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Plan hiver : faire face aux intempéries

Plan hiver : faire face aux intempéries

Levons nos gobelets à l'Amour !

Publié : Il y a 6 mois
©Véronique Hénon
Le château de Martainville recèle bien des trésors insolites, pas nécessairement imposants en taille mais toujours dignes d’intérêt. C’est le cas de ces gobelets émaillés d’autrefois célébrant le sentiment amoureux via l’inscription de cocasses formulations.
 
Ma mie, mon âme sœur, ma chérie, mon ange, ma reine, mon essentiel, mon jardin japonais… Dans la langue française, la liste de mots doux que l’on peut adresser à sa dulcinée ne manque pas d’exemples. Mais on ne penserait guère à l’agrémenter du terme « catin ». C’est pourtant ce que l’on peut lire sur l’un des verres de la collection du musée des traditions et arts normands, à Martainville-Épreville.
 
Si l’on remonte dans le temps, il faut savoir que la forme du gobelet est déjà connue dans l’Antiquité. Et depuis, ce contenant n’a jamais cessé de rassembler les foules autour de tablées plus ou moins volumineuses. En Normandie, un certain nombre de gobelets incolores et émaillés ont été retrouvés. Ils présentent des décors de motifs floraux mais aussi des devises. Ces verres étaient offerts et représentaient des marques d’amitié ou d’amour. On peut imaginer facilement la surprise d’une personne du XVIIIe siècle recevant un de ces gobelets avec l’inscription « Vive ma catin », ou alors des joues qui piquent un fard pour celle qui a lu un jour « Votre absence m’inquiète, je me plais où vous êtes ». Précisons que le mot de catin ne désigne pas uniquement des femmes de mauvaise vie et autres ribaudes. Jadis, c’était un terme d’affection adressé à une fille de la campagne.
 
Ces déclarations plus ou moins inspirées étaient commandées à un verrier qui savait lire et écrire. Il accomplissait alors sa mission en écriture cursive et en peignant à l’étain. Un métal au nom savoureux pour qui souhaite graver ad vitam æternam son amour, sentiment qui, idéalement, ne s’éteint jamais.