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Plan hiver : faire face aux intempéries

Plan hiver : faire face aux intempéries

Le Département se prépare à relever le défi du vieillissement

Publié : Il y a 10 mois
©Mathieu Deshayes
À la demande de la collectivité, l’Insee a livré une étude sur le vieillissement de la population en Seine-Maritime. Ces données vont permettre au Département d’optimiser l’accompagnement des seniors en anticipant leur croissance démographique.
 
Mardi 15 mars, l’Hôtel du Département accueillait une conférence de presse dédiée à la présentation d’une étude sur le vieillissement de la population à l’échelle du territoire. Menée par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) en partenariat avec le Département, cette démarche vise in fine à adapter et renforcer les politiques à destination des seniors, pour améliorer leurs conditions de vie à domicile, en résidence autonomie ou en Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes).

En ouverture de séance, le Président Bertrand Bellanger a rappelé la volonté du Département d’être aux côtés de tous les seniors et le rôle précieux de cette étude. « Les données recueillies vont éclairer les décisions politiques en vue de définir les actions publiques les plus adaptées. Trois mots s’imposent : constat, action et ambition. Il est de notoriété publique que notre population est vieillissante. Cette transition démographique constitue un défi majeur et l’accompagnement des aînés est un véritable enjeu. La collectivité doit poursuivre et amplifier ses efforts. Il s’agit de redonner toute leur place aux aînés, le bien vieillir étant une priorité affirmée en toutes circonstances. Cela doit s’inscrire dans une stratégie partagée avec l’ensemble des acteurs liés à ce sujet ». Le Département prévoit une enveloppe de 234 millions d'euros pour le bien vieillir en 2022. Il a notamment augmenté l’investissement par place d'hébergement en établissement (25 000 € contre 10 000 € auparavant), est engagé dans un vaste programme de reconstruction et de rénovation d'établissements dans le cadre du Ségur de la Santé, et vient de pérenniser son dispositif d'aide à l'investissement des Ehpad et résidences autonomie.
 
Philippe Scherrer, directeur régional de l’Insee Normandie, a rappelé que les services de l’institut sont régulièrement sollicités par la collectivité pour orienter son action. En 2019, une étude sur la condition de vie des jeunes seinomarins avait ainsi été réalisée, puis une autre en 2021 s’intéressant plus spécifiquement aux collégiens. La parole a ensuite été laissée à Christian Camesella, directeur régional adjoint de l’Insee Normandie et chef du service étude et diffusion. Diaporama à l’appui, celui-ci a dévoilé les grands chiffres résultant de cette analyse. « Nous livrons un dossier d’une vingtaine de pages qui se compose de deux parties : une photo d’aujourd’hui et une visée prospective à l’horizon 2050. La croissance sera principalement très forte jusqu’en 2030, avec 44 250 seniors supplémentaires. L’augmentation de la proportion des 60 ans et plus se poursuivra un peu plus faiblement sur la décennie suivante (+ 21 920 aînés) et ralentira significativement entre 2040 et 2050 (+ 8 410) ».



Les principaux enseignements
- En Seine-Maritime, 3 seniors sur 10 vivent seuls, soit près de 100 000 personnes. La solitude touche davantage les femmes et les touche plus tôt.
- Avec un taux de pauvreté s’élevant à 13,3 %, les seniors vivant seuls sont 3,6 fois plus touchés par la précarité que les couples de seniors sans enfant (taux de 3,7 %).
- La Seine-Maritime comptera près de 75 000 seniors supplémentaires en 2050. Les 335 600 personnes âgées de 60 ans et plus comptabilisées en 2020 représentent 26,6 % de la population du département. Cette part des seniors augmente chaque année et pourrait atteindre 33 % en 2050. La structure de la pyramide des âges se déforme et 1 Seinomarin sur 3 aura plus de 60 ans à cette date.
- 50 680 seniors sont en situation de dépendance, dont 13 070 en situation de dépendance sévère. À l'horizon 2050, l’étude prévoit 19 700 personnes âgées supplémentaires en perte d'autonomie, soit une augmentation de 39 %.
- Le vieillissement pourrait nécessiter près de 2 400 emplois liés à l’aide à la dépendance supplémentaires d'ici à 2030. 17 700 temps plein œuvrent aujourd’hui à domicile ou en établissement. 20 000 seront donc nécessaires dans un peu moins de dix ans.



Le mot de la fin
Se livrant au jeu des questions/réponses suivant la présentation, Florence Thibaudeau-Rainot, première vice-présidente en charge des solidarités humaines, a notamment insisté sur la nécessité d’anticiper le phénomène de gérontocroissance. « C’est un enjeu de demain certes, mais on voit bien que le mécanisme est dès aujourd’hui en marche. Avec beaucoup d’humilité, l’objectif est principalement d’offrir des conditions permettant le maintien à domicile le plus longtemps possible tout en soutenant les établissements. À l’écoute de tout projet et initiative dans le domaine, le Département intervient en appui, en conseil, en prescription… Il s’agit de penser collectivement une nouvelle approche qui est déjà en cours de réflexion ».
 
Visionnez le témoignage de Florence Thibaudeau-Rainot à l’issue de la conférence de presse :