Label patrimoine rural d'intérêt départemental

Riche d'un patrimoine historique et culturel varié, le Département valorise son patrimoine rural comme élément majeur de l'identité locale en développant un label “patrimoine rural d’intérêt départemental”.

Valorisation du patrimoine

Le patrimoine rural recouvre des réalités diverses : des édifices ou ensembles bâtis témoignant d’usage traditionnel (lavoirs, puits, halles, source miraculeuse, …), artisanal et industriel (chemin de halage, moulin, phare, …) ou agricole (colombier, four à pain, ...), aux monuments commémoratifs, ou liés à un évènement ou à un personnage historique (bunker, maisons d’écrivains, …).

Ce label est une alternative permettant de distinguer un patrimoine ayant un intérêt pour le Département d’un point de vue architectural, historique, artistique, scientifique ou traditionnel et de lui donner une visibilité accrue.

Le label apparaît alors comme un outil de mise en réseau et de valorisation d’un patrimoine méconnu, néanmoins complémentaire aux éléments majeurs du patrimoine sur lesquels se concentrent les enjeux touristiques et formant l’identité de notre territoire.

Initiatives locales

La remise du label permet d’encourager les initiatives locales tout en intensifiant le lien entre l’habitant et son patrimoine : ce dernier devient facteur de cohésion territoriale et support de développement.

En s’intéressant à des édifices, des ensembles bâtis ou des constructions témoignant d’usage traditionnel dont la valeur patrimoniale présente un intérêt départemental, le Département souhaite attirer l’attention sur un patrimoine collectif.

Appel à projet

Les deux premières éditions ont permis de mettre à l’honneur 11 biens concernant un patrimoine commémoratif, architectural (religieux et civil) et vernaculaire situés dans une fourchette chronologique entre le 16e et le début du 20e siècle.

Découvrir chaque site labellisé

Photographies et notices historiques sont à disponibles en cliquant sur le site choisi

Visualiser les points d'intérêts sur la carte
ok Trouver ma
position
Label Patrimoine rural
11 RÉSULTATS TROUVÉS
Voir la liste complète
Alvimare (2020)
Les croix des Blanques

76640 Alvimare
https://www.alvimare.fr/

Les croix des Blanques © Département de la Seine-Maritime, Véronique Hénon

Le domaine de Blanques se trouvait dans le village-rue d’Alvimare, créé aux marges du terroir de Cléville. Cette appellation, aujourd’hui topographique, est encore présente, permettant de nommer et d’identifier une chapelle et des croix de chemin. Elle provient probablement de la déformation du nom du seigneur local, Bellengel ou Bennengel.

Cette terre de Blanques était un plein fief de haubert, relevant directement du roi, et s'étendant sur les paroisses d'Aliquerville, de Cléville et de Foucart. La puissance de cette famille s’appuie notamment sur une motte féodale encore visible sur le domaine actuel, à proximité d’une maison forte aujourd’hui associée à la chapelle des Blanques.


Plan de cadastre napoléonien, 1809, ADSM 3 P 3 – 13 © Département de la Seine-Maritime

Cette dernière, dédiée à sainte Barbe puis à sainte Anne, est édifiée en 1518 par Marie de Mauny. Le domaine passe à la famille Poullain de la Choltière en 1537 et plus d’un siècle plus tard, Hélène Poullain agrandit cette chapelle en construisant le narthex : elle fait placer une épitaphe dans le chœur retraçant la généalogie des seigneurs de Blanques… La chapelle, propriété privée, est classée au titre des Monuments Historiques par arrêté du 27 décembre 1974.

La chapelle des Blanques, devant une butte identifiée comme la motte féodale du Seigneur Bellengel. © Département de la Seine-Maritime

La chapelle des Blanques par l’abbé Paul Aubry, ADSM 6 Fi 96. © Département de la Seine-Maritime

Elle se compose d’une nef au chevet à pans coupés, complétée un siècle plus tard par un narthex soutenant un petit clocher d’ardoises à « tinterelle » (petite cloche), datée de 1667 et portant les initiales du fondeur Jean Buret. L’ensemble garde une belle cohérence architecturale, construit sur un soubassement en pierre avec une élévation en pans de bois et une voûte en carène de bateau renversé.

Identifiées sur le même domaine seigneurial et situées sur une route entre Alvimare et Ecretteville-lès-Baons, deux croix, dites croix des Blanques, se font face.


Les croix des Blanques, ADSM 6 Fi 10 359 © Département de la Seine-Maritime

La croix la plus haute et la plus ancienne est classée au titre des Monuments historiques depuis 1913 et directement bordée par la route d’un côté et un champ de l’autre.

   

Arrêté de classement de la croix la plus haute. © Département de la Seine-Maritime

Son socle de section triangulaire, en maçonnerie de pierre de moyen appareil, est mouluré aux angles et arasé sur la partie supérieure. Il repose sur des emmarchements présentant une allure effilée. Le fut se développe ensuite sur une grande hauteur, l’ensemble mesurant près de 9 mètres. Il est coiffé d’une croix en pierre fleuronnée. Si le socle est daté du 15e siècle, la croix terminale qui avait disparu a été remplacée au 19e siècle. La croix est orientée : le croisillon présente un Christ regardant l’ouest, le passant le regardant à son tour tourne les yeux vers l’est…

    

Détails de la croix la plus haute et la plus ancienne : base triangulaire, croix sommitale. © Département de la Seine-Maritime

Les architectes et les historiens se sont interrogés sur ce socle massif et travaillé : s’agit-il du remploi d’un élément architectural non identifié ? Pour quelles raisons a-t-il été arasé ? pour le moment, aucun indice ne permet de trancher.

De l’autre côté de la route, la croix la plus petite, non protégée au titre des monuments historiques, est en retrait, au sein d’une parcelle agricole. De facture plus modeste, elle présente deux marches de section quadrangulaire et une croix monolithe de section hexagonale. Si l’abbé Cochet écrit qu’elle est « moderne », elle pourrait être datée du 18e ou du début du 19e siècle.


La croix la plus « modeste » et son environnement. © Département de la Seine-Maritime

D’après Cochet, sans qu’aucune source ne l’atteste, une première restauration aurait été réalisée par le baron d’Alvimare en 1842. Si la grande croix appartient à la commune, la plus petite est située sur les terres labourables d’un agriculteur qui, dans les années 1960, souhaitait la céder à la commune, dans l’espoir qu’elle soit déplacée près de l’église. Mais c’est bien le dialogue et la symétrie entre ces deux croix qui en font leur intérêt patrimonial. Et malgré l’accord donné par le préfet, le conseil municipal refuse le déplacement.

La croix des Blanques en 1840, dessin de Lesage, publié dans Les manuscrits de Louis-François LESAGE (1762-1851) sur Caudebec et ses environs par Bruno PENNA. ADSM 944.25 PEN M

Une restauration est menée par la commune en 1977, puis quarante ans plus tard, complétée par la création d’un aménagement paysager.

Deux croix qui se font face restent un mystère. Qui dit mystère, dit légende.

La plus connue est rapportée par A. Guilmeth (1838), qui affirme que ces croix auraient été érigées par la fille du seigneur des Blanques, une certaine Jehanne de Bellengues, « d’une beauté ensorcelante ». Courtisée à la fois par le seigneur d’Auzouville et par celui d’Auberbosc, elle refuse de choisir et les deux chevaliers se battent « en un furieux duel » jusqu’à y laisser tous les deux la vie. La plus grande croix serait en mémoire du sieur d’Auzouville, que la belle préférait en secret et l’autre à celle de son rival. 

Une autre légende rapporte cette fois que ces croix auraient été dressées à la mémoire d’un soldat français et d’un soldat anglais, morts face à face pendant la guerre de Cent Ans. La plus haute croix serait à la mémoire du Français…

Mais plus vraisemblablement, ces croix indiqueraient les limites de deux paroisses ou de deux seigneuries, probablement entre les domaines de Cléville et celui de Blanques, dont la rivalité semble attestée dans les sources archivistiques.

Ces croix marquent un carrefour qui n’existe plus aujourd’hui, entre la route communale partant du centre bourg d’Alvimare vers le lieu-dit des Blanques et le chemin de Caudebec à Fauville, visible sur le cadastre napoléonien de 1809.

 

Version anglaise 

https://www.seinemaritime.fr/docs/Ver%20ENG%20NOTICE%20Alvimare(2).pdf

Auzouville-sur-Ry (2019)
Puits fermé
chemin de la côté
76116 Auzouville-sur-Ry


Le puits fermé, vue sur la manivelle avec cliquet anti-retour © Département de la Seine-Maritime

Situé au centre du village, près de l’église et de la mairie, ce puits fermé et couvert est typique du 19e siècle dans son architecture. Acquis par la mairie en 2008, il était initialement inclus dans l’herbage d’une exploitation agricole qui appartenait aux dépendances du manoir seigneurial, aujourd’hui disparu.
 
Le plan d’arpentage de la paroisse d’Auzouville-sur-Ry, dressé en 1750, porte déjà trace de ce puits, situé au sud de l’église. En effet, cette dernière et le presbytère sont édifiés sur des parcelles enclavées dans les terres du Sieur Louis Léonor Pierre Lecarpentier, seigneur d’Auzouville et du Rotoir et conseiller au Parlement de Normandie. La Seigneurie d’Auzouville-sur-Ry est un demi-fief de haubert de création ancienne, relevant de la baronnie et de la haute justice de Périers-sur-Andelle.
 
Sur les différents plans d’arpentage et les terriers associés, conservés aux archives départementales, sont élevés, non loin du manoir et de ses jardins à la française, des bâtiments de ferme à usage d’habitation, des granges et écuries, un colombier... Les parcelles sont plantées de vergers, haies vives et portent une mare.
Initialement la mare seule subvenait aux besoins des hommes et des animaux. C’est au cours du 18e siècle, que le puits, permettant l’exploitation gratuite d’une nappe d’eau souterraine, devient l’élément central de la ferme voire du village. Aucun document ne permet de dire quand le puits d’Auzouville a été creusé.
 
Dans le premier quart du 19e siècle, un bâtiment figure sur le cadastre napoléonien à l’emplacement du puits. Que peut-on en déduire ? Le puits aurait-il été fermé ? Intégré dans le bâtiment ? Ou tout simplement oublié par l’arpenteur ? Nul ne peut l’affirmer en l’état des recherches.
Néanmoins, il réapparaît sur le cadastre de 1934. De mémoire d’habitants, le puits était encore en usage dans les années 1960, jusqu’à la mise en place du réseau de distribution de l’eau courante, désormais payante.

 
Plan et arpentage de la paroisse d’Auzouville-sur-Ry, dépendante de la baronnie de Périers-sur-Andelle, fait et dressé par le sieur Poulain (arpenteur des forêts du roi) en 1750 (ADSM terriers 128 et 12 Fi 78) © Département de la Seine-Maritime
 
Le puits d’Auzouville est un puits fermé et couvert, d’une profondeur d’environ 60 mètres, dont le puisage et la réception de l’eau se font par l’extérieur. Le mécanisme mis à l’œuvre ici ainsi que son architecture sont propres au 19e siècle : le puits d’origine avait probablement une autre forme plus classique, peut-être une simple margelle.
 
Tombé en désuétude après l’adduction de l’eau courante dans la 2nde moitié du 20e siècle, le puits s’est lentement dégradé jusqu’à son rachat par la commune en 2007. Une restauration a dû être menée entre 2009 et 2012 par des bénévoles : débroussaillage, reprise de la maçonnerie en ruine, rejointoiement des briques et remise en fonctionnement du dispositif de puisage.

  
Le puits avant sa restauration © Municipalité d’Auzouville-sur-Ry
 
La reconstruction des élévations s’est faite dans un souci de respect de l’existant avec des matériaux présents sur place, ou des matériaux de récupération anciens et de même nature. La charpente a été dimensionnée et dessinée en fonction d’anciennes photographies sur lesquelles elle était encore existante.


Pose de la nouvelle charpente, vers 2012 © Municipalité d’Auzouville-sur-Ry


Charpente vue de l’intérieur © Département de la Seine-Maritime
 
Le puits est creusé directement dans la craie puis constitué sur une hauteur de 5 mètres d’une maçonnerie en silex. La structure en élévation est construite en briques. De forme octogonale, il est percé de 8 arcs plein cintre, dont 6 semi-ouverts, et 2 portes à claire-voie en bois qui se font face. La toiture à 8 pans est en ardoise sur une charpente à coyaux.
De part et d’autre du bâtiment, une manivelle permet d’actionner le dispositif et un robinet de recueillir l’eau puisée.
 
Le mécanisme de puisage se compose donc à l’extérieur d’une manivelle munie d’un cliquet anti-retour permettant d’actionner, à l’intérieur, un système d’engrenages reliés à un axe sur lequel est fixée une poulie. Autour de cette dernière, deux seaux à anse métallique moulurée pendent de chaque côté à une chaîne.
 

Vue du mécanisme depuis l’intérieur : engrenage, poulie, anse d’un seau et réservoir © Département de la Seine-Maritime


Manivelle avec cliquet anti-retour  © Département de la Seine-Maritime
 
En tournant la manivelle, on fait monter un des deux seaux rempli d’eau alors que l’autre, vide, descend au fond du puits. Sur le réservoir d’une capacité d’environ 120 litres, des crochets permettent de harponner le seau plein lors de sa remontée et de s’y vider. L’eau recueillie s’écoule alors vers l’extérieur par le robinet de vidange. Au même moment, le seau vide est descendu au fond du puits. Il suffit de débloquer le cliquet anti-retour situé à côté de la manivelle pour inverser le sens de rotation : on obtient un volume d’eau important plus rapidement !
 
Le puits a été mis en sécurité par un caillebotis métallique à l’intérieur : si le système de puisage fonctionne toujours, il n’est plus activé aujourd’hui.
La nouvelle charpente, la couverture en ardoise, les portes en chêne et le nouveau réservoir en zinc ont été réalisés par des artisans locaux.
 
D’autres puits sont conservés dans le secteur, mais aucun ne présentent les mêmes caractéristiques. Ils sont fermés par une charpente à claire-voie, couverts d’un toit d’ardoises, chaume ou tuiles. Le système de puisage semble plus simple, permettant de remonter un seau, à la force des bras ou avec l’aide d’un cheval. La singularité du puits d’Auzouville est donc évidente !



Version en anglais
http://www.seinemaritime.fr/files/Anglais%20notice%20AuzouvilleSurRy.pdf

Gonzeville (2020)
L'Ecole d'autrefois
rue du calvaire
76560 Gonzeville
https://www.plateaudecaux.fr/tourisme/visiter/gonzeville-un-village-typique-du-pays-de-caux/

© Département de la Seine-Maritime, Véronique Hénon

Plusieurs lois votées au cours du 19e siècle  imposent aux communes d’entretenir une école primaire[1] ainsi qu’un hôtel de ville[2], tout en pourvoyant aux dépenses relatives à l’instruction publique, l’enseignement primaire étant obligatoire depuis la loi Ferry de 1881.

Dans ce contexte, la commune de Gonzeville, qui compte près de 400 habitants au milieu du 19e siècle, possède deux écoles, l’une installée dans une maison presbytérale, l’autre communale, dans un bâtiment en torchis et ossature de bois.

En effet, la commune décide d’édifier une « maison d’école » dès 1854 : un décret ministériel de 1857 « autorise la commune à acquérir de M.Lieury pour 1300 francs une maison avec dépendance pour être appropriée à usage d’école ». Des travaux sont nécessaires pour donner au lieu sa nouvelle fonction.

Plan en élévation et au sol de la maison d’école, 1875, ADSM 1 T 1361. © Département de la Seine-Maritime

Quarante ans plus tard, la commune achète un nouveau terrain, à M. Thoumyre, situé au nord-est de la maison d’école pour y construire une école mixte avec le logement de l’instituteur. Ce terrain de 10 acres planté d’arbres fruitiers doit être aménagé : l’architecte René Martin (1854-1938) propose en 1895 un plan au sol et des élévations de la nouvelle école.

 

Achat d’un terrain au nord-est de la maison d’école, 1895, ADSM 2 O 1027. © Département de la Seine-Maritime

Plan de la nouvelle école mixte avec logement de l’instituteur, par l’architecte René Martin, 1895, ADSM 2 O 1027. © Département de la Seine-Maritime

Peu après, le projet initial se trouve complété par la construction d’une mairie neuve, faisant pendant à la classe. Cela s’inscrit dans le déploiement sur le territoire de la République des mairies-écoles, en ville comme à la campagne. Ces bâtiments communaux varient selon la taille et les moyens de la commune, mais répondent aux mêmes besoins, liés aux responsabilités communales : siège de la mairie, école (filles et garçons) et logement de l’instituteur (souvent secrétaire de mairie).

La nouvelle mairie-école de Gonzeville, qui répond aux besoins édictés dans les textes ministériels, est ouverte en 1901 et la commune poursuit l’achat de fourniture et mobilier scolaire au-delà de cette date.

Il est décidé de transformer une partie des anciens bâtiments ayant alors usage de classe et de logement de l’instituteur en préau couvert pour les filles, en buanderie et en cellier.

L’ancienne maison d’école, reconvertie en préau ouvert. © Département de la Seine-Maritime, Véronique Hénon

Ce préau abrite encore aujourd’hui plusieurs cartes géographiques peintes sur les murs en torchis, témoignant de son usage passé.

À une carte de l’Europe, dont il ne reste que le cartouche l’identifiant, et à une carte, peu lisible (représentant les cours d’eau ou le découpage administratif de la France), s’ajoute une carte de la Seine-Inférieure.

Toutes sont encadrées d’un liseré de couleur et portent leur titre dans un cartouche bleu.

Carte de la Seine-Inférieure avec son cartouche supérieur. © Département de la Seine-Maritime, Véronique Hénon

La salle de classe reste en usage jusqu’en 1992, date à laquelle, à cause du nombre décroissant d’élèves, l’école est rattachée à Doudeville.

L’école a été reconstituée avec le mobilier resté en place, complété avec l’objectif de créer un lieu de visite proposant un saut dans le temps, dans une classe des années 1950. L’École d’autrefois, à Gonzeville, est née.

Autour du poêle, sont disposés des bureaux d’élèves à encrier, faisant face au bureau de l’instituteur sur son estrade. Aux murs sont suspendues cartes géographiques et planches d’histoire naturelle. Le matériel pédagogique est rangé dans des armoires en fond de classe.

   

Les bureaux d’élèves autour du poêle et son seau à charbon. Cartes et planches aux murs. © Département de la Seine-Maritime

Les visiteurs sont ramenés à leurs propres souvenirs de scolarité, notamment à l’époque du certificat d’études primaires. D’ailleurs, ils peuvent être mis à l’épreuve d’une dictée ou d’un problème mathématique, à résoudre sans calculatrice et à la plume !!  

     

L’ambiance de classe des années 1950. © Département de la Seine-Maritime, Véronique Hénon

Avis aux nostalgiques !

Ce village recèle d’autres patrimoines à découvrir : église Saint-Samson, manoirs et belles demeures dans un environnement préservé …

 

[1] Loi sur l’instruction primaire du 28 juin 1833, dite loi Guizot et Loi du 15 mars 1850 relative à l’enseignement, dite loi Falloux.

[2] Loi du 5 avril 1884 relative à l’organisation municipale.

 

Version anglaise

https://www.seinemaritime.fr/docs/Ver%20ENG%20NOTICE%20Gonzeville.pdf

Pissy-Pôville (2020)
Eglise Saint-Martin

76360 Pissy-Pôville

L’église Saint-Martin, façade sud. © Département de la Seine-Maritime

Sur le plateau entre les vallées du Cailly et de l’Austreberthe, s’étend la commune de Pissy-Pôville née de la fusion de deux hameaux, par ordonnance du 22 mai 1822. Pissy et Pôville sont donnés à l’abbaye de Fécamp par le duc Richard II en 1006 pour être incorporés à la baronnie de Saint-Gervais : chaque paroisse possède son église, mentionnées dans les sources. L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Pôville est détruite durant l’ouragan de 1818.

L’église Saint-Martin, de Pissy, fortement remaniée aux 16e et 17e siècles, porte des traces plus anciennes. D’un plan au sol allongé, l’église présente un chevet plat adossé de contreforts. Le clocher octogonal surmonte la façade, cette dernière est ouverte par une porte cintrée. Les baies présentent des arcs en anse de panier mouluré. L’appareillage se compose de silex et de pierre, les briques sont utilisées en façade comme motif décoratif. La sacristie de 1947 est adossée au mur sud de l’édifice.

L’intérieur de celui-ci a été remanié probablement lors de l’aménagement du chœur suite à la réforme liturgique de Vatican II : les stalles ont été repoussées dans le chœur et tournées vers la nef, les autels latéraux ont été supprimés.

Intérieur de l’édifice depuis l’entrée vers l’est, cliché sur verre de Robert Eude, s.d., ADSM 11 Fi 1611. © Département de la Seine-Maritime

Le mobilier présente une homogénéité, les pièces majeures, dont la chaire et le maître-autel de belle facture sont datés du 18e siècle. L’ensemble est complété par des fonts baptismaux, bancs, confessionnal et poutre de gloire en fer forgé du début du 19e siècle.

Vue d’ensemble du maitre-autel. © Département de la Seine-Maritime

Le maître-autel, adossé au chevet, se compose d’un autel tombeau, entouré de lambris moulurés rehaussés d’or. Le retable est ouvert par une baie vitrée, accueillant aujourd’hui une verrière de Devisme, installée vers 1964-65 (la plupart des vitraux de l’édifice ont été soufflés par un bombardement de V1 pendant la Seconde Guerre mondiale).

L’ensemble est surmonté d’une gloire et de deux médaillons abritant une toile peinte, représentant une Vierge d’un côté et un Christ aux liens de l’autre. Les registres de la paroisse (ADSM G 8457) attestent que Noël Jouvenet, peintre sculpteur de son état, est intervenu dans l’église pour 39 livres en 1618, sans précision sur les travaux réalisés. Un sieur Jouvenet, en famille avec le précédent (un fils ? un frère ?), réalise une marche au maître-autel 30 ans plus tard.

Les Jouvenet forment une dynastie d’artistes réputés sur Rouen, tant en sculpture qu’en peinture, travaillant à des projets d’envergure sur les églises rouennaises : gloire et médaillons peints sont d’ailleurs représentatifs d’objets d’art ornant des édifices majeurs.

       

Détail de la gloire et des médaillons peints. © Département de la Seine-Maritime, Véronique Hénon

Un large chantier de restauration a été mené par la commune, entre 2015 et 2019, offrant à l’édifice une mise en beauté extérieure et intérieure.

Dans le cimetière, deux monuments commémoratifs interpellent.

Le monument aux morts des deux guerres mondiales, se compose d’une large colonne, surmontée d’un coq, symbole patriotique fréquent. Les archives sont peu bavardes quant à la commande de ce monument, mais le coq est une œuvre de série proposée sur catalogue par une société de fonderie, qui pourrait être celle de Chapsal frères.

  

Monument aux morts. © Département de la Seine-Maritime, Véronique Hénon

Plus loin, une tombe est également érigée en mémoire des ouvriers britanniques, tués en 1845 lors d’un éboulement pendant la construction du tunnel SNCF sur la ligne Rouen – Le Havre. La tradition veut que les ouvriers morts doivent être enterrés sur place et non rapatriés, le maire a donc vendu une concession à perpétuité aux autorités britanniques.

Cet évènement rappelle qu’un tunnel ferroviaire construit au 19e siècle traverse la commune, reliant la vallée du Cailly à celle de l'Austreberthe entre les hameaux de Frévaux et des Marivaux. Notons que ce tunnel sert de toile de fond au roman d'Emile ZOLA "La bête humaine".

   

Monument commémoratif, avec son inscription en français et en anglais. © Département de Seine-Maritime, Véronique Hénon

 

Version anglaise

https://www.seinemaritime.fr/docs/Ver%20ENG%20NOTICE%20Pissy-P%C3%B4ville.pdf

Rouxmesnil-Bouteilles (2019)
Mairie – ancien prieuré d’Hacquenouville
Mairie
76370 Rouxmesnil-Bouteilles


Vue de la façade principale © Département de la Seine-Maritime

Bouteilles est apprécié dès le haut Moyen-Âge pour ses salines, objets de convoitises des plus grandes abbayes normandes comme Fécamp, Jumièges, Saint-Wandrille, ou encore Beaubec-en-Rosière. Cette abbaye cistercienne installe, au hameau de Bernesault, un grenier à sel puis un prieuré dont il ne reste que des vestiges en 1750.
Un manoir est édifié, non loin, entre la fin du 15e et le début du 16e siècle, par la famille d’Hacquenouville, aujourd’hui méconnue mais dont l’un des membres les plus illustres est Roger d’Hacquenouville, chambellan du roi de France Charles VI, au début du 15e siècle.
 
En 1692, le manoir passe aux mains d’une communauté religieuse, les jésuites de Dieppe qui y demeurent jusqu’en 1762, date du bannissement de l’ordre en France. Cette occupation explique que le lieu soit encore aujourd’hui connu sous le nom de prieuré.
Le monument est vendu comme bien national pendant la Révolution. L’acte précise que le bien est un « manoir presbytéral consistant en une cuisine, salle, chambre, cellier, écuries, granges et avec un jardin le tout contenant une vergée et demi ».
 
Le manoir est acheté en 1869 par Edmond Delvincourt, le grand-père du compositeur. La famille reçoit sur place de nombreuses personnalités du monde artistique. Delvincourt y compose quelques œuvres, comme son Trio pour piano, violon et violoncelle, dans un petit pavillon qu'il avait construit en 1907 dans le jardin pour s'isoler et travailler au calme.

  
Vue sur le manoir et les communs, vers 1908 © Amis de Claude Delvincourt


À l’arrière du manoir, Marianne et Sabine (sœurs de Claude Delvincourt) debout à côté de leur grand-mère Marie Fourès, années 1910 © Amis de Claude Delvincourt
 
Les Delvincourt ont su conserver l'essentiel du caractère de l’édifice, en y apportant des aménagements caractéristiques d’une époque, et notamment des décors intérieurs de qualité.
 
Le monument est acheté par la commune en 1980. Afin d’étendre les locaux de la mairie, elle construit une tour polygonale en 2001 au sud-ouest de l’édifice. Cet agrandissement est respectueux de la construction d’origine, par les matériaux utilisés, identiques à ceux de la partie ancienne, et par la justesse de ses proportions.

Le bâtiment a évolué et a été modifié par les individus qui l’ont habité.
Les restaurations successives de cet ancien manoir du 16e siècle ont su conserver sa silhouette massive, sa marqueterie de silex et de grès caractéristique du patrimoine rural de la région dieppoise, ainsi qu’une belle homogénéité.


Vue aérienne de l’édifice présentant le bâtiment d’origine, la tourelle d’escalier, l’agrandissement en toit terrasse et la partie hexagonale occupée actuellement par la mairie, après 2001 © Municipalité de Rouxmesnil-Bouteilles
 
D’un plan au sol rectangulaire, le bâtiment principal construit en silex, grès et pierre calcaire est complété au nord-ouest d’une tour carrée, tour d’escalier ouverte tardivement par deux baies à chainage de pierre.
La façade principale présente des fenêtres aux linteaux, appuis et chainage en grès et de nombreux oculi. Sous le toit, un larmier souligne une frise décorative alternant formes géométriques losangées et ovales. La façade nord a été remaniée et repercée de trois baies, qui ont bousculé l’appareillage, larmier et frise apparaissant de façon discontinue.
Dans le soubassement en grès, sont percés des soupiraux au nord et une porte basse, au sud, au cintre en grès mouluré, qui mènent à une cave voutée. Comme dans d’autres manoirs cauchois du 16e siècle, la présence d’une cheminée évoque l’emplacement d’anciennes cuisines.
Les premières marches d’un escalier montant vers l’est laissent à penser que les cuisines étaient accessibles depuis le rez-de-chaussée par l’intérieur. Seuls les remaniements dans l’appareillage le suggèrent encore. Ces derniers sont probablement contemporains de la nouvelle entrée située à l’extrémité sud-est de la façade. La porte en arc plein cintre présente une frise en grès de remploi, orné d’un décor cordé en relief. Derrière la porte d’entrée aux ferrures néogothiques, se cache un escalier à balustres inspiré du 17e siècle et un sol couvert de carreaux de ciment, probables aménagements de la famille Delvincourt.


Vue générale de l’escalier à balustres de style 17e siècle et sol en carreaux de ciment © Département de la Seine-Maritime
 
En effet, l’édifice a connu de nombreuses modifications, intérieures et extérieures, menées par les Delvincourt.  Ainsi, le toit a été aménagé de lucarnes de style anglo-normand de tailles différentes, sur une toiture à longs pans en ardoise. Les meneaux des fenêtres ont été arasés et d’autres baies ont été ouvertes.
La tourelle d’escalier a été intégrée à un agrandissement qui présente un toit terrasse. Les murs d’origine ont d’ailleurs été conservés et sont visibles de l’intérieur. Cette extension du logis a été réalisée vers 1935 par l’architecte Féret.
 

Vue sur la façade principale. Les remaniements ne sont pas encore intégrés à l’appareillage d’origine : ainsi le mur Est est remanié en brique et l’agrandissement avec toit terrasse présente un appareillage en bandes alternant pierre et silex. ca 1950 © Municipalité de Rouxmesnil-Bouteilles
 
À l’intérieur, Le grand salon, salle de réception qui accueillait le piano de Delvincourt, présente une cheminée aux piédroits en grès sculptés similaires à celles du petit salon, actuel bureau du maire. Cette dernière porte un décor en bois peint de style néogothique, qui n’est pas sans rappeler le manoir anglo-normand de Clères. Elle fait face à une bibliothèque encastrée.
 
    
Cheminée avec coffrage en bois du petit salon, cheminée du grand salon © Département de la Seine-Maritime


Bibliothèque située dans le petit salon, actuel bureau du maire © Département de la Seine-Maritime
 
À l’étage les sols présentent tommettes et parquets, des placards d’époque sont encore présents dans chaque pièce.
 



Version en anglais
http://www.seinemaritime.fr/files/Anglais%20notice%20RouxmesnilBouteilles.pdf

Saint-Jean-de-Folleville (2019)
Vitrail commémoratif de la Grande Guerre
Eglise Saint-Jean-Baptiste rue de l'église
76170 Saint-Jean-de-Folleville


Vue générale © C. Kollmann, pôle Inventaire, Région Normandie

Avec la Grande Guerre, comme toutes les communes de France, Saint-Jean-de-Folleville perd des hommes au champ d’honneur, 25 poilus.
Pour leur rendre hommage les membres du conseil municipal décident en février 1919 d’ériger un monument, financé par une souscription et réalisé par M. Charles Carel marbrier au Havre.
En février 1920, l’abbé Leclerc souhaite également honorer la mémoire des paroissiens morts pour la patrie. Il demande l’autorisation à la commune de leur dédier un vitrail dans l’église et précise son projet associant religieux et patriotisme autour d’un sujet « qui ne puisse blesser la foi d’aucun d’eux ».
La tâche est confiée au maître-verrier parisien Emile Janiaud. Il propose un modèle de verrière qui, chose rare, nécessitera l’adaptation de la baie à l’œuvre par une modification de sa structure et non l’inverse. Cela concerne « la première ouverture qui se trouve à droite en entrant dans l’église ».


Signature et date © Département de la Seine-Maritime
 
Le centre de la baie en plein cintre comporte, selon la description adressée par le curé au conseil municipal, « une reproduction fidèle du calvaire de l’église de Marquivilliers, avec une perspective sur le lointain sur le village voisin ». Cette église est en effet devenue le symbole des dégradations perpétrées par l’ennemi.
Ici, le crucifix mutilé de Marquivilliers est pointé du doigt par un soldat agonisant, dans les bras d’un infirmier.

         
Marquivilliers, le Christ dans l’église, carte postale (s.d. (vers 1915), © collection privée) et sa reproduction (© C. Kollmann, pôle Inventaire, Région Normandie)
 
Cette scène présente des similitudes avec des verrières réalisées pour des églises de la Manche et du Calvados, sorties des ateliers du maitre-verrier Mazuet de Bayeux. Un modèle commun existe donc sans qu’on ne sache comment ni qui des deux ateliers l’a élaboré[1].
 
Le tableau central est entouré de 24 médaillons de 18 cm de diamètre, représentant les portraits des Follevillais morts pour la France, entourés d’un liseré portant leur nom, date et lieu de décès. Seul Isidore Houzard n’est pas représenté, l’artiste ne disposant pas de photographie du soldat.
 
Les portraits sont particulièrement fidèles et témoignent de la technique mise en œuvre par le verrier. Ce dernier a procédé à un recadrage puis un agrandissement d’un tirage photographique papier conservé par la famille.  
Le peintre utilise un tirage lui permettant de reporter les traits par transparence sur des médaillons de verre de petites dimensions. Les contours sont ensuite ombrés par l’usage de jus de grisaille, des enlevés au putois et à la brosse, des rehauts de Jean Cousin pour les carnations. Les uniformes sont colorés par la pose d’émaux bleu et rouge.

 
Cinq des médaillons, dont celui d’Isidore Houzard, sans portrait, © Département de la Seine-Maritime

Un travail de recherches a été mené sur ces soldats dans le but de retracer leur parcours et d’inscrire dans la grande Histoire l’histoire individuelle de ces hommes. Les descendants de certains d’entre eux ont conservé photographies, médailles et courriers. Ces documents permettent aujourd’hui de renforcer la touche d’humanité que ces portraits nous laissent percevoir.
 
La famille Legoy a versé, à elle seule, un lourd tribu à la guerre en perdant trois de leurs fils : seuls deux figurent sur le vitrail, le troisième meurt en 1925 profondément affecté par son séjour dans un camp d’internement allemand.
 
       
René Legoy en civil, carte postale (s.d. avant 1914 ?, détail, collection Cordier) et son portrait vêtu de l’uniforme © L’Amande et l’Obsidienne © C. Kollmann, pôle Inventaire, Région Normandie
 
Dans le cadre de travaux sur l’église, le vitrail a été déposé pour une restauration au sein de l’atelier L’Amande et l’Obsidienne (Amandine Steck, Honfleur).
Le travail de conservation de la verrière s’est principalement porté sur un nettoyage et un masticage prudent et soigneux, la mise en place d’une bavette pour la ventilation et le remplacement complet de la serrurerie qui menaçait de céder.
Les fers T ont été remplacés par un châssis de barlotières traditionnel, plus pérenne et fabriqué à la forme des vitraux.


Éléments du vitrail déposés pour restauration © L’Amande et l’Obsidienne
 


[1] CHERON Philippe, DELAUNEY Sophie. Vitraux de Normandie, une histoire de la Grande Guerre. Lyon : lieux-dits, 2018. Images du patrimoine, n°301.
 



Version en anglais
http://www.seinemaritime.fr/files/Anglais%20notice%20St%20Jean%20de%20Folleville.pdf

Saint-Laurent-de-Brévedent (2020)
Christ Roi, statue monumentale
La Briganderie
76700 Saint-Laurent-de-Brévedent

     

Statue monumentale du Christ rédempteur en 1948. © collection privée

Sur les hauteurs de Saint-Laurent-de-Brévedent, dominant la vallée boisée de la rivière Saint-Laurent, s’élève une statue monumentale représentant le Christ Roi, à la façon du Corcovado brésilien !

Nommé aussi Christ libérateur ou rédempteur, cette statue témoigne de la piété locale.

Saint-Laurent-de-Brévedent située à proximité de batteries anti-aériennes et de la voie de chemin de fer reliant Rouen au Havre, devient une cible stratégique pendant la Seconde Guerre mondiale. Et pourtant, la commune est épargnée par les bombardements, notamment ceux de 1944.

Au sortir de la guerre, l’abbé Bataille, curé de la commune entre 1943 et 1952, souhaite ériger une statue en signe de reconnaissance et de remerciement. La famille Lesauvage, propriétaire de terres sur la commune, fait alors don d’une partie de son terrain situé en bord de route, au lieu-dit de la Briganderie, pour y élever le monument. L’abbé s’adresse au sculpteur havrais Marcel Adam.

Élévation de la statue, en présence du sculpteur, en 1948. © collection privée

La statue mesure 2 m 60 de haut. En pierre de Bourgogne, elle est sculptée en taille directe, et posée sur un socle en béton armé enduit de ciment.

Des prototypes en plâtre témoignent du travail de l’artiste sur le drapé de la tunique du Christ, en écharpe sur l’une, en cuvette, sur l’autre. C’est cette dernière qui a été réalisée.

  

Deux prototypes de la statue aux drapés différents. © collections privées

Cette œuvre s’inscrit dans un mouvement régional propre à l’après-guerre, avec l’ouverture de souscriptions dans plusieurs villages de la pointe de Caux, très éprouvée par la Seconde Guerre mondiale. Ces ex-voto sont érigés en remerciement pour les vies épargnées.

Ainsi Marcel Adam est-il également choisi pour réaliser le calvaire de Montivilliers, monument aux morts de 11 mètres de haut, érigé par la paroisse de Sainte-Croix pour rendre hommage aux victimes de la Seconde Guerre mondiale tout en remerciant Dieu d'avoir protégé la ville des bombardements. Sculpté par Adam en 1946, il présente un christ de douleur, dont les mains soulignent la souffrance de la crucifixion.

Le calvaire de Montivilliers aujourd’hui. © collection privée

Le calvaire de Saint-Romain-de-Colbosc est érigé suite au vœu de l’abbé Durand en 1948, d’après les dessins d’Henri Colboc, prix de Rome. Ce dernier allie modernisme, dans l’utilisation du béton armé, et tradition, dans sa forme, un autel surmonté d’un retable, dont l’accès est facilité par un emmarchement. Le Christ crucifié est modelé sur la croix suivant la technique du travail de sculpture à frais du ciment.

Le calvaire de Saint-Romain-de-Colbosc, s.d. © collection privée

D’autres monuments dédiés à la Vierge Marie ont également été édifiés, parmi lesquels le monument marial de Tancarville, plus tardif car élevé en 1960.

Dans l’intérieur des terres, à Ancretiéville-Saint-Victor, la statue de Notre-Dame de Pitié est exécutée par Carlo Sarrabezolles, suivant la même technique de sculpture du béton à frais. Suite au vœu du père Mathan, la statue est bénie par monseigneur Petit de Julleville en 1947.

La statue monumentale de Notre-Dame de Pitié par Sarrabezolles. © Département de la Seine-Maritime

Témoignage d’une piété populaire, ces statues monumentales, monuments aux morts ou calvaires sont caractéristiques de l’après-guerre tant par l’esthétique aux lignes épurées que par les matériaux utilisés.

À Saint-Laurent-de-Brévedent, le choix du sculpteur s’est porté sur un artiste havrais, Marcel ADAM (1912-1976), fils d’un marbrier, sacré Premier ouvrier de France, et dont l’atelier était installé face au cimetière Sainte-Marie.

Élève des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier du maître Bouchais, il rentre en Normandie et travaille sur le Havre et sa région. Peut-être connaissez-vous son œuvre sans le savoir ? En effet, il façonne plusieurs bas-reliefs ornant des immeubles Perret de la Reconstruction situés avenue Foch et boulevard François-Ier (les Combattants, le Corsaire, l’Hydre de Lerne, le Commerce et l’industrie, les Joueurs de football). Il réalise également un haut-relief en céramique pour le nouveau groupe scolaire de Fontaine-la-Mallet et travaille à la restauration de monuments historiques, comme le château d’Ételan, la cathédrale Notre-Dame du Havre ou l’abbaye de Graville…


Bas-relief Le Pirate dans l’atelier du sculpteur, avant sa pose sur l’immeuble de l’ilot V6, avenue Foch au Havre, s.d. © collection privée

Marcel Adam, en tant qu’artiste, n’a pas seulement mis son savoir-faire au service de la Reconstruction, mais a pleinement participé au devoir de mémoire. Il a ainsi souhaité souligner les sacrifices des populations locales en choisissant d’orner la Maison des Combattants (îlot V6, emplacement du siège de la Gestapo), en édifiant le calvaire In memoriam de Montivilliers et en élevant le Christ Libérateur de Saint-Laurent-de-Brévedent.

 

Version anglaise

https://www.seinemaritime.fr/docs/Ver%20ENG%20NOTICE%20Saint-Laurent-de-Br%C3%A9vedent.pdf

Saint-Léger-aux-Bois (2019)
Tour Mailly
rue du bourg
76340 Saint-Léger-aux-Bois


Vue générale de face © Département de la Seine-Maritime

La plaine de Saint-Léger-aux-Bois est dominée en cœur de bourg par l’église dédiée à saint Léger et la Tour de Mailly, toutes deux érigées au 16e siècle par le seigneur du lieu, Adrien de Mailly.
  
Au 11e siècle, le seigneur du lieu, issu de la famille des Saint-Léger, accompagne Guillaume le Conquérant dans ses conquêtes. Faute de descendants masculins, la famille s'éteint au 15e siècle et les terres passent aux mains des Bailleul puis des Mailly, famille issue de la noblesse d’extraction chevaleresque, d’origine picarde.
La seigneurie de Saint-Léger passe dans la famille de Mailly en 1503, par l'union d'Adrien de Mailly avec Françoise de Bailleul, fille de Jacques de Bailleul, seigneur de Saint-Léger, et de Jeanne, dame d'Haucourt et du Quesnoy-en-Vimeu.
La terre de Saint-Léger reste la propriété des Mailly-Haucourt jusqu’en 1809, époque où Antoine Lemire s’en rend acquéreur.
 
Sur le plan cadastral napoléonien de 1823, la tour se situe à l’entrée d’une large cour autour de laquelle s’organisent des bâtiments appartenant aujourd’hui à une ferme encore en activité. Il s’agit probablement du cœur de l’ancien fief seigneurial qui comptait puits, colombier, manoir détruit à la période révolutionnaire.
L’abbé Cochet, dans son répertoire archéologique, confirme l’existence d’un château, dont il ne reste « qu’une maison de ferme du 16e siècle et une haute tour en brique rouge que l’on nomme Tour des Mailly ». Elle est également dite Tour des ducs de Mailly, bien que la famille n’ait jamais accédé aux charges ducales.
À proximité du logis seigneurial, l’actuelle église présente une chapelle de chœur, devenue aujourd’hui sacristie. Accessible par une porte latérale aujourd’hui condamnée, elle a été construite pour Jacques de Bailleul en 1510 favorisant l’accès direct du seigneur à l’église par sa chapelle privée.
 

Plan cadastral napoléonien (section B), 1823, ADSM 3P32906 © Département de la Seine-Maritime
 
La tour tombe en désuétude à la fin du 19e siècle pour être aménagée le siècle suivant en logement. Elle connaît alors des remaniements architecturaux importants, notamment l’ouverture d’une porte en rez-de-chaussée donnant sur la route. Une maison de caractère, probablement construite au 18e siècle, en brique et pan de bois, est encore aujourd’hui adossée à la tour.
Dans la 2e moitié du 20e siècle, la tour a été acquise par le SIVOM qui y installe un office de tourisme. La commune rachète l’édifice en 2003 et réalise des travaux sur la toiture et les meneaux. Après avoir accueilli les tournées de la bibliothèque départementale, la tour a servi de lieu d’exposition lors des journées commémorant les 500 ans de l’église.
 
Cette tour, séparée du château, est située à l’entrée de l’enclos seigneurial. Bien qu’elle possède certains codes architecturaux militaires, elle est avant tout une tour de prestige construite en brique rouge sur quatre niveaux dont un sous comble.
Les faux-mâchicoulis, en pierre, remanié en brique par endroit, forme une frise décorative plus que défensive car dépourvus d’un chemin de ronde. La tour porte de larges baies à meneaux au chaînage en pierre, donnant toutes sur l’ouest. L’entrée actuelle est moderne et remplace une ancienne fenêtre. L’entrée initiale, aujourd’hui condamnée, est visible sur la partie septentrionale de la tour. Le nombre et la forme des ouvertures excluent le caractère défensif de l’édifice.


Faux-mâchicoulis © Département de la Seine-Maritime
 
Le dernier étage sous comble présente deux ouvertures orientées nord et sud : deux autres ouvertures est-ouest condamnées sont encore lisibles depuis l’intérieur.
Les anciennes cheminées, dont les entablements subsistent dans les étages, ont été arasées dans la 1ère moitié du 20e siècle. Il n’en reste de traces que photographiques.
 

Vue générale de la tour munie de ces cheminées. Avant 1940. Cliché de l’historien Philippe Des Forts (historien, 1865-1940) © Ministère de la culture, MAP, Diffusion RMN-GP
 

À l’ouest, une tourelle, abritant un escalier hélicoïdal sur voûte sarrasine, permet l’accès aux étages.
Si le rez-de-chaussée a été remanié par les différents usages modernes de la tour, son faux-plafond cache une voûte en brique. Les autres niveaux présentent des caractéristiques architecturales du 16e siècle : un sol couvert de tomettes hexagonales à cabochons en terre cuite, une porte moulurée aux gonds et ferrures d’origine, un appareillage en briques aux joints peints, des solives en triangle (vestiges du plafond d’origine). Ces éléments permettent une datation affinée, de la fin du 15e et du début du 16e siècle par comparaison à l’architecture d’édifices construits à la même époque, comme le château de Martainville-Epreville.
Au deuxième niveau, une porte permet d’accéder à un tour de guet, aujourd’hui bouché par une maison d’habitation adossée à l’édifice.

 
3e niveau de la tour : des détails architecturaux caractéristiques du début du 16e siècle © Département de la Seine-Maritime
 

Solives triangulaires © Département de la Seine-Maritime
 
Le grenier, désormais accessible par un escalier de meunier réalisé par la commune, présente une circonférence plus large que les autres niveaux, car avancé sur les créneaux. 
Une charpente en chêne, posée directement sur les murs et soutenus par des piliers en bois, est édifiée sur un poinçon central. Elle se compose de trois croix de Saint André superposées qui soutiennent un toit en poivrière à longs pans, couvert d’ardoises. C’est un témoin exceptionnel du travail artisanal des menuisiers du 16e siècle.
 

La charpente posée directement sur les murs © Département de la Seine-Maritime
 

Vue en contreplongée de la croix de Saint-André composée © Département de la Seine-Maritime
 



Version en anglais
http://www.seinemaritime.fr/files/Anglais%20noticeSaintL%C3%A9gerauxBois.pdf

Saint-Léonard (2019)
Chapelle de Grainval
Route de Grainval
76400 Saint-Léonard


© Ballandrone

La valleuse de Grainval, qui s’ouvre sur la mer, séduit par sa tranquillité et son point de vue sur Fécamp : de nombreuses villas fleurissent dans le hameau dès la fin du 19e siècle. La petite station balnéaire accueille alors des personnalités issues de la société locale, dont Alexandre Joly, armateur fécampois.
Ce dernier fait construire à Grainval un chalet où passer le dimanche à la belle saison, afin de rester à portée de voiture à cheval de la ville.
 
Cet homme de foi nourrit une profonde gratitude à l’égard de Notre-Dame de Lourdes pour une guérison obtenue en 1895, qui le délivre de rhumatismes chroniques. En remerciement, il fait édifier dans le jardin de sa villa un oratoire familial, réplique de la grotte de Massabielle, devenu lieu de pèlerinage.
Après la Première Guerre mondiale, la villa est vendue avec la crainte que cette chapelle, devenue inaccessible aux pèlerins, soit désaffectée ou détruite.
 
Pour y effectuer des cérémonies pouvant accueillir un plus grand nombre de pèlerin, l’abbé Aubert, curé de la paroisse, avait déjà exprimé le souhait d’édifier une chapelle plus spacieuse. Ce projet avait reçu l’adhésion de M. Joly. Ce vœu n’a été réalisé qu’après son décès et grâce au soutien financier de sa veuve et de ses enfants.
La première pierre de la chapelle est posée en 1922. Elle est bénite en 1923 en présence de 3000 fidèles.
 

Grainval, lieu de pèlerinage, carte postale, s.d. © collection privée


Vue générale sur la chapelle, photographie, 22 août 1937, ADSM 11 Fi 1134 © Département de la Seine-Maritime

 
Vue intérieure sur le maître-autel et la baie consacrée à Notre-Dame du Salut, photographie 22 août 1937, ADSM 11 Fi 1138 © Département de la Seine-Maritime
 
Sa construction en brique et silex est typique de la région. On y entre par un étroit clocher-porche. Formant une nef unique au chevet à pans coupés, elle est terminée par une sacristie et est éclairée par huit baies ogivales.
L’abbé Aubert acquiert du mobilier provenant de l’ancienne église abandonnée de Bondeville, mis en vente entre les deux guerres : une cloche, une stalle de style Louis XV et une chaire qui n’est plus visible aujourd’hui. Plusieurs statues Saint-Sulpiciennes viennent compléter l’ensemble dont trois sont encore en place, représentant Notre-Dame de Lourdes, Sainte-Thérèse de l’enfant Jésus et une Piétà.  
 
Si  son architecture et son mobilier sont modestes, la chapelle présente une série de huit vitraux, de forme ogivale, réalisée par les ateliers Devisme. Le discours iconographique sert la mémoire des familles Duhamel et Joly tout en évoquant l’histoire sociale et économique du Fécamp de la fin du 19e et du début du 20e siècle.
Au sud, successivement, on trouve la représentation de saint Louis tenant la couronne d’épines, saint Jacques de Compostelle, saint Alexandre et sainte Bernadette à la grotte de Massabielle. Au nord, sainte Jeanne d’Arc, saint Pierre, saint André et Notre-Dame du Salut.
 
Cet ensemble mémorial est le reflet de l’histoire de la famille Duhamel-Joly. Il évoque la perte prématurée de quatre des petits-fils d’Alexandre Joly, morts de maladie ou mort pour la France.
Seules deux verrières portent le portrait en médaillon de la personnalité évoquée : celui d’Alexandre Joly en tant que chef de famille et le jeune Louis Savalle en tant que héros de guerre. Les autres défunts sont représentés symboliquement par la figure de leur saint patron (saint Pierre, saint Jacques et saint André) représentés en pied avec leurs attributs.

   
Vue générale de la baie 8, consacrée à saint Louis et Détail du médaillon représentant le portrait de Louis Savalle © Service Inventaire et Patrimoine, Région Normandie
 
Les autres vitraux reflètent la piété populaire du début du 20e siècle (sainte Jeanne d’Arc) et évoquent la foi de la famille donatrice (sainte Bernadette).
Ainsi le vitrail à Notre-Dame du Salut révèle la piété mariale de la famille Joly et celle des marins et des pêcheurs.    
Au premier plan quatre marins dans leurs barques prient la Vierge dans l’entrée du port de Fécamp, dominée par la falaise du Cap Fagnet. La scène est surmontée d’une Vierge à l’enfant rayonnante dans une nuée.
Au-delà de cette dévotion, le vitrail s’inscrit dans l’histoire maritime. A l’arrière-plan, plusieurs navires sont représentés, illustrant une partie de la flotte de l’armateur Joly : un trois-mâts goélette dont le pavillon blanc porte les initiales AJ, celles de son armateur, un vapeur à la cheminée noire et un dundee harenguier. Ce vitrail témoigne de la réussite de cet armateur, de l’évolution de l’activité portuaire fécampoise et des bouleversements technologiques (arrivée des premiers vapeurs).

  
Vue générale de la baie 1, consacrée à Notre-Dame du Salut et Détail des navires formant l’armement Joly © Service Inventaire et Patrimoine, Région Normandie
 
Cédée par le diocèse du Havre à la commune en 1998, des travaux de réhabilitation ont été menés entre 2011 et 2015 en partenariat avec la Fondation du patrimoine (travaux d’assainissement et drainage, aménagements extérieurs). Cet édifice cultuel est devenu un lieu culturel dont la programmation est portée par une association active, Les Amis de la chapelle de Grainval, composée de bénévoles qui ont participé au chantier de restauration.
 
       
Des bénévoles en action © Association Les Amis de la chapelle de Grainval

 
 



Version en anglais
http://www.seinemaritime.fr/files/Anglais%20notice%20SaintL%C3%A9onard.pdf

Val-de-la-Haye (2019)
Colonne commémorative dite « colonne Napoléon »
Quai Napoléon
76380 Val-de-la-Haye


Vue générale, carte postale s.d. © collection privée 

Exilé à Sainte-Hélène en 1815, Napoléon y meurt en 1821. Il faut attendre 1840 pour que le roi Louis-Philippe décide de rapatrier la dépouille de Napoléon pour l’inhumer aux Invalides. Le transport se fait par la mer et les navires affrétés arrivent à Cherbourg le 30 novembre 1840. Afin d’éviter tous mouvements de foule sur le trajet menant à Rouen, il est préféré d’utiliser les voies maritime et fluviale à la voie terrestre. Un premier transbordement se fait sur un navire mixte, à vapeur et à voile, appelé La Normandie.  
Après avoir longé les côtes du Calvados jusqu’au Havre, le navire s’engage sur la Seine. A proximité de Rouen, un nouveau transbordement est décidé pour des raisons techniques. La présence de ponts dans les villes traversées depuis Rouen jusqu’à Courbevoie, où le cercueil est débarqué le 15 décembre, et la présence de bancs de sable dans le cours de la Seine imposent l’utilisation d’un navire fluvial, apte à remonter le fleuve. Une escale est alors prévue au Val de la Haye, site idéal pour le transfert, protégé par une île et proche de Rouen.
 

Arrêté préfectoral autorisant le transbordement des cendres au Val de la Haye, ADSM 1 M 369 © Département de la Seine-Maritime
 

L’évènement a lieu entre les 8 et 9 décembre en présence du prince de Joinville, fils du Roi, à qui l’expédition avait été confiée, et qui accompagnait la dépouille de l’Empereur sur La Normandie. Ils ont été accueillis par les autorités locales représentées par le préfet de l’époque Dupont-Delporte, le colonel de la garde nationale, le maire du Val-de-la-Haye et par de nombreux habitants venus assistés depuis les berges au transfert.
 
Dès le lendemain, le conseil municipal exprime le souhait de perpétuer le souvenir de cet évènement. Deux souscriptions sont organisées successivement, accueillies avec peu d’enthousiasme, notamment de la part des grands maréchaux qui, pourtant, avaient côtoyé l’Empereur.
Les 6200 francs récoltés, placés et ajoutés aux intérêts, permettent en 1844 de poser la première pierre du monument sur un terrain, donné en bord de Seine par Mme Fizeaux, née Lézurier de la Martel.
 
 
Plan de la colonne, ADSM 1 M 369 © Département de la Seine-Maritime

La colonne est inaugurée le 15 août 1846, lors d’une cérémonie officielle qui a donné lieu à des festivités avec danses populaires et feu d’artifice. L’aigle en bronze qui surmonte l’ensemble est posé à cette occasion. Les plaques ornant le socle ne le sont que plusieurs années après, faute de finances disponibles. L’ensemble est protégé de grilles en fer en 1851.
 
Le monument prend la forme d’une colonne dorique cannelée, de 75 cm de diamètre, ornée de bagues en bronze. Ces dernières portent en relief les noms des batailles les plus célèbres de Napoléon, dont Arcole (campagne d’Italie, 1796), Pyramides (campagne d’Egypte, 1798), Austerlitz (campagne d’Allemagne et de Trafalgar, 1805), Iéna (campagne de Prusse, 1806) ou encore Moscou (campagne de Russie, 1812).
La colonne est surmontée d’un aigle aux ailes repliées. La statue en bronze, d’environ 545 kg, est commandée à la Maison Marguery à Rouen.
 
 
Devis de la Maison Marguery pour la réalisation d’un aigle en bronze, ADSM 1 M 318 © Département de la Seine-Maritime
 

Sur les quatre faces du socle des bas-reliefs en bronze présentent la croix de la Légion d’honneur et la couronne de Fer, deux ordres honorifiques fondés par Napoléon ainsi que les dates du transbordement (9 décembre 1840) et de la construction de la colonne (15 août 1844).

 
Bas-relief représentant l’ordre de la croix de fer, portant la devise Dieu me l'a donnée, gare à qui y touchera. Ordre créé en 1805 à Milan par Napoléon Ier, agissant en tant que roi d'Italie (1805-1814), sur le modèle de la Légion d'honneur. © Département de la Seine-Maritime
 

Bas-relief représentant la croix de l’ordre de la Légion d’honneur, ordre honorifique civil et militaire créé en 1802 par Napoléon Ier © Département de la Seine-Maritime
 

Dans les fondations ont été placés une boîte contenant des cheveux de l’empereur, un morceau d’acajou de son cercueil, un morceau de pierre de son tombeau à Sainte-Hélène, un morceau de saule abritant sa tombe, la liste des souscripteurs écrite sur parchemin, une plaque de cuivre portant la date de la pose de la première pierre et le procès-verbal de la cérémonie signé par le préfet et les personnalités présentes.
 
La commune est investie dans la conservation de cette colonne et l’animation de ce patrimoine. La restauration complète de la colonne a été réalisée par la municipalité en 2018 : elle a été l’occasion de déposer l’aigle pour un nettoyage et de mettre en place un aménagement paysager sur la parcelle délimitée par des bornes munies de chaînes depuis 1933, installées grâce à une subvention du département.


Repose de la statue de l’aigle après restauration en 2018 © collection privée
 
Deux journées de festivités ont été organisées en juin 2018 grâce à une collaboration entre la municipalité, les historiens locaux et des associations telles que l’Association Colonne Napoléon[1], le souvenir napoléonien[2] et les Amis du patrimoine napoléonien[3].


Fêtes Napoléon, juin 2018 © collection privée


[1] https://www.colonne-napoleon.fr/ 
[2] https://www.souvenirnapoleonien.org/
[3] http://lesapn.org/
 



Version en anglais
https://www.seinemaritime.fr/files/Anglais%20notice%20Val%20de%20la%20Haye.pdf

Yquebeuf (2019)
Église Saint-Etienne
rue de l'église
76690 Yquebeuf


Vue générale depuis l'ouest, carte postale s.d. © collection privée

L’église d’Yquebeuf, dédiée à saint Etienne, a été érigée en 1769. Le village, dont la première mention date du 12e siècle, possède dès cette époque un édifice de culte.
 
L’ancienne église présentait un clocher situé entre la nef et le chœur. Le portail placé dans le mur latéral était précédé d’un porche. Le manque d’entretien de l’édifice est constaté à plusieurs reprises au 18e siècle lors des visites des archidiacres : les réparations faites sur leur demande ne suffisent pas à prolonger l’existence d’un édifice qui menace ruine. Et en 1757, Monseigneur de Saint-Aulaire indique dans son procès-verbal la nécessité de réaliser des travaux sur l’édifice si son état le permet encore ou de le reconstruire.
 
L’abbé Grouard, curé de la paroisse dès 1758, soutient et porte la restauration complète de l’édifice.
Dix ans plus tard, se réunissent le Marquis de Boniface, Monsieur du Veneur (maître des comptes de la ville de Rouen, seigneur de Beaumont et du Petit Rocquemont), Monsieur Duval du Bailly et Monsieur Jacques André Liberge dans le but d’examiner l’édifice.
Il est décidé de le démolir pour reconstruire une nouvelle église de mêmes proportions, mais cette fois avec un clocher situé au bas de la nef. En 1767, nef et clocher sont reconstruits, coutant 4200 livres. En 1771, c’est le nouveau chœur, qui est érigé aux frais du curé de la paroisse. La bénédiction est accordée et donnée à la nouvelle église en 1772.
 
L’église, de plan rectangulaire terminé par un chevet à trois pans coupés, est construite sur un soubassement de grès dans un appareillage de brique de Saint-Jean ponctuée de brique noire vernissée. Les murs nord et sud sont rythmés par cinq travées, dont la baie est encadrée de contreforts. Chaque ouverture présente un vitrail provenant de l’atelier Boulanger.
Au-dessus de la porte, dans une baie semi-circulaire un vitrail a été monté portant un écu de « gueules à la croix fleurdelisée » tenu par deux anges et surmonté d’un heaume. Cet élément de vitrail proviendrait des verrières de l’édifice d’origine et pourrait dater du 14e siècle.


Vitrail surmontant la porte principale © Département de la Seine-Maritime
 
L’aménagement intérieur et mobilier se poursuit les années suivantes et en 1778 le curé commande à l’architecte Vauquelin un maître-autel. Le devis, conservé aux Archives départementales, décrit l’autel tel qu’on le connait aujourd’hui. Encadré de lambris et de portes menant à la sacristie, ornés d’arabesques, l’autel tombeau est posé sur un emmarchement et orné « de grappes de raisin et des épis avec leurs feuillages ». La prédelle à trois degrés accueille en son centre un tabernacle surmonté d’une niche d’exposition. Si tout est réalisé en bois de chêne, seule l’exposition est en bois de tilleul. L’ensemble de style Louis XVI est rehaussé d’or.


Devis de l’architecte Vauquelin à l’abbé Grouard, 13 mai 1777, ADSM G8665 © Département de la Seine-Maritime
 
   
Vue d’ensemble du maître-autel et détail de la niche d’exposition © Département de la Seine-Maritime
 
L’exposition présente de part et d’autre des angelots surmontés de guirlandes d’épis de blé et grappes de raisin encadrant un panneau de fond orné du triangle trinitaire. Afin de ranger les vêtements sacerdotaux, l’autel est muni de tiroirs, accessibles depuis la sacristie : « tout l’intérieur sera partagé en deux parties tant pour la commodité des ornements que pour la solidité des tablettes ».
Des statues, provenant probablement de la précédente église, côtoient d’autres statues de la chapelle de Colmare, vendue au début des années 1970. Cette statuaire des 15e et 16e siècles en bois ou pierre polychrome complète le mobilier conçu au moment de la reconstruction de l’édifice, aigle-lutrin et banc de fabrique. 
 



Version en anglais
https://www.seinemaritime.fr/files/Anglais%20notice%20Yquebeuf.pdf

Tous les ans un nouvel appel à candidature est lancé, ouvert à toutes thématiques patrimoniales. Indépendant de la politique d’aide à la restauration, il prend la forme de totem avec panneau explicatif, sur lesquels un QR-Code permet d’accéder à la cartographie et aux notices ci-dessus.

Saint-Jean-de-Folleville / Rouxmensil-Bouteilles / Saint-Léonard

Label patrimoine rural