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COVID-19 : point de situation
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L'Hôtel du Département

Depuis le 28 octobre 2020, l’Hôtel du Département situé à Rouen sur la rive gauche de la Seine est officiellement inscrit au titre des Monuments historiques. La collectivité a initié cette démarche en vue de protéger et de valoriser ce patrimoine.

 « Rien n’a été laissé au hasard lors de la conception de cet ensemble et les commanditaires de l’époque (État et Département) ont voulu frapper un grand coup pour faire oublier l’image de Rouen partiellement rasée. L’objectif était d’asseoir l’autorité institutionnelle tout en rationalisant et optimisant le fonctionnement des services », introduit Isabelle Maraval, chargée de mission du patrimoine.

Conscient de l’intérêt historique et architectural des lieux qui abritent son siège, le Département a sollicité en mai 2019 auprès du Ministère de la Culture la protection de l’Hôtel du Département au titre des Monuments historiques. Une équipe dédiée a entrepris de nombreuses recherches, favorisées par la richesse des Archives départementales, pour constituer un imposant dossier. L’inventaire des éléments patrimoniaux remarquables a alors permis d’arrêter le périmètre de protection visé. Après des mois d’instruction, la requête formulée a reçu une réponse positive. Quatre des cinq bâtiments construits de 1957 à 1965 ainsi que la tour des Archives sont désormais inscrits au titre des Monuments historiques. Cette mesure concerne à la fois les façades et toitures mais aussi de multiples espaces intérieurs. Leur préservation est ainsi actée sur le long terme pour assurer la transmission de ce patrimoine et du témoignage qu’il constitue aux générations futures.

Une reconnaissance méritée

Exemple d’architecture contemporaine de l’après-guerre, l’ensemble accueillait à l’origine la nouvelle préfecture et les archives départementales. « Les bâtiments se voulaient à la fois extrêmement fonctionnels et modernes. Cette esthétique novatrice lui a valu le surnom de « Préfecture de l’an 2000 ». Que l’on soit sensible ou non à ses formes, celles-ci ont constitué une véritable révolution », commente Isabelle Maraval.

La rupture avec l’architecture administrative classique est radicale et assumée. Un volume bas accueille les bureaux et services, tandis que les archives, traditionnellement enterrées, prennent de la hauteur dans une tour s’élevant à une centaine de mètres pour rivaliser avec la flèche de la cathédrale située sur l’autre rive. Les lignes sont épurées et de belles courbes ajoutent une touche d’élégance. En intérieur également l’esthétique a été très soignée ; les plus grands décorateurs de l’époque ont été missionnés. Le mobilier et la lustrerie ont été réalisés sur mesure, et des matériaux de grande qualité utilisés : béton armé habillé de pierres de France, marbre, travertin, plafond de bois précieux, portes et murs capitonnés...

« Le raffinement se cache parfois dans de petits détails qui nécessitent un œil avisé. Dès l’inauguration des lieux, de nombreuses visites ont été organisées pour admirer le travail. Des architectes, des étudiants, des élus sont venus de toute la France, mais aussi des délégations originaires de Belgique et d’Allemagne. La construction a été source d’inspiration et sa protection semble évidente, à une heure où l’on redécouvre notamment ce patrimoine des années 1960 ».

Prise de conscience

Avec la décentralisation en 1982 puis le départ de la préfecture en 1995, les bâtiments ont connu de nombreuses modifications, nécessitées par l’évolution des compétences et de l’activité de la collectivité départementale. Malheureusement, l’intérêt patrimonial n’a pas toujours été suffisamment pris en compte et certains chantiers ont réécrit l’histoire en effaçant des pages. « L’ancienne salle des cartes grises, dont certains usagers se souviennent peut-être, était un lieu admirable avec une décoration comparable aux grand et petit salons. Cette salle a disparu et l’on peut aujourd’hui regretter qu’elle n’ait laissé derrière elle davantage de vestiges. La protection du patrimoine prend tout son sens pour éviter de répéter les erreurs du passé. Il appartient à chacun – élus, agents et visiteurs – de prendre conscience de cette dimension ».

Les chantiers à venir devront désormais répondre à un cahier des charges plus strict, intégrant impérativement ce souci de protection des éléments remarquables. L’obtention du visa du Ministère de la Culture sera requise pour valider toute opération. Entre la réfection à l’identique et la recherche de solutions techniques visant à préserver le cachet, l’inventivité et l’adaptabilité seront de rigueur mais les enjeux patrimoniaux prédominent. Les prochains grands travaux concerneront notamment l’isolation thermique et la mise aux normes sécurité-incendie.