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Chris Esquerre

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Publié : Il y a 5 ans

Loin des diktats de l'humour actuel, ce pitre rouennais cultive un style bien à lui.

Vous marchez dans la rue et un reporter radio vous accoste, tendant un micro siglé Radio-France ; le plus sérieusement du monde, il vous demande: « Que pensez-vous du projet de déménagement du Louvre à l'aéroport de Roissy ? Comme ça, les touristes peuvent visiter le musée dès la descente d'avion et repartir après, ce sera plus pratique. » Une fois sa réponse glanée, Il continue avec une autre interrogation : « un projet de loi va être voté afin de rendre le port de la moustache obligatoire pour les gendarmes, est-ce une bonne idée ? » Ce faux journaliste, c'est Chris Esquerre. Et c'est dans la rue qu'il a véritablement commencé sa carrière d'humoriste en 2009. Auparavant, il avait connu l'austérité d'un monde ultra formaté "de costards-cravates" dans une société de consulting.

L'indicible ennui qu'il y éprouve nécrose toute motivation et l'incite à démissionner au bout de 9 mois. Il arrive alors...dans une autre société de consulting. La particularité de cette dernière ? Son concept : réaliser des audits dans des entreprises afin de désamorcer par l'humour des moments délicats , phases de transition d'activité, réorganisations diverses. C'est ainsi que Chris devient  un comique de situations sensibles, usant de la légèreté pour rassurer des employés inquiets. Cette période qui a duré 3 ans a constitué un "sas de décompression" idéal entre le monde des entreprises et celui de l'humour. Estimant avoir fait le tour de l'activité, il part et décide de réaliser des faux reportages humoristiques. Quelques envois de Cd plus tard, France Bleu lui propose un créneau. Puis, c'est Jean-François Bizot, “pionnier des cultures alternatives” et fondateur de Radio Nova, qui le contacte.

Il y officie pendant 3 ans, dressant des portraits décalés d'invités. Son style plaît et après une escale à M6, Canal+ l'engage. Il chronique "Les magazines que personne ne lit", débusquant d'étonnantes publications qu'il assaisonne allégrement de ses délires absurdes : Carpe-Passion, jets d'encre magazine, Réussir la chèvre. Sa plume, pourtant, ne cède jamais à la méchanceté gratuite, le politiquement incorrect ou le mauvais goût tellement tendance parmi les apparatchiks du rire. Ce côté franc-tireur apparaît aussi dans sa méfiance viscérale envers les sirènes de la notoriété  : « je ne suis pas comme ceux qui sont drogués aux applaudissements, je n'ai pas besoin de cette jouissance. Mes débuts sur scène ont été très difficiles par exemple. Il m'a fallu une cinquantaine de représentations avant d'y prendre enfin du plaisir ».

Ce self-made man de 37 ans devenu virtuose dans l'art d'élaborer, à partir de petits riens, quantité de solennelles sornettes se lancera peut-être un jour dans l'édition d'un Pince-sans-rire Magazine ? Car, à l'heure actuelle, personne d'autre que lui ne pourrait mieux définir cette expression.

Son objet

"Le Viandox me rappelle les balades en hiver dans la forêt de Roumare, près de Rouen. On en buvait (avec de l’eau chaude !) en rentrant à la maison, quand j’étais plus jeune. Je prolonge à Paris le plaisir de cette boisson qui, si elle n’est pas spécifiquement normande, possède néanmoins un caractère “viking” très affirmé."

Son actu

Les journées  de Chris sont bien remplies cette année avec une chronique chaque lundi entre 11 h et 12 h 30 dans l'émission "On va tous y passer" sur France Inter ; un passage tous les vendredis au Grand Journal de Canal + et un spectacle au Grand Point Virgule à Paris jusqu'au 30 mars (18 h tous les dimanches, à partir de 15 €, “possibilité de dormir sur place pendant le spectacle”). q Plus d'infos : http://chris.esquerre.free.fr